SANTE: Un vaccin contre le paludisme développé en Belgique

BRUXELLES, 23 oct (IPS) – Les premiers tests scientifiques sur le candidat vaccin contre la malaria de 'GlaxoSmithKline Biologicals' sont prometteurs, bien qu'encore insuffisants, selon le professeur Marc Coosemans, chef du service de parasitologie de l'Institut de médecine tropicale à Anvers, en Belgique.

Ce candidat vaccin est un produit de la société pharmaceutique 'GlaxoSmithKline Biologicals' implantée en Belgique, qui en est fière.

“Ce vaccin est plein de promesses, mais il n'est pas encore aussi fiable qu'une moustiquaire imprégnée”, estime le professeur Coosemans.

Chaque année, le paludisme — qui sévit dans plus de 90 pays et se transmet par les moustiques — provoque la mort de plus d'un million de personnes dans le monde, principalement des enfants. Elle touche essentiellement les pays les plus pauvres d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine.

L'expérimentation de ce vaccin antipaludique — appelé RTS,S — a démontré qu'il protégeait au moins pendant 18 mois, en maintenant un taux d'efficacité de 26 pour cent. Le nombre de cas graves observés avait, quant à lui, diminué de plus de la moitié.

Ces conclusions sont encourageantes lorsqu'on sait qu'il n'existe, à l'heure actuelle, aucune méthode d'immunisation, mais elles restent cependant limitées. “L'objectif n'est pas de vacciner à nouveau les enfants tous les ans, mais d'aboutir à une plus longue période de protection”, déclarait récemment un responsable de 'GSK Biologicals' dans la revue britannique 'New Scientist'.

Ce candidat vaccin antipaludique doit encore être testé à grande échelle. La firme espère pouvoir soumettre un dossier d'enregistrement en 2010.

De nombreuses questions restent cependant encore sans réponse, explique le professeur Coosemans. “Quel effet ce vaccin a-t-il sur d'autres maladies, comme la polio ou la rougeole? Comment l'intégrer dans les programmes de vaccination actuels? Comment expliquer aux gens qu'il n'offre qu'une protection partielle qui doit être couplée à d'autres mesures de prévention? Et puis surtout, combien coûtera-t-il?”, s'interroge le spécialiste.

Après des années de recherche, ce candidat vaccin représente toutefois une avancée scientifique majeure. Il a été développé grâce à un partenariat public/privé entre la société pharmaceutique et la 'Malaria Vaccine Initiative' (MVI), une organisation internationale sans but lucratif, dont l'objectif est de développer un candidat vaccin contre le paludisme et d'en assurer l'accessibilité aux pays en voie de développement.

La MVI a été mise sur pied grâce au soutien financier de la Fondation Bill et Melinda Gates sur base du constat suivant : à peine 10 pour cent de l'argent investi dans la recherche par les entreprises pharmaceutiques vont aux maladies qui représentent 90 pour cent du fardeau des pathologies mondiales.

Mais pour le professeur Coosemans, les efforts de prévention pour lutter contre la malaria, comme les moustiquaires imprégnées, restent indispensables.

“Une étude de la 'Cochrane Libray' — un organisme indépendant qui analyse notamment la qualité des tests réalisés pour de nouveaux médicaments — a démontré que la moustiquaire était efficace à 50 pour cent”.

“Nous devons tirer les leçons du passé. Dans les années 50 et 60, le DDT était le médicament révolutionnaire contre la malaria; dans les années 70, c'était la chloroquine. Le fait est qu'une stratégie de contrôle basée uniquement sur un seul médicament ne permet pas de lutter efficacement contre cette maladie”.

Par le passé, 'GlaxoSmithKline Biologicals' a fait l'objet de critiques à propos de vaccins contre l'hépatite ou le typhus, pour les avoir testés dans des pays en développement, où ces produits n'étaient pas disponibles par la suite.