LE CAP, 4 oct (IPS) – Prenez les routes en Afrique du Sud, et il y a des chances que vous vous trouviez en présence d'un parcours du combattant qui comprend un encombrement ennuyeux à mourir, une course contre la montre avec des conducteurs faisant des excès de vitesse, et la brume des gaz d'échappement.
Il se peut également que vous vous surpreniez en train de vous demander ce que deviendra ce réseau de transport assailli de toutes parts lorsque des visiteurs arriveront dans le pays en masse pour la Coupe du monde 2010 de la Fédération internationale de football.
Toutefois, si tout se passe comme prévu, se faire étouffer par la fumée sera le moindre des problèmes des fans.
Les autorités s'unissent au Fonds pour l'environnement mondial (FEM) dans le but de rendre le réseau plus respectueux de l'environnement avant 2010, en partie à travers l'amélioration du transport en commun dans une nation où beaucoup dépendent des voitures.
Ceci s'ajoute aux plans actuels du gouvernement pour améliorer le secteur du transport à un coût de plus de 500 millions de dollars.
Le souhait est que l'investissement proposé par le FEM soit également d'un intérêt durable pour les Sud-Africains, dont un grand nombre est confronté à d'énormes difficultés dues au transport public inadéquat dans le pays.
"Un transport public bien conçu, bien géré, et judicieusement planifié peut jouer un rôle clé dans la réduction des émissions favorisant un changement climatique. Cela peut également aider à améliorer la qualité de l'air local et combler des fossés sociaux et économiques", a déclaré Monique Barbut, directrice générale du FEM — un partenaire de la Banque mondiale, du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le fonds basé à Washington, créé en 1991, serait maintenant la plus grande source de subventions pour des projets environnementaux dans les pays en développement. Le FEM finance des initiatives dans six principaux domaines, dont le changement climatique et la réduction de la couche d'ozone.
Des nouvelles sur l'implication prévue du fonds dans le secteur de transport de l'Afrique du Sud sont arrivées au cours de la troisième Assemblée du FEM, une rencontre qui s'est déroulée en août dernier dans la ville côtière du Cap.
Un nouveau financement en faveur de l'institution a été annoncé à l'assemblée. Plus de trois milliards de dollars ont été apportés par des donateurs pour approvisionner le FEM, avec quelque 11 millions provisoirement alloués au projet de transport sud-africain.
Des propositions devront être faites par des ministères du gouvernement dans les neuf villes abritant des matchs de Coupe du monde, qui espèrent profiter de cette opportunité. Celles-ci doivent être soumises d'ici à décembre. "Je suis assis dans mon bureau avec des propositions de systèmes de tramway, des systèmes de transport de masse…Ils peuvent transporter plus de gens, ce qui signifie que vous (aurez) un certain nombre de véhicules privés hors des routes…en faveur d'un système de transport plus sûr qui transportera de grands nombres, et ont dégagent moins d'émissions de gaz de carburant", a déclaré à IPS, Mathabatha Mokonyama, directeur général adjoint par intérim au ministère du Transport.
Des consultants financés par le PNUD auraient rencontré des responsables dans neuf villes, pour décider des endroits où les investissements du FEM pourraient être mieux réalisés.
"Vous pourriez facilement mettre en place un système de transport rapide par bus en déterminant, par exemple, qu'une ruelle — qui a déjà été testée par sélection — est disponible pour les bus…Les gens se tourneront vers le transport par bus", a indiqué à IPS, Achim Steiner, directeur exécutif et sous-secrétaire général du PNUE, en référence aux mesures qui pourraient être prises au Cap pour réduire la pression sur une route principale dans la ville. "Vous pouvez accentuer l'avantage comparatif de la transformation du transport individuel privé en transport public simplement en prenant une décision politique. Mais cela doit être soutenu par les utilisateurs".
Le Cap est l'une des villes retenues pour abriter la Coupe du monde.
Les voies piétonnes et cyclables qui complètent les routes pour bus pourraient également être prises en compte, notamment dans certaines des villes plus petites où des matchs seront joués.
Les efforts pour faire rendre le transport sud-africain respectueux de l'environnement ont été approuvés par des footballeurs de renom Ronaldo Luiz Nazario de Lima du Brésil, et Zinédine Zidane de France.
"Un système de transport non conforme aux normes perpétue la pauvreté, génère l'air pollué menaçant la santé et contribue au changement climatique, qui affecte tout le monde, partout", ont indiqué les deux joueurs dans un communiqué à fin-août.
"Nous avons tous les deux une expérience personnelle de ceci puisque nous avons été élevés dans des communautés où un transport public de mauvaise qualité était trop malheureusement la norme". Le plan intervient peu de temps après une initiative similaire en Allemagne durant la Coupe du monde 2006, intitulée 'Objectif vert'.
"Des résultats préliminaires indiquent que l'Objectif vert en Allemagne, dans lequel le PNUE était impliqué, a amené 70 pour cent de fans à prendre le transport public ou à utiliser d'autres modes de transport comme la bicyclette ou la marche pour se rendre aux matchs et en revenir", a expliqué Steiner dans un communiqué.
"Il y avait également d'importantes réalisations dans des domaines comme les économies d'énergie, la collecte des eaux de pluie et la minimisation des déchets sur les stades".
Le FEM finance également des projets liés au transport ailleurs, dont un à Mexico.
L'introduction des mesures comme le transport rapide par bus et des pistes cyclables dans cette ville ont conduit à une réduction de la fumée, affirme un rapport publié en août par la Banque mondiale : 'Promouvoir les priorités de l'environnement global dans le secteur du transport urbain: Expérience des projets du FEM mis en œuvre par le groupe de la Banque mondiale'.

