ECONOMIE-AFRIQUE DE L'OUEST: 1.000 entreprises pour un programme de restructuration

DAKAR, 9 août (IPS) – L'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) veut apporter un appui à 1.000 entreprises agro-industrielles de cet espace régional. L'appui se fera en deux phases avec d'abord 120 industries déjà sélectionnées et ensuite avec 880 autres entreprises de l'union.

L'UEMOA s'est engagée, lors d'un atelier de formation cette semaine à Dakar, la capitale sénégalaise, à résoudre et à relever le niveau de production des industries des pays membres de l'organisation régionale par l'institution d'une politique industrielle commune. C'est dans cette vision que s'inscrit cet atelier de formation qui s'est déroulé du 5 au 8 août sur le manuel de procédures du Programme de restructuration et de mise à niveau (PRMN) de l'industrie régionale.

Selon Balla Diong, directeur de l'entreprise, de l'industrie et de l'artisanat de la Commission de l'UEMOA, Le PRMN est une initiative qui est une déclinaison de la politique visant à relancer la production industrielle des huit pays membres de l'UEMOA : Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Selon Diong, le programme de mise à niveau de l'UEMOA prévoit une phase pilote de deux ans, consacrée à la mise en place de tous les organes d'exécution, suivie de la restructuration de 120 entreprises agro-industrielles déjà sélectionnées. Ensuite, une autre phase de déploiement de trois ans est prévue pour généraliser le programme qui couvrira au total 1.000 entreprises. “Cet important chantier devra mobiliser toutes nos énergies pour la compétitivité de notre espace économique et, subséquemment, pour le bien de nos populations”, a déclaré Diong à IPS. Issa Dramé, conseiller technique principal du PRMN à la Commission de l'UEMOA, souligne que l'union n'a pas attendu les Accords de partenariat économique (APE) avec l'Union européenne ou le libre-échange pour parler de compétitivité. “La réflexion a été engagée au niveau de l'espace, avec une politique industrielle commune et la mise à niveau des industries, et un programme qui est une promotion de l'investissement”, explique-t-il à IPS. L'atelier a regroupé les experts des bureaux de restructuration et de mise à niveau des huit Etats membres de l'union, les représentants de la Commission de l'UEMOA, de l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et d'autres partenaires au développement. La rencontre vise, selon les organisateurs, l'appropriation des règles et procédures du manuel du Programme de restructuration et de mise à niveau de l'industrie régionale. Ces règles, au nombre de six, partent du traitement de prestations de services à l'enregistrement et la mise à jour du manuel des procédures, à l'établissement des termes de référence et à la sélection des experts pour la réalisation du diagnostic stratégique ou du plan de restructuration. L'atelier a permis également aux participants d'échanger sur les règles et procédures, le système de suivi et de l'évaluation du PRMN ainsi que des activités des bureaux régionaux de mise à niveau. Le représentant du président du comité de pilotage du programme de mise à niveau au Sénégal, Amadou Lamine Ndiaye, a affirmé que les entreprises de ce pays ont compris l'enjeu que présente la mise à niveau, notamment avec la concurrence au niveau international. “Initié en septembre 2004, le programme national de mise à niveau a enregistré 40 dossiers d'entreprises au Sénégal, ce qui représente une manne financière de 34 milliards de francs CFA (environ 81,9 millions de dollars) d'investissement”, a-t-il dit à IPS. Ces entreprises sont notamment du secteur industriel (industrie lourdes, la métallurgie, les industries agroalimentaires et les industries agro-industrielles). Selon Dramé, la situation enregistrée au Sénégal n'est pas la même dans toute la zone UEMOA, car il est dénombré 2.587 entreprises dans l'union en 2000, qui étaient ciblées pour une mise à niveau, dans les secteurs agro-industriel agroalimentaire. Mais les choses n'ont pas évolué, a-t-il dit, ajoutant que certains pays traînent toujours. Conséquence : le produit intérieur brut (PIB) des pays de l'union n'a pas changé depuis 1997. Le secteur industriel représente 27 pour cent du PIB dans la zone UEMOA, affirme Dramé, indiquant que les échanges entre les pays membres sont de 16 pour cent et que la croissance tourne autour de 4,7 pour cent depuis 1997. Selon lui, la configuration du tissu industriel de l'espace UEMOA, qui date des années 1997-2000, n'a pas beaucoup évolué. Dix ans après, on retrouve les mêmes chiffres, alors qu'on note un accroissement important dans les importations, déplore-t-il. Il reconnaît néanmoins qu'il y a eu un accroissement des échanges au sein de la communauté et que de plus en plus d'industries exportent en dehors de la région. Mais les produits exportés vers les pays du Nord sont souvent concurrencés là-bas, provoquant une balance commerciale toujours déficitaire pour les Etats de l'UEMOA. Tous ces résultats, ajoute Dramé, sont insuffisants pour obtenir un impact significatif dans le développement des pays de l'union. Pour preuve, presque tous les pays de l'UEMOA se retrouvent entre les 151ème et 200ème places dans le classement 2008 de la Banque mondiale, souligne-t-il. Le représentant de l'ONUDI, Rafik Feki, a affirmé que cette rencontre devrait constituer un résultat probant pour le Programme de restructuration et de mise à niveau du tissu industriel de l'UEMOA afin d'assurer l'avancement de ses activités et garantir la durabilité, dans l'intérêt des populations de l'union.