ECONOMIE: L’Allemagne aide-t-elle l’Afrique du Sud à préparer la Coupe du monde 2010?

BERLIN13 fév (IPS) –, 13 fév (IPS) – Pendant que la construction de nouveaux stades de football et de nouvelles infrastructures de transport en Afrique du Sud évolue à grands pas, peu semble provenir de l’assistance que l’hôte de la Coupe du monde FIFA 2006, l’Allemagne, a acceptée d’apporter à l’Afrique du Sud, l’hôte de la coupe en 2010.

Quand en octobre dernier la chancelière allemande, Angela Merkel, a visité l’Afrique du Sud, elle et le président d’alors, Thabo Mbeki, ont signé un accord selon lequel l’Allemagne “partagerait ses connaissances et son expérience” pour soutenir l’Afrique du Sud dans l’organisation de la prochaine Coupe du monde de la FIFA en 2010. Cet accord était basé sur l’impression que l’Allemagne, organisatrice de la Coupe en 2006, pourrait apporter son assistance aux autorités et au comité d’organisation sud-africains en vue de s’assurer que l’évènement de 2010 sera aussi réussi que le précédent.

La Coupe du monde FIFA 2006 en Allemagne était en effet une réussite. Non seulement les spectateurs étaient nombreux, mais l’évènement s’est déroulé pratiquement sans aucun incident. Et la coupe a établi de nouvelles normes en termes de protection environnementale et d’organisation.

Par conséquent, la coopération allemande avec l’Afrique du Sud pourrait être perçue comme une sorte de garantie que l’évènement de 2010 répondrait à ces nouvelles normes. Cependant, lorsqu’il lui a été demandé de dire les formes concrètes que cette coopération est en train de prendre, les autorités responsables allemandes sont soit vagues soit carrément muettes.

Le soutien de l’Allemagne à l’Afrique du Sud dans cette affaire porte même un nom : Horst R. Schmidt, l’actuel trésorier de la Fédération nationale allemande de football (DFB). Selon la DFB, Schmidt a été un conseiller officiel du comité d’organisation sud-africain depuis octobre 2006. Ceci étant, ses conseils n’ont rien à faire avec l’accord de coopération que Merkel et Mbeki ont signé en octobre 2008. “Pendant les deux dernières années, M. Schmidt passait au moins une semaine chaque mois en Afrique du Sud, participant à des sessions et supervisant des activités du comité d’organisation local”, a déclaré à IPS, Thomas Hackbarth, un porte-parole de la FDB. Hackbarth a souligné que Schmidt est “un organisateur de vieille date et réputé des évènements sportifs internationaux”. Schmidt était un membre du comité d’organisation allemand des Jeux olympiques en 1972 et a servi comme directeur général de la DFB entre 1992 et 2007. Il était également le directeur exécutif adjoint du comité d’organisation allemand de la coupe de 2006.

Selon Hackbarth, “l’essentiel de la fonction de conseiller (de Schmidt) en Afrique du Sud est l’organisation de la billetterie, la construction des stades et l’appui à la structure organisationnelle du comité d’organisation local”.

Mais, interrogé sur les formes concrètes que prend la coopération allemande avec l’Afrique du Sud, Hackbarth est devenu vague, et a renvoyé IPS vers le gouvernement allemand pour des informations concrètes. Le ministère de l’Intérieur et le ministère des Affaires étrangères seraient impliqués dans la coopération officielle avec l’Afrique du Sud, a-t-il indiqué.

Toutefois, au ministère allemand de l’Intérieur, qui est chargé du sport, un porte-parole a confié à IPS : “Nous n’avons aucune relation de coopération formelle avec l’Association sud-africaine de football ou avec le comité d’organisation de la Coupe du monde.

“Pour cette affaire, vous devriez demander à la chancellerie (bureau de Merkel) ou à la DFB”, a déclaré Gabrielle Hermani à IPS. “Vous pouvez aussi essayer le ministère de la Coopération internationale”. Le ministère des Affaires étrangères a réagi d’une manière similaire. “Il n’existe aucune coopération formelle entre le ministère et les autorités du sport en Afrique du Sud”, a dit un porte-parole du ministère. La chancellerie n’a pas répondu aux questions de IPS sur cette affaire.

Hackbarth a déclaré que le programme allemand de préservation de l’environnement pour la coupe de 2006, connu comme “Green Goal” (Objectif nature verte), a été une affaire attentivement suivie par les autorités sud-africaines du sport. “Nous avons donné au comité d’organisation de l’Afrique du Sud toute notre documentation sur ‘Green Goal’”, a-t-il affirmé. “Les commissaires de ‘Green Goal’ de la coupe de 2006 ont pris part aux séances de conseils en décembre 2008 lors d’une visite en Allemagne de la délégation du comité d’organisation de l’Afrique du Sud”. Le programme ‘Green Goal’ allemand était en effet une réussite. Quelque 74 pour cent des spectateurs n’ont pas utilisé de transport en commun, notamment les trains, pour se rendre sur les stades. Toutes les émissions de gaz à effet de serre, produites par l’évènement, étaient adoptées pour des programmes de l’environnement en Afrique du Sud et en Inde. Par ailleurs, toute l’électricité consommée par l’évènement était générée par des sources renouvelables. En outre, la coupe de 2006 a économisé jusqu’à 20 pour cent de l’eau et de l’électricité budgétisées pour l’évènement. Mais il est discutable de savoir si l’Afrique du Sud pourrait bénéficier de cette expérience. Dans un entretien, Schmidt a reconnu que le système ferroviaire en Afrique du Sud ne pourrait pas assumer le rôle qu’il a joué en Allemagne dans le transport des spectateurs.

“En 2010, le transport ferroviaire ne jouera pas la part dominante qu’il a jouée à des occasions antérieures”, a affirmé Schmidt. “Et les systèmes de taxi et de bus en Afrique du Sud doivent être toujours considérablement améliorés”. De même, il est douteux que l’Afrique du Sud puisse développer d’ici à 2010 des systèmes de conservation de l’énergie et de l’eau comparables à ceux utilisés en Allemagne. Mais Schmidt était optimiste que les stades sud-africains répondront aux normes internationales. “J’ai encore visité l’Afrique du Sud ce janvier (2009)”, a-t-il dit. “Je sais sans aucun doute qu’entre 1.500 et 2.000 ouvriers sont en train de travailler sur chaque stade. Les stades seront pour la Coupe du monde l’année prochaine”.

Il a également écarté les craintes que le crime constituera un danger au cours de l’évènement. “L’Afrique du Sud a beaucoup d’expériences dans l’organisation des compétitions sportives internationales, telles que la Coupe d’Afrique des Nations, et les Coupes du monde de rugby et de cricket”, a-t-il affirmé. “Tous ces évènements se sont déroulés sans de violents incidents imprévus”, a-t-il insisté. Ce que Schmidt n’a pas dit est que l’Afrique du Sud a organisé ces évènements sans aucun soutien de l’Europe en général ou de l’Allemagne en particulier.