COMMERCE: Réunion de la CNUCED pour aborder la croissance dans les puissances émergentes

ACCRA, 21 avr (IPS) – La réunion de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) en cours à Accra, au Ghana, se tient au milieu des inquiétudes mondiales selon lesquelles les troubles financiers et le ralentissement économique dans les pays développés affecteraient la croissance économique dans le monde en développement.

Cette rencontre, qui s'est ouverte dimanche, est la première conférence majeure de l'ONU qui se tient au Ghana, et même, en Afrique de l'ouest. Le débat général de la conférence devait s'ouvrir cet après-midi et prendre fin le 24 avril.

Venant après la dernière rencontre au Brésil, il y a quatre ans, des pays en développement ont placé de grands espoirs en ce qui devrait en être le résultat.

Le secrétaire général des Nations Unies (ONU), Ban Ki-moon, a déclaré, lors d'une récente réunion du conseil du commerce et du développement de la CNUCED, que la communauté internationale a un "devoir spécial" d'élargir la croissance économique récemment prometteuse aux "plus pauvres des pauvres".

"Accra doit également exprimer clairement une stratégie efficace pour influencer la mondialisation, le commerce et l'investissement pour la réduction de la pauvreté et la croissance économique", a ajouté le secrétaire général. Il a indiqué que la conférence d'Accra était un bon endroit pour faire avancer cet objectif en stimulant le soutien pour un système économique, commercial et financier mondial plus favorable au développement. Ban a déclaré que le rôle de l'ONU est d'utiliser la mondialisation pour réduire la pauvreté. Il a identifié l'année 2008 comme "l'année du milliard de gens en dessous", indiquant que la mondialisation continue de laisser les gens extrêmement pauvres derrière, spécialement en Afrique subsaharienne. Les Objectifs du millénaire pour le développement de l'ONU, qui comportent la réduction de moitié de l'extrême pauvreté d'ici à 2015, ne seront pas atteints avec les taux actuels de croissance. Le ministre du Commerce et du Développement du Secteur privé du Ghana, Joe Baidoe-Ansah, affirme que cette rencontre de cinq jours permettrait aux décideurs de s'attaquer aux questions actuelles et urgentes telles que l'énergie, la migration et l'émergence des pays en développement en tant que moteurs de la croissance économique. Baidoe-Ansah a déclaré qu'en travaillant ensemble pour aborder ces défis, "les Etats membres de la CNUCED chercheront à identifier des réponses de politiques appropriées de même que des mesures et actions spécifiques".

Il a affirmé qu'avec le Ghana comme hôte, "la conférence offre une opportunité de mettre l'accent sur le rôle de l'Afrique dans l'économie internationale et de souligner les questions de préoccupation spéciale aux pays africains. Ceci est particulièrement nécessaire, étant donné que trop de personnes en Afrique ne partagent pas les avantages de la mondialisation". Pendant la signature de l'accord du pays hôte, le 18 décembre de l'année dernière, Baidoe-Ansah avait souligné l'engagement du gouvernement ghanéen pour une rencontre fructueuse qui combine l'efficacité avec un accueil chaleureux. Le secrétaire général de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi, a déclaré que les propositions récemment soumises par Ban à l'Assemblée générale de l'ONU pour renforcer le "pilier du développement" de l'ONU et "pour combler les écarts de capacités importants enregistrés par le secrétariat, y compris la CNUCED", sont accueillies par la CNUCED. Ces propositions devraient aider l'organisation à faire avancer son travail et accroître ses ressources. Il a décrit le rôle de la CNUCED comme "celui d'aider les pays à accélérer le développement et la réduction de la pauvreté en tirant le maximum d'avantages de la mondialisation". Panitchpakdi a dit que la conférence intervient puisque des incertitudes mondiales menacent la croissance économique la plus prometteuse dans 30 ans dans le monde en développement. Il a noté que "la mission de la CNUCED est plus que jamais importante dans le contexte d'interdépendance intensifiée d'aujourd'hui". Dans une déclaration sur la conférence, le secrétariat de la CNUCED a indiqué que "pendant la moitié de la dernière décennie, des pays en développement ont atteint la moyenne de cinq pour cent ou plus de croissance économique, et le paysage international s'est incliné vers l'émergence de poids lourds économiques à l'extérieur de l'Occident industrialisé, notamment la Chine, l'Inde et le Brésil". La déclaration estime que les perspectives économiques mondiales dépendent fortement de la question de savoir si ces pays en développement, qui ont accru le commerce, auront assez de dynamisme pour devenir moins vulnérables aux récessions en Amérique du nord et Europe occidentale.

"Un problème apparenté à examiner minutieusement à Accra est le paradoxe apparent selon lequel, malgré la croissance élevée en Asie, en Amérique latine et en Afrique, seules des réductions limitées de la pauvreté ont été réalisées, spécialement dans les pays les moins avancés (PMA) du monde", ajoute la déclaration. Entre autres, le programme de la CNUCED XII comprend le fait d'aborder les opportunités et défis de la mondialisation pour le développement. Il cherchera également à améliorer le développement économique durable et la réduction de la pauvreté à travers la prise de décisions mondiales. Des questions clés de commerce et de développement et les nouvelles réalités de l'économie mondiale sont à l'ordre du jour. Des délégués doivent aussi discuter de l'amélioration de la capacité productive, du commerce et de l'investissement. Une autre question capitale dont il faut discuter est le renforcement de la CNUCED : améliorer son rôle de croissance, son impact et son efficacité institutionnelle. La conférence est présidée par le secrétaire général de l'ONU et modérée par le secrétaire général de la CNUCED.