LE CAP, 21 nov (IPS) – Les parties prenantes du bassin du fleuve Zambèze tiennent leur réunion annuelle cette semaine dans le but de mettre en adéquation leurs besoins avec un engagement pour l'action.
La conférence, qui se tient dans la capitale namibienne, Windhoek, du 22 au 23 novembre, inclura des discussions sur une stratégie pour développer et gérer les ressources potentiellement immenses du bassin du fleuve Zambèze. Le bassin du fleuve Zambèze est le quatrième plus grand bassin fluvial en Afrique. Etalé sur huit pays, il abrite presque 40 millions de la population de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) estimée à 200 millions d'habitants.
La région est confrontée à plusieurs défis de vie ou de mort, comme la gestion des inondations et de la sécheresse, l'utilisation efficiente de l'eau et l'accès à l'eau potable — ainsi qu'à un partage équitable des ressources en eau et leurs bienfaits, comme la production d'énergie hydroélectrique.
Un bassin du fleuve Zambèze bien géré peut apporter une contribution essentielle à la réalisation du premier des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies, qui parle de l'éradication de l'extrême pauvreté et de la faim. Toutefois, les nombreuses parties prenantes du bassin fluvial ont des intérêts disparates. Parmi les participants à la conférence, figureront des représentants des ministères de l'Environnement, des organisations non gouvernementales, des organisations communautaires, des institutions universitaires et le secteur privé.
La conférence est organisée par la Phase 2 du Projet 6 du Plan d'action du Zambèze (ZACPRO 6.2), une initiative de la SADC. La vision de la ZACPRO 6.2 est qu'à travers une utilisation équitable et durable des ressources en eau partagées du bassin du fleuve Zambèze, ses Etats riverains parviendront à un développement socio-économique plus important et durable.
Les huit Etats riverains du bassin sont l'Angola, le Botswana, la Namibie, le Malawi, le Mozambique, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.
Le plus grand défi pour ZACPRO 6.2 est d'intégrer la diversité des intérêts des différentes communautés et des pays dans le bassin. La participation des parties prenantes est, par conséquent, l'un des principes clés du projet.
Des parties prenantes de tous les horizons, allant des représentants gouvernementaux aux chefs traditionnels et aux organisations communautaires, sont encouragées à influencer la politique et les décisions de gestion du projet.
Ce processus devrait créer l'appartenance et l'engagement subséquent qui sont nécessaires pour permettre une gestion durable du bassin.
Les instruments les plus importants pour la participation des parties prenantes sont les Comités nationaux de pilotage (NSCs), qui permettent aux parties prenantes de participer au niveau national. Les NSCs apportent une contribution nationale sur des questions du projet, et sont un lien entre le projet et les institutions des parties prenantes ainsi que des groupes d'intérêt dans les divers pays d'origine.
Ils permettent également aux Etats du bassin du fleuve Zambèze de se rencontrer à un niveau bilatéral ou multilatéral sur des questions d'intérêt mutuel.
Un autre défi est de créer une compréhension commune sur une stratégie de Gestion intégrée de ressources en eau (IWRM). La stratégie a pour but de promouvoir le développement coordonné et la gestion de l'eau, de la terre et des ressources qui y sont liées.
L'objectif est de maximiser le bien-être social et économique potentiel d'une façon équitable sans compromettre le caractère durable des écosystèmes vitaux. "Le mot clé dans l'IWRM est 'intégrée', a déclaré Dr Jefter Kuziwa Sakupwanya, spécialiste des ressources en eau du ZACPRO. "L'IWRM intègre des éléments qui n'ont pas été examinés avant, comme les utilisateurs en aval, l'utilisation de la terre et l'élément humain ainsi que son impact sur les ressources. Elle reconnaît également que la nappe phréatique et les eaux de surface sont inextricablement liées".
"Avec l'équité, l'efficacité et la protection de l'environnement comme ses principaux piliers, la stratégie de l'IWRM couvre un large éventail de questions, allant de la protection contre les inondations et les sécheresses à l'émancipation de genre et au VIH/SIDA. Les questions touchent tous les niveaux de la société, depuis des ménages individuels jusqu'au gouvernement.
Elle englobe également des initiatives aussi diverses que de simples procédés familiaux en matière d'économies d'eau que des investissements de plusieurs millions de dollars dans des barrages hydroélectriques.
"Une gestion réussie des ressources en eau signifie que vous devez apprécier tous les éléments", a indiqué Sakupwanya à IPS. Il a noté qu'il a été difficile de s’assurer que les parties prenantes au niveau communautaire croient au concept de l'IWRM.
"Pour ceux qui travaillent à un niveau différent, il est facile de voir les avantages d'une stratégie de l'IWRM. A la base, les gens ne sont pas aussi informés des bienfaits".
Il a suggéré une approche parallèle : un développement de politique combiné avec des actions sur le terrain, comme la facilitation de l'accès à l'eau pour une communauté qui veut monter un projet d'irrigation d'eau. "Pour impliquer les gens, vous devez les stimuler à l'aide de mesures incitatives".
La conférence offre aux parties prenantes l'opportunité de se réunir à l'échelle de tout le bassin pour discuter de la stratégie de l'IWRM et d'autres questions y afférentes. Cela leur offre également une plate-forme pour partager des expériences, de meilleures pratiques et des besoins, et leur donne la possibilité de consolider des réseaux. ZACPRO 6 est un projet central du Plan d'action du Zambèze adopté en 1987 par le prédécesseur de la SADC, la ‘Southern African Development Co-ordination Conference’ (Conférence de coordination du développement d'Afrique australe), comme partie intégrante de son objectif de coopération économique et de développement des pays d'Afrique australe.

