DEVELOPPEMENT: La Belgique augmente son aide au développement du Rwanda

BRUXELLES, 27 oct (IPS) – Au cours des quatre prochaines années, la Belgique dégagera une enveloppe de 140 millions d'euros (environ 168 millions de dollars) pour l'aide au développement du Rwanda. Cette somme sera répartie entre différents secteurs, dont l'agriculture et la santé demeurent les axes prioritaires.

Le ministre belge de la Coopération et du Développement, Armand De Decker, était fin octobre en visite dans la région des Grands Lacs, au Rwanda et au Burundi, deux pays qui figurent parmi les 18 partenaires privilégiés de la Belgique en matière de coopération.

A Kigali, la capitale rwandaise, De Decker a rencontré la secrétaire d'Etat rwandaise chargée de la Coopération, Rosemary Museminali, avec laquelle il a présidé la Commission mixte belgo-rwandaise, dont l'objectif était d'établir le programme de coopération entre les deux pays pour la période allant de 2007 à 2010.

La dernière session de cette commission avait été organisée en 2004, date à laquelle le Rwanda et la Belgique avaient adopté le premier Programme indicatif de coopération (PIC), étalé sur trois ans (de 2004 à 2006), et qui bénéficiait d'un montant global de 75 millions d'euros (environ 90 millions de dollars).

Le PIC s'appuyait sur la politique de développement de Kigali, définie dans un document baptisé “Vision 2020”, rédigé en 2002, qui dépeint la société rwandaise envisagée dans les 15 prochaines années. Les ambitions fixées dans ce programme ont été complétées la même année par un Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), qui vise à réduire de moitié, d'ici à 2015, le nombre de personnes vivant dans la misère au Rwanda.

Lors de sa visite, De Decker s'est montré satisfait des stratégies de développement mises en oeuvre par les autorités rwandaises. “C'est la raison pour laquelle nous avons renouvelé notre soutien financier, qui est passé de 25 à 35 millions (d'euros) par an”, a-t-il expliqué sur le site électronique d'information 'AllAfrica'. “Nous sommes convaincus que notre appui aux efforts rwandais peut aider le pays à atteindre ses objectifs en matière de lutte contre la pauvreté et d'amélioration des conditions de vie de la population “, a-t-il ajouté.

Au Rwanda, qui est l'un des pays les plus densément peuplés d'Afrique et essentiellement rural, la pauvreté touche plus de la moitié de la population, selon le Fonds international de développement agricole (FIDA) des Nations Unies.

L'enveloppe dégagée par la Belgique prévoit différents domaines d'intervention prioritaires, comme le développement rural, la santé, l'éducation ou la bonne gouvernance. La session de la commission mixte a notamment prévu d'allouer sur cette nouvelle enveloppe 62 millions d'euros (environ 74,4 millions de dollars) au développement de l'agriculture et de réserver 40 millions d'euros (environ 48 millions de dollars) au secteur de la santé.

“L'assistance financière de la Belgique intervient alors que le Rwanda se bat contre la pauvreté et pour améliorer la qualité de vie de sa population. Les secteurs bénéficiaires ciblés sont très importants pour l'économie rwandaise”, écrit le quotidien rwandais 'The New Times', proche du gouvernement.

“L'agriculture, qui est l'épine dorsale de l'économie, a besoin d'une complète modernisation. La priorité doit aller à la mise en place de fermes de démonstration, où les paysans peuvent être initiés aux nouvelles techniques agricoles”, ajoute le journal.

De son côté, la coupole belge d'organisations non gouvernementales 11.11.11. se félicite du soutien accordé par la Belgique, mais réclame un dialogue plus ouvert avec Kigali sur la question des droits de l'Homme, de la démocratie et de la bonne gouvernance. A ce titre, l'association se dit satisfaite que la Belgique n'ait pas opté pour une aide directe au budget du gouvernement rwandais car elle estime que ces questions doivent faire l'objet d'un dialogue plus approfondi entre les deux pays.

Le génocide de 1994 au Rwanda a fait près d'un million de victimes. Douze ans après les événements, “le pays n'a plus grand-chose en commun avec celui qui est sorti du génocide”, affirme la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), qui vient de publier ce mois-ci un guide destiné à susciter l'intérêt des investisseurs pour ce pays des Grands Lacs.

“Le Rwanda a fait des progrès socioéconomiques importants et soumis son économie à des réformes structurelles d'envergure”, note la CNUCED. Dans l'agriculture, le café, le thé — principales exportations du Rwanda — mais également l'horticulture, la floriculture et le secteur des phytoproduits, encore inexploités, sont présentés comme certains des atouts du pays.