COMMERCE-CAMEROUN: Nouvelle étude pour réduire l'écart de financement de la petite entreprise

PARIS, 29 août (IPS) – Coincées dans un fossé entre les plus grandes firmes avec accès au financement traditionnel du secteur bancaire et les initiatives de micro-crédit destinées à aider les petites entreprises des personnes très pauvres, les entreprises africaines au milieu ont été, par le passé, sur le mauvais côté des deux extrêmes quand il s'agit d'évaluer le financement.

Actuellement, une nouvelle étude conjointe réalisée par l'Union africaine et l'Union européenne vise à changer cet état de choses. Sponsorisée à la fois par la Chambre de commerce, d'industrie, des mines et de l'artisanat (CCIMA), du Cameroun et par la 'Business Climate Facility' (Facilité climat des affaires en Afrique, aux Caraïbes et au Pacifique, (BizClim) basée à Bruxelles, elle essayera d'identifier les mécanismes qui sont appropriés pour le financement des très petites et petites entreprises (VSSE) dans ce pays d'Afrique centrale. L'étude est conduite en deux phases, lesquelles doivent être achevées d'ici à la fin du mois prochain, et les résultats seront présentés lors d'une conférence en novembre à Douala, la capitale économique camerounaise.

"La moitié manquante n'est pas dotée de fonds suffisants. Des secteurs tels que les petites manufactures, les petits agriculteurs et artisans recherchent désespérément de financement et ils ont besoin de cet appui", déclare Christophe Malherbe, un analyste financier principal à BizClim. "Ce secteur ne représente pas le volume de la micro-finance que le pauvre fait, et actuellement nous voulons trouver comment aborder ceci". A la première phase de l'étude, parallèlement à un autre organisme local, la Société nationale d'investissement (SNI), la CCIMA et la BizClim réexamineront les options de financement existantes pour les très petites et petites entreprises, essayant de comprendre les réussites à partir des échecs dans leurs modèles de financement.

Cet examen de la première phase réunira des tendances très variées, couvrant le soi-disant "financement de réseau" qui soutient des établissements financiers de micro-finance qui s'occupent des petites entreprises, de même que des fonds de garantie de crédits, des sociétés de caution mutuelle et des programmes de garantie de faisceau.

La seconde phase de l'étude réexaminera les conclusions suggérées par les données collectées et fera un ensemble de recommandations détaillées concernant les mécanismes qui devraient être appliqués pour aider à améliorer les besoins des très petites et petites entreprises au Cameroun.

"Nous espérons non seulement analyser les besoins, mais également suggérer des instruments pour les satisfaire, indique Malherbe. Cette analyse vient après la conclusion précédemment étudiée selon laquelle un fonds sponsorisé par le gouvernement camerounais, s'occupant des petites et moyennes entreprises, fournirait le financement principal. L'étude espère trouver un moyen d’utiliser les capitaux de deux nouvelles initiatives qui cherchent à prendre la place du fonds initial.

La première de ces initiatives sera un Fonds de garantie mutuelle (FOGAMU), tandis que la seconde viendra via les efforts de l'Association nationale des établissements de micro-finance du Cameroun (ANEMCAM) avec pour objectif de développer davantage la micro-finance dans le pays. Le FOGAMU et l'ANEMCAM seront étroitement impliqués dans la phase du processus qui cherche à s'attaquer aux besoins des entreprises qui sont ainsi longtemps écartées des formes traditionnelles de financement.

Le Cameroun, une nation d'environ 17 millions d'habitants, a été pris dans des sphères d'influence française et britannique qui ont succédé à la colonie allemande du Kamerun, dont l'existence a duré de 1884 à 1916. Il a obtenu l'indépendance totale en 1960. Dirigé depuis 1982 par Paul Biya, le pays a eu des rapports difficiles par le passé avec son géant voisin du nord, le Nigeria, et a combattu plusieurs engagements militaires récemment pour le contrôle de la péninsule de Bakassi, une langue de terre riche en pétrole sur la frontière entre les deux Etats. Une décision de 2002 de la Cour internationale de justice a déclaré la terre comme faisant partie du Cameroun, et les troupes nigérianes se sont retirées l'année dernière. Bien que le Cameroun ait une économie relativement stable et ait enregistré l'année dernière un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 3,5 pour cent, il a été récemment sous pression croissante de la part du Fonds monétaire international (FMI) pour mettre en œuvre des mesures assurant une plus grande transparence dans son processus budgétaire, de même que pour accroître les mesures prises dans le sens de la privatisation et de la réduction de la pauvreté. Des initiatives telles que l'enquête sur les 'VSSE' pourraient aider à aborder ces deux dernières préoccupations, ainsi qu’à aider le Cameroun à tracer un sentier qui peut être suivi ailleurs en Afrique, en attirant et en revigorant les petites entreprises.

Certains observateurs africains estiment que des études telles que celle entreprise actuellement au Cameroun pourraient être utiles si elles sont mises en œuvre dans d'autres pays également. "Le financement des petites entreprises est encore une question capitale, avec un problème majeur qui est l'accessibilité des fonds" a déclaré à IPS, Tiberius Barasa, chercheur assistant au Programme de gouvernance et de développement au Centre de recherches pour le développement international (IPAR) à Nairobi, au Kenya.