NATIONS UNIES, 19 sep (IPS) – Des groupes de femmes de la société civile se félicitent de l'inclusion, dans le document final du Sommet mondial des Nations Unies, d'importantes avancées pour la participation des femmes aux processus de paix et de sécurité.
Le document engage les Etats membres à la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité. Votée en 2000, cette résolution promeut le rôle des femmes dans l'édification de la paix et la prévention des conflits.
L'objectif premier du sommet de trois jours, qui a pris fin vendredi, était de passer en revue les progrès réalisés par les nations les plus pauvres du monde sur les huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), fixés en 2000, qui incluent la réduction de moitié de l'extrême pauvreté et de la faim d'ici à 2015, et la promotion de l'égalité de genre ainsi que l'autonomisation des femmes.
Alors que les discussions sur plusieurs des OMD semblent s'être soldées par un échec durant cette rencontre de plus de 170 chefs d'Etat et de gouvernement, les groupes de femmes ont remporté une victoire sur l'objectif N°3.
"La résolution 1325 de l'ONU marque une étape importante dans la politique mondiale", estime Mavic Cabrera-Balleza, responsable adjointe de programme de l'International Women's Tribune Centre (IWTC). "Elle reconnaît pour la première fois l'impact différent que des conflits violents ont sur les femmes et les hommes, et reconnaît également le rôle clé des femmes dans l'édification de la paix et la résolution des conflits".
Même si les femmes peuvent ne pas être souvent de vraies combattantes, elles sont particulièrement vulnérables à la violence basée sur le genre durant des situations de guerre et de conflit. Le viol, l'esclavage sexuel et l'agression sont des armes courantes de guerre, expérimentées tout dernièrement dans des conflits comme ceux des Balkans, du Rwanda et du Congo. La résolution demande également, de façon spécifique, aux gouvernements nationaux et aux structures intergouvernementales d'impliquer les femmes dans les prises de décisions sur la paix et la sécurité. Elle contient par ailleurs des dispositions pour protéger les femmes durant les conflits.
Des groupes de femmes ont préconisé de meilleurs mécanismes pour rendre compte de la violence basée sur le genre pendant les conflits ainsi qu'une plus grande participation des femmes à tous les niveaux de prise de décisions.
"Le document final du sommet lie la résolution 1325 au Sommet mondial, ouvrant ainsi la voie à la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU en octobre", affirme Vina Nadjibulla, représentant de l'Eglise méthodiste unie à l'ONU.
Le sommet mondial débattra également de la création d'une "Commission pour l'édification de la paix", un plan approuvé par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. Cet organisme proposé développerait des stratégies pour aider les pays à se remettre des conflits et à coordonner les activités des principaux acteurs.
Au sommet, des groupes de femmes ont plaidé en faveur de la formalisation de la participation des femmes à cette commission, et veulent qu'elle travaille avec des organisations de la société civile à tous les niveaux.
"Beaucoup de conflits sont tout simplement en cours", a déclaré Cabrera-Balleza, "et la commission doit avoir un rôle dans l'appui au maintien de la paix dans ces endroits cruciaux". Une insuffisance critique dans le document final du sommet est le désarmement. "Le document omet toute la question", a indiqué Nadjibulla à IPS. "Vous ne pouvez pas parler de la paix et de la sécurité des femmes sans parler de désarmement, et vous ne pouvez pas avoir la paix sans le désarmement". Des organisations de femmes ont lutté pour leur participation aux structures de paix et de sécurité dans le système de l'ONU. "Il y a eu beaucoup de collaboration entre groupes de femmes", indique June Zeitlin, directrice de la 'Women's Environment and Development Organisation'(Organisation des femmes pour l'environnement et le développement). "A travers notre expertise différente, nous avons mis en évidence diverses questions et ceci a contribué à une intégration solide de genre dans des processus mondiaux aussi importants".
Toutefois, des organisations de femmes — et des groupes de la société civile en général — ont exprimé des craintes par rapport au manque de consultation avec les acteurs non gouvernementaux, avant le sommet.
Pour inclure les femmes, le IWTC a facilité une série de cyber-dialogues entre des femmes activistes de la paix en Afrique et en Asie-Pacifique, en les mettant en relation, en ligne, avec des décideurs politiques participant au Sommet mondial. Comme cela, les femmes se sont assuré que leurs voix étaient en train d'être entendues dans les allées du pouvoir à l'ONU la semaine dernière, même si elles pouvaient être physiquement très loin des débats politiques qui s'y déroulaient. "Le sommet mondial doit reconnaître le désir des femmes d'œuvrer avec des gouvernements et d'autres en vue des Objectifs du millénaire pour le développement pour mettre fin à la pauvreté et stimuler l'égalité des femmes", affirme Cabrera-Balleza. "Toutefois, les organisations de femmes doivent également être sur le même pied d'égalité que les gouvernements et le secteur privé afin de prendre part à un dialogue significatif autour de ces questions majeures". *Cet article a été produit pour le Journal TerraViva Millennium Development Goals. *****

