VIH/SIDA-AFRIQUE AUSTRALE: La guerre contre la pandémie produit des résultats positifs

MBABANE, 27 juil (IPS) – L'Afrique australe répond à la pandémie du SIDA avec de nouveaux programmes dont les promoteurs disent qu'ils doivent être aussi adaptables que le virus du VIH lui-même.

"Exactement comme le VIH change, frustrant des efforts pour découvrir un vaccin, c'est ainsi que notre prévention procède, les efforts d'atténuation et de traitement doivent être flexibles et innovateurs. Nous ne sommes pas encore paralysés par cette crise", déclare Sylvia Kunene, une conseillère dans un centre de test volontaire à Nelspruit, Afrique du sud.

Kunene est de plus en plus employée par les firmes qui mettent sur pied des programmes pour aider les travailleurs qui veulent savoir leur statut sérologique et y faire face aussi bien médicalement que psychologiquement s'il se trouve qu'ils sont infectés.

"Le SIDA est une question économique en Afrique du Sud, et n'est pas considéré juste comme un problème médical. Le président (Thabo) Mbeki souligne que la pauvreté est un terrain propice pour la maladie. Les entreprises industrielles s'inquiètent pour les travailleurs des usines tandis que les banques et les industries de services sont préoccupées pour les cols blancs et les gestionnaires", indique Kunene à IPS. Dans son Rapport sur l'épidémie mondiale du SIDA publié ce mois, le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) fait remarquer que l'Afrique subsaharienne compte juste 10 pour cent de la population mondiale, mais renferme les deux tiers de toutes les personnes vivant avec le VIH, quelque 25 millions. Le rapport reconnaît le mérite de l'Ouganda pour des "efforts qui inspirent" à réduire un taux de prévalence du VIH qui a atteint un sommet en 1992, par l'action communautaire, un leadership politique fort et des campagnes de sensibilisation.

En matière de leadership politique, l'ONUSIDA a noté que le président du Botswana, Festus Mogae, a contribué à la décision de fournir des anti-rétroviraux gratuitement et à développer un programme national de prévention de la transmission de la mère à l'enfant. L'ancien président du Malawi, Bakili Mulizi, a nommé un ministre pour la Santé/SIDA afin d'améliorer la coordination de la réponse nationale.

Au Lesotho, en mars 2004, le Premier ministre Pakalitha Mosisili a conduit une délégation d'officiels du gouvernement à faire des tests de VIH en public. L'effort visait à montrer un exemple aux autres et à attaquer la honte et la peur attachées au VIH au Lesotho. Au Swaziland, où environ 40 pour cent des adultes sont séropositifs, tous les projets clés, aussi bien les nouveaux que ceux qui sont une extension de certains projets pilotes de l'année dernière, traitent d'une certaine manière du VIH/SIDA.

Dans un entretien avec IPS, Dr John Kunene, secrétaire principal au ministère de la Santé, déclare : "Nous avons l'intention d'atteindre notre but où tout Swazi vivant n'importe où peut accéder au test du VIH dans un rayon raisonnable de son domicile, avec le conseil qui est nécessaire à la fois avant et après le test".

"Un second but clé est le lancement du 'PMTCT-plus' — Prévention de la transmission de la mère à l'enfant — mais étendue pour inclure le père. Si nous trouvons qu'une mère est séropositive, nous utiliserons les médicaments nécessaires pour arrêter la transmission à l'enfant, mais nous ne voulons pas en rester là. Le partenaire masculin de la femme doit être assisté", dit Kunene.

Une initiative nationale de sécurité du sang sera étendue, mise en relief par l'ouverture d'une banque de sang nationale et l'infrastructure du test au centre commercial principal de Manzini. Le gouvernement italien, en partenariat avec le gouvernement du Swaziland, était le principal bailleur de l'infrastructure. Le Swaziland se débrouille à présent pour faire face à ses besoins de réserve en sang. Une campagne de prise de conscience publique pour inciter des dons volontaires de sang sera lancée. La banque de sang de Manzini complètera une extension des services de laboratoires médicaux, prévue cette année pour l'hôpital public de Mbabane. "Il y a une nouvelle structure entièrement opérationnelle à l'hôpital. Nous, Swazis, disons que ce n'est pas ouvert jusqu'à ce que ce soit officiellement inauguré par un leader national. Mais, jusque-là, une extension, qui donnera un Laboratoire national de référence du VIH/SIDA, est en construction", indique Kunene.

Une autre initiative est le lancement agressif de médicaments anti-rétroviraux (ARV) pour prolonger la vie, lesquels ont été introduits tardivement dans ce pays d'Afrique australe en 2003. "L'année dernière, 1.000 à 2.000 personnes en ont bénéficié. (Quelque) 10.000 malades seront au régime ARV à la fin de cette année, et pas moins de 14.000 à la fin de l'année prochaine", affirme Kunene. Beaucoup d'entre eux recevront les ARV, croit Kunene, puisque le Swaziland participe à l'initiative des Nations Unies "3 X 5" qui permettra à trois millions de séropositifs de recevoir des traitements ARV dans le monde entier d'ici à 2005. "Le Swaziland est l'un des premiers pays en Afrique à prendre cette initiative. Une évaluation du pays qui est indispensable a déjà été faite et nous sommes dans la phase de mise en œuvre", dit Kunene.

Au Botswana, le ministère de la Santé a obtenu des financements de la Fondation de Bill et Melinda Gates ainsi que de la Fondation de la compagnie Merck pour un programme de traitement anti-rétroviral dénommé Masa, la signification du mot Setswana étant "nouvelle aube".

Présentement, plus de 15.000 personnes reçoivent des ARV à travers le programme. Les hôpitaux et cliniques du Swaziland étant incapables de faire face au nombre grandissant des malades du SIDA, les soins à domicile deviennent cruciaux. En décembre, un réseau de centres d'approvisionnement pour les Swazis s'occupant des membres de famille ayant le SIDA, ou des soigneurs assignés auprès des voisins vivant avec le SIDA, sera mis en place dans tout le pays. Le Kenya est un autre pays où une "réponse multi-sectorielle" au SIDA a donné des résultats positifs. Le gouvernement tient annuellement un Programme commun de revue sur le SIDA pour toutes les organisations sanitaires et sociales du pays. La conférence permet au gouvernement d'orienter son plan stratégique national sur le SIDA avec les activités des ONG qui, sur le terrain, fournissent des services aux gens vivant avec le VIH et le SIDA. "Il n'y a aucun doute sur le professionnalisme et le dévouement du personnel de santé au Swaziland", affirme Dr Kunene. "Nous en avons besoin davantage et de plus de ressources. Nous sommes sérieux et nous avons une communauté de bailleurs de bonne volonté, prête à aider sur le plan international". La même attitude de prise en charge se remarque à travers l'Afrique australe face au défi de survie partagé du sous-continent.