DEVELOPPEMENT-ZAMBIE: Faire le bilan des récentes inondations

LUSAKA, 8 mai (IPS) – Samson Mwenda, un agriculteur originaire de Namwala dans la Province australe de la Zambie, se souvient avec amertume des inondations massives de la saison pluvieuse de 2007/2008 et des dures conséquences qu'elles avaient sur leur vie.

Mwenda, un important agriculteur qui possède plus de 3.000 têtes de bovins, a constaté que les eaux de crue ont mis en danger ses moyens de subsistance en lui rendant impossible de conduire son bétail au marché. Ces inondations ont coupé les routes d'accès vers les lignes de chemin de fer et l'ont maintenu isolé du reste du pays. L'agent local de Zambeef, l'une des plus grandes agro-industries en Zambie, a également arrêté d'acheter des bovins puisque l'entreprise ne pouvait pas transporter des carcasses vers le marché.

"En tant qu'agriculteur, mon gagne-pain dépend du bétail, mais je ne pouvais pas transporter le bétail vers les villes à travers les chemins de fer, où le prix est meilleur, parce que la route a été coupée. Même l'abattoir local a interrompu l'achat de nos animaux parce qu'ils ne pouvaient pas livrer les carcasses à Lusaka (la capitale)", a déclaré Mwenda. Il est également préoccupé par l'effet que ces inondations ont eu sur l'éducation des enfants. Ils ne pouvaient pas aller à l'école depuis plusieurs semaines et il craint que cette longue absence de l'école n'affecte leur rendement scolaire. Au total, quelque 9.000 enfants ont vu leur scolarisation s'interrompre, selon des chiffres officiels. Mwenda est seulement l'une des nombreuses personnes dans le district de Namwala, qui continuent de faire le bilan des récentes inondations. George Shimalimbika s'inquiète qu'il doive survivre avec l'aide alimentaire humanitaire cette année, puisque les inondations ont emporté sa culture de maïs. Le soldat retraité Shimalimbika dit qu'il ne pourra pas non plus recouvrer le coût des semences qui sont vouées à la perte. Les récentes inondations ont été particulièrement graves à Namwala, une petite collectivité rurale sur les rives de la rivière Kafue. Dans la Province australe, il a plu pendant onze jours d'affilée en décembre. Par comparaison, il n'y avait que trois jours de pluviométrie enregistrés à travers le pays en novembre 2007. Des stations d'enregistrement relèvent d'habitude entre 800 et 1.100 millimètres de pluie pendant toute la saison pluvieuse, entre novembre et mai. Toutefois en décembre 2007, certaines stations ont enregistré plus de pluie en 10 jours qu'elles ne le font normalement durant toute la saison. La saison pluvieuse de 2007/2008 a été également intense; toutefois, elle a été éclipsée par les plus récentes pluies torrentielles. "La pluviométrie de cette saison, à l'instar de celle de la dernière, a été assez excessive; mais celle de cette année a été plus excessive", a déclaré Maurice Muchinda, directeur du service météorologique. "Les inondations ont laissé un grand nombre d'impacts. La présence à l'école a considérablement diminué parce que des écoles ont été isolées. Des médicaments ne pouvaient pas atteindre des hôpitaux". Le 'Zambia Vulnerability Assessment Committee' (ZVAC), membre du 'Disaster Management and Impact Mitigation Unit' (DMMU) dans le cabinet du vice-président, a publié une évaluation sur les dommages causés par l'inondation.

Il a enquêté dans 32 districts et constaté que 5.851 maisons s'étaient effondrées; 1.693 ménages ont été déplacés et des infrastructures dans 58 écoles ont été gravement endommagées. "L'effet le plus grave est que des infrastructures, comme des routes et des ponts, ont été considérablement endommagées, rendant difficile la circulation des personnes et des produits agricoles", a affirmé le coordinateur national de la DMMU, Domiciano Mulenga. "Des gens ont été déplacés et jusqu'à maintenant, un certain nombre de personnes sont encore dans des camps", a-t-il ajouté, indiquant que la sécurité alimentaire avait été sérieusement affectée à cause des cultures qui ont été emportées. Le rapport du ZVAC révèle également que 80 pour cent des districts évalués ont été abandonnés avec de l'eau buvable de mauvaise qualité. Il y avait une importante augmentation des incidences des maladies telles que le paludisme, la diarrhée et des infections respiratoires aiguës. Selon Mulenga, l'inondation a causé la submersion des latrines à fosse, affectant ainsi la fourniture d'eau et l'assainissement. Il a indiqué que la gravité de la situation avait été quelque peu atténuée par des réactions massives des organisations humanitaires qui avaient fourni le personnel, des vivres et d'autres provisions. "Les réactions concernent également le transport aérien des provisions vers les districts isolés par les inondations, et nous sommes aussi en partie impliqués dans le processus de réhabilitation, comme certaines communautés ont accepté de partir dans des zones de réinstallation", a indiqué Mulenga, soulignant que le gouvernement et des donneurs avaient dépensé environ 10 millions de dollars en réaction à la situation d'inondation. "Donc, nous travaillons sur des infrastructures de base dans les nouvelles régions comme des trous artésiens qui ont coulé et nous discutons également avec les ministres de l'Education et de la Santé afin de construire respectivement des écoles et des centres médico-sociaux". Toutes les conséquences de ces inondations doivent encore être déterminées, selon Mulenga; les résultats d'une enquête approfondie des dommages sont prévus pour juin.