GRAND BAIE, Maurice, 18 août (IPS) – La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) s'inquiète de la situation de l'énergie électrique qui atteindra un niveau de crise en 2007 si aucune action concrète n'est entreprise pour augmenter la production.
Les chefs d'Etat et de gouvernement des 14 pays membres de cette organisation régionale ont exprimé cette inquiétude dans un communiqué final au terme de leur sommet de deux jours à la Grand Baie, en Ile Maurice, les 16 et 17 août. La SADC a admis Madagascar en son sein, qui en sera le 15ème membre à partir de l'année prochaine.
Selon Prega Ramsamy, secrétaire exécutif de la SADC, il y a des indications que la fourniture électrique s'amenuisera dans la région durant les deux prochaines années en raison d'une hausse des activités économiques et de la croissance de la population. Ce qui entraînera une hausse de la demande, alors que les prix du pétrole ne cessent d'augmenter sur le marché mondial. "Nous devons prendre des mesures urgentes sous le Southern African Power Pool et sous le NEPAD pour contrer ce problème", a-t-il déclaré. Le NEPAD est le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique.
Maurice, un des pays membres de la SADC, n'a pas attendu pour diversifier ses sources d'énergie électrique en produisant, depuis quelques années déjà, de l'électricité avec de la bagasse, un résidu de la canne à sucre, et du charbon. Actuellement, environ 30 pour cent de sa consommation nationale est fourni par des centrales thermiques construites par l'industrie sucrière. L'île poursuit également ses efforts pour populariser l'énergie solaire, et a mis au point un certain nombre de projets sur l'énergie éolienne. Des recherches sont également entreprises sur l'énergie produite à partir des vagues.
Le communiqué indique que sur le plan économique, le progrès a été stable au sein de la SADC entre 2002 et 2003, avec une croissance de l'économie régionale de l'ordre de 3,2 pour cent en 2003, soit le même qu'en 2002.
Selon Ramsamy, un taux de 7 pour cent est nécessaire pour réduire sensiblement la pauvreté dans cette partie de l'Afrique.
Le 24ème sommet de la SADC s'est également penché sur la sécurité alimentaire et affirme qu'il y a eu une amélioration marginale dans ce domaine en 2003-2004, avec le nombre de personnes ayant besoin d'une aide alimentaire passant de 6,5 millions en 2003-2004 à 5,4 millions en 2004-2005. Malgré une hausse de la production céréalière, estimée à 24,97 millions de tonnes cette année, représentant une hausse de 10 pour cent par rapport à l'année dernière, le président de la SADC, Paul Bérenger, Premier ministre de l'Ile Maurice, estime que l'agriculture devrait devenir le moteur pour la création de richesses et d'emplois dans les Etats membres.
Selon Bérenger, chaque citoyen de la SADC doit jouir, non seulement des nécessités de base que sont la nourriture, le logement et les vêtements, mais également des services de santé de qualité et de bonnes conditions sanitaires. "Cela n'est possible qu'avec la création de richesses et d'emplois, et un secteur, où nous pouvons avoir de bons résultats, est l'agriculture", a-t-il souligné. Il estime que le potentiel énorme dans l'agriculture peut aider les Etats membres à poursuivre leurs objectifs de développement. Le défi, explique-t-il, repose sur la fourniture des intrants – semences, fertilisants et équipements – ainsi qu'un accès des petits fermiers aux marchés, et l'adoption de nouvelles techniques d'irrigation pour ne pas se fier uniquement aux pluies.
Bérenger cite également la construction et la réhabilitation de routes et de ponts pour faciliter l'accès aux régions rurales et éloignées dans le but d'augmenter la production agricole, synonyme de bien-être pour les populations de la région. Pour aider la région à briser le cercle vicieux de l'insécurité alimentaire, le président de la SADC estime que l'allocation d'au moins 10 pour cent des budgets nationaux des Etats membres, comme cela a été décidé en mai dernier, devrait devenir une réalité. "Notre région est sujette aux sécheresses, aux inondations et aux cyclones qui affectent la production alimentaire. Plus que jamais, la région doit se préparer à faire face à de telles crises", indique-t-il, soulignant la nécessité d'établir un système d'information pour la sécurité alimentaire dans la région. Bérenger plaide également pour l'établissement d'une réserve alimentaire par la SADC, qui aiderait à nourrir les populations durant les périodes de crises.
Au chapitre politique, après avoir condamné la tentative de coup d'Etat en République démocratique, le 10 juin dernier, le sommet réaffirme que la SADC ne va tolérer aucun changement anticonstitutionnel de gouvernement dans la région.
Au Zimbabwe, les prochaines élections législatives parlementaires auront lieu en mars de l'année prochaine. Le Sommet est satisfait que le gouvernement de ce pays ait préparé une ébauche d'une législation électorale en accord avec les principes et lignes directrices de la SADC sur les élections démocratiques, qui ont été adoptés au sommet de Maurice.
Une charte qui favorise la transparence et la crédibilité de la gouvernance démocratique et assure, en même temps, l'acceptation des résultats des élections par tous les partis en lice.
Ces élections libres et démocratiques devraient, selon le nouveau président en exercice de la communauté, favoriser une normalisation des relations entre la SADC et l'Union européenne, d'une part, et les Etats-Unis, d'autre part.

