SANTE: Pas de sécurité sanitaire sans coopération internationale – Rapport

NEW YORK, 6 avr (IPS) – Une série de facteurs pèsent sur la sécurité sanitaire des populations de la planète. Sans réelle coopération, la communauté internationale ne sera pas en mesure de bâtir un avenir sûr, prévient l'OMS dans un rapport publié à l'occasion de la Journée mondiale de la santé, commémorée samedi (7 avril).

L'émergence de nouvelles maladies infectieuses, les pollutions environnementales ou les catastrophes naturelles sont autant de facteurs qui pèsent sur la sécurité sanitaire internationale, indique l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son rapport intitulé “Investir dans la santé, bâtir un avenir plus sûr”.

Aujourd'hui, les menaces pour la santé des populations ne connaissent pas de frontière. La mondialisation entraîne la propagation rapide de maladies qui, à d'autres époques, auraient pu voyager suffisamment lentement pour être facilement éradiquées.

“Dans un monde globalisé, les questions de santé lancent de nouveaux défis qui dépassent largement les frontières nationales et ont des répercussions sur la santé collective des populations de notre planète”, souligne l'OMS.

Dans le rapport, l'organisation est particulièrement préoccupée par les nouvelles maladies émergentes et hautement contagieuses. “Au cours des dernières décennies, de nouvelles maladies ont commencé à apparaître au rythme sans précédent d'une par an ou davantage”, s'inquiète l'OMS.

Elle cite notamment l'exemple du virus de la grippe aviaire. Les premiers cas –documentés — d'infection humaine remontent à 1997, lorsqu'une souche du virus H5N1 a affecté 18 personnes à Hong Kong. Or, en dix ans, le virus a déjà provoqué la mort de 171 personnes dans le monde, selon ses dernières estimations.

Ces nouvelles pandémies ont d'importantes conséquences sur la stabilité économique des régions affectées, constate le rapport. Avec moins de 10.000 cas, la flambée de l’épidémie du SRAS (une maladie respiratoire aiguë), par exemple, a coûté aux pays d'Asie la somme de 60 milliards de dollars, rien que pour le second trimestre de 2003. “Les effets négatifs de la mondialisation ont donc à la fois des conséquences sanitaires et économiques”, souligne l'organisation.

Par conséquent, pour assurer une meilleure sécurité sanitaire, tous les acteurs concernés — les Etats, les organisations internationales, le secteur privé, la société civile, les individus — doivent collaborer de manière plus efficace. “Aujourd'hui, aucune institution, aucun pays ne dispose des moyens nécessaires pour faire face seul aux urgences de santé publique provoquées par une épidémie, une nouvelle maladie infectieuse ou une catastrophe naturelle ou environnementale”, affirme l'OMS.

L'année dernière, 134 millions d'individus ont été touchés par des catastrophes naturelles. Plus de 21.000 personnes sont mortes dans le monde à cause d'inondations, d'ouragans, de raz de marée ou des tremblements de terre. Pour y faire face, il s'agit de planifier, de collaborer et de coordonner les rôles respectifs des différents secteurs concernés, recommande le rapport.

Pour l'OMS, seul un système d'alerte et de riposte immédiate aux flambées épidémiques et aux autres incidents susceptibles d'affecter la sécurité sanitaire, pourra réduire les risques. Des mesures existent déjà, comme le Règlement sanitaire international (RIS), qui contraint les Etats à signaler tout événement de santé publique de portée internationale qui intervient à l'intérieur de leurs frontières nationales.

Dans son rapport, l'organisation plaide notamment pour le renforcement de telles mesures d'alerte, mais également pour une meilleure collaboration en matière de santé publique entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement. “Certains pays auraient en effet de la peine à affronter efficacement des menaces pour la sécurité sanitaire, à cause de leur manque de ressources, du délabrement de leurs infrastructures de santé ou d'un manque de personnel qualifié”, ajoute l'OMS.