POLITIQUE: Des parlementaires pour s'attaquer à la pauvreté

LE CAP, 21 mars (IPS) – Le lien entre le réchauffement mondial et la pauvreté, et les effets de la pauvreté sur les femmes, feront partie des sujets qui seront mis en lumière au cours de la 118ème assemblée de l'Union interparlementaire (UIP), qui se tiendra le mois prochain dans la ville portuaire du Cap, en Afrique du Sud.

La conférence annuelle de l’UIP, dont le thème de cette année est 'Faire reculer les frontières de la pauvreté', rassemblera des délégués de 140 parlements nationaux à travers le monde : au total, environ un millier de législateurs sont attendus à la rencontre du 13 au 18 avril.

L'UIP est une organisation qui chapeaute des parlements à travers le monde. Créée en 1889, elle travaille en partie pour encourager la communication entre les parlements, renforcer leurs activités et promouvoir les droits de l'Homme.

"Au cours de l'assemblée, dont la session de l'année dernière s'est tenue en Indonésie, une attention spéciale sera accordée à l'impact du réchauffement mondial sur la pauvreté, la construction de la paix et la réconciliation, et la pauvreté par rapport à la santé de la mère et de l'enfant", a déclaré la présidente de l'Assemblée nationale d'Afrique du Sud, Baleka Mbete.

Elle a fait ces commentaires mardi au parlement sud-africain au Cap, où la 118ème assemblée a été officiellement inaugurée. L'assemblée accordera également une attention au rôle des femmes en politique, et veillera à ce que des femmes déléguées aient une opportunité de soulever les problèmes qui leur sont importants.

"C'est important de donner aux femmes le temps de parler des questions qui les touchent et de leurs implications. Depuis la création de l'UIP en 1889, des femmes ont lutté pour cela", a affirmé Mbete. Par ailleurs, l'UIP lancera son enquête annuelle sur l'égalité de genre concernant les femmes en politique.

Selon Gwendoline Lindiwe Mahlangu-Nkabinde, vice-présidente de l'Assemblée nationale sud-africaine, ces dernières années ont vu des avancées sur ce point. "Il y avait un moment où les délégations ayant pris part à l'assemblée annuelle de l'UIP n'envoyaient aucune femme. Les temps ont changé maintenant, grâce aux efforts des parlements à travers le monde". En fait, l'UIP conseille même aux pays participants d'envoyer des femmes à l'assemblée : ceux qui ne sont pas confrontés à la possibilité de réduire le nombre total de leurs délégués (des délégations comprennent d'habitude huit à dix membres). "Cela signifie que le pouvoir d'un pays de faire passer des questions est aussi en train d'être réduit", a déclaré Mahlangu-Nkabinde.

La conférence abordera en outre le trafic humain, la xénophobie et des difficultés rencontrées par des travailleurs immigrés, avec d'autres problèmes sociaux et économiques, a indiqué Mbete.

Diverses figures politiques de haut rang ont confirmé qu'elles participeront à l'assemblée de l'UIP, notamment le président sud-africain Thabo Mbeki et la secrétaire générale adjointe des Nations Unies, Asha-Rose Migiro. Graça Machel, une activiste principale des droits des enfants et l'épouse de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, sera également présente, de même que le lauréat du Prix Nobel de la Paix, David Trimble.