KAMPALA, 8 jan (IPS) – Peu d'Ougandais sont capables de trouver une banque disposée à leur prêter de l'argent pour acheter une maison. Dans une culture où tout homme devrait posséder sa maison, les mesures de la 'Stanbic Bank', visant à fournir un financement pour des achats de maison et de véhicule, sont les bienvenues.
Une histoire qui circule à Kampala, la capitale ougandaise, commence avec un homme qui propose le mariage à sa fiancée.
“Avez-vous une maison?”, demande-t-elle. Quand il répond non, elle déclare: “Essayez-moi encore quand vous aurez grandi”.
Robert Okumu, un consultant en immobilier à Kampala, dit, sans blagues, que le marché immobilier est en détresse.
“Le fait est que tout le monde – que ce soit une femme ou un homme – souhaiterait avoir une maison, mais très peu peuvent le faire”, confie Okumu, qui dirige 'Ideal Home Property Consultants', une entreprise immobilière.
Dans le passé, chaque homme était en mesure de posséder sa maison – même si c’est une cabane avec un toit de chaume – mais les maisons d'aujourd'hui, avec des briques et du mortier ainsi que des installations sanitaires à l’intérieur, au moins pour la classe moyenne qui monte dans l’échelle sociale, sont excessivement coûteuses.
Près de la moitié des citadins restent en location; la récession économique mondiale a rendu beaucoup de personnes sans abri parce qu'elles ne peuvent pas payer le loyer.
Même pour des gens avec emplois stables, bien rémunérés, peu d’Ougandais sont en mesure de prendre une hypothèque afin d’acheter une maison. Une chute des niveaux d'épargne du pays a conduit à un manque de liquidité pour la plupart des banques, qui, par conséquent, n'offrent pas de financement à long terme. Des quelques banques qui offrent effectivement des prêts immobiliers, beaucoup ont considérablement réduit le montant à prêter.
L'expérience de Moses Mukasa, un habitant de Kampala, est typique.
“Mon banquier m'a dit d’obtenir une lettre d'engagement auprès de mon employeur en plus des lettres de mon conseiller local; ce que j’ai fait. Mais, je n'ai toujours pas pu obtenir le prêt hypothécaire”.
Mukasa explique que sa banque, 'Barclays Bank of Uganda', lui a dit plus tard que la facilité de prêts immobiliers est en train d’être arrêtée pour être réservée au personnel de la banque.
Alors que l'accès aux prêts hypothécaires demeure difficile, le gouvernement s’inquiète qu’une crise immobilière n’apparaisse.
Le ministre ougandais de l'Habitat, Michael Werikhe, affirme qu'il pourrait y avoir 2,5 millions de personnes sans abri dans les centres urbains d'ici à 2020; un million pourraient être sans abri à Kampala seule.
Werikhe est convaincu que le pays ne peut éviter une crise que si des mesures drastiques sont prises pour accélérer le rythme de la croissance dans le secteur du développement de l’immobilier.
La récente délivrance d'un bon à long terme par la 'Stanbic Bank', une partie de la 'Standard Bank' d'Afrique du Sud, pourrait être le début d'un changement dans le secteur financier.
Ce bon – pour environ 15 millions de dollars – est à utiliser à des fins de liquidité et de gestion du capital à long terme. Cela signifie que la banque aura de l'argent à sa disposition pour que davantage d’Ougandais accèdent au crédit; achètent des maisons et des voitures; et commencent des affaires et autres entreprises.
Le bon de la 'Stanbic Bank' est le premier bon à long terme sur la Bourse des valeurs de l'Ouganda (USE). Cela pourrait signifier que plus de personnes seraient en mesure d'accéder aux prêts immobiliers.
La 'Stanbic Bank' a l'intention d’entrer dans les domaines de financement de l'immobilier, des actifs et de l’achat de véhicule, que la plupart des institutions financières ont abandonnés.
Anne Aliker, chef de la division 'Banque d'investissement de Stanbic' en Afrique de l’est, affirme qu’une fois que la banque augmente l'argent, ils devraient être en mesure de prêter aux gens qui cherchent des prêts à long terme pour l’immobilier ainsi que des prêts à court terme.
Frank Katusiime, un analyste financier, estime que ceci est l'une des questions les plus importantes de la dette des entreprises dans le pays, et stimulera le marché obligataire naissant sur l'USE qui n’a vu aucune activité pendant longtemps, puisque le prix des actions des sociétés cotées continue de baisser.
Rutega Simon, directeur exécutif de l'USE, dit qu’avec l’implication de la 'Stanbic Bank', ils ont confiance en la bourse des valeurs et au public. Ceci, dit-il, est bon pour la croissance économique du pays.

