/REPETITION CORRIGEE*/SANTE-KENYA: Davantage de médicaments pour lesenfants séropositifs

NAIROBI, 27 juil (IPS) – Pour ceux des Kényans qui ont contracté le VIH, avoir accès aux médicaments anti-rétroviraux (ARV) est rarement chose facile. Cependant, dans le cas des enfants, la situation est encore plus problématique.

Selon le ministre de la Santé Charity Ngilu, seulement 1.200 sur les 44.000 personnes recevant les ARV gratuitement au Kenya sont des enfants — bien en deçà des 10 pour cent d'enfants séropositifs qui devraient avoir besoin de traitement.

Cette situation est réitérée à un niveau mondial. Des statistiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquent que les enfants représentent près de 17 pour cent des décès liés au SIDA annuellement (quelque 500.000 en 2004) – mais reçoivent moins de cinq pour cent de traitement anti-SIDA).

Ces disparités proviennent, en grande partie, du fait que les ARV pédiatriques sont plus coûteux que ceux utilisés pour les adultes, affirme Ngilu : au Kenya, les médicaments peuvent coûter cinq fois plus que les ARV administrés aux adultes.

Mais, elles reflètent probablement le fait que le Kenya ait également trop peu d'agents de santé qui sont formés pour administrer les médicaments aux enfants. Des rapports indiquent que peu de pédiatres dans les pays en développement ont de l'expérience dans le traitement du SIDA chez les enfants.

"Nous avons non seulement une grave pénurie d'agents de santé pour satisfaire la demande actuelle des services de santé au Kenya, mais nous avons également un manque de compétences qui doit être réglé afin de pouvoir fournir des soins de santé de qualité", a déclaré Ngilu ce week-end (23 juillet) au lancement de l'Initiative pédiatrique VIH/SIDA de la Fondation Clinton au Kenya.

Le projet, entrepris avec le ministère de la Santé, vise à fournir un traitement anti-SIDA à 1.000 autres enfants kényans qui sont séropositifs, d'ici à la fin de 2005. Il fait partie d'une campagne plus vaste de la Fondation Clinton, créée en 2001 par l'ancien président américain Bill Clinton, pour aider à s'attaquer aux effets de la pandémie du VIH en Afrique, en Asie et aux Caraïbes.

Sur le plan mondial, l'organisation cherche à mettre 10.000 autres enfants séropositifs sous ARV d'ici à la fin de l'année.

Clinton était également présent au lancement, qui s'est tenu dans l'hôpital du district de Mbagathi, à la périphérie de la capitale, Nairobi.

"La guerre contre le VIH/SIDA ne sera gagnée que si les soins anti-VIH/SIDA aux enfants sont abordés", a-t-il dit à ceux qui étaient à la rencontre. La visite de Clinton au Kenya faisait partie d'un périple dans six pays, qui l'avait déjà emmené en Tanzanie, au Mozambique, au Lesotho et en Afrique du Sud. Le Rwanda devrait être l'étape finale sur l'itinéraire de l'ancien président.

Dans un autre discours prononcé au lancement, Sally Agalo, une femme vivant avec le SIDA, a parlé du pouvoir de transformation des ARV.

"Je suis un témoignage vivant que l'ART (thérapie anti-rétrovirale) est efficace", a-t-elle déclaré à la rencontre.

"J'ai été reconnue séropositive en 1999 et mise sous ART en 2003 lorsque mon taux de CD4 était de 30 et mon poids de 36 kilogrammes. Aujourd'hui, mon taux de CD4 est de 450 et mon poids de 70 kilogrammes".

Un décompte de CD4 donne une mesure du nombre de cellules sanguines qui aident à assurer l'immunité face à la maladie.

Dans le cadre de l'initiative, la Fondation Clinton fournira des ARV pédiatriques achetés avec une forte remise auprès du fabricant indien de génériques – Cipla; ces produits doivent être administrés sur des sites ARV du gouvernement. Une première cargaison de médicaments est déjà arrivée au Kenya.

L'initiative fournit également une assistance pour la formation au personnel de santé pour les soins anti-SIDA, quelque chose qui a déjà démarré. Environ 120 infirmiers devraient être envoyés dans quatre hôpitaux dans des zones rurales qui souffrent d'un manque d'agents de santé (dont la plupart ont tendance à être basés en zones urbaines).

Selon le Programme des Nations Unies pour le développement, le Kenya compte 13 médecins pour 100.000 citoyens, un ratio bien en deçà de celui des pays développés comme les Etats-Unis (270 pour 100.000) et la Norvège (413 pour 100.000).

Le 'Rapport 2004 sur la pandémie du SIDA dans le monde', publié par le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), estime la prévalence du VIH au Kenya à 6,7 pour cent. Environ 1,2 million de personnes dans le pays vivent avec le VIH, dont 100.000 sont des enfants, selon des estimations.

En Afrique subsaharienne tout entière, plus de 25 millions de personnes ont contracté le VIH — ce qui en fait la région la plus touchée par la pandémie. Plus de 60 pour cent des personnes séropositives vivent en Afrique subsaharienne, quoique la région n'abrite qu'environ 10 pour cent de la population mondiale.

L'OMS estime que sur les 37,8 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans le monde entier, cinq à six millions dans les pays en développement ont un besoin pressant d'ART. Toutefois, 400.000 seulement avaient accès à un tel traitement à la fin de 2003. (* Cet article diffusé à 17H46 GMT ce 27 juil 2005, contient une erreur dans le titre. Lire plutôt : Davantage de médicaments pour les enfants séropositifs…, et non de 'médecins' comme écrit initialement par erreur).