PRETORIA, 9 déc (IPS) – L'Afrique et d'autres parties du monde en développement se préparent à négocier un meilleur accès aux marchés des pays riches à la prochaine rencontre ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce, a indiqué le ministre ougandais de l'Agriculture, Wilberforce Kisamba-Mugerwa, la semaine dernière.
Le ministre a été interrogé après la clôture d'une conférence internationale sur les succès dans l'agriculture africaine, tenue dans la capitale sud-africaine du 1er au 3 décembre. La rencontre a réuni des représentants de gouvernement, des entreprises, du milieu universitaire et de la société civile.
"Il est malheureux que les négociations à Cancun (aient échoué) de cette façon", a-t-il ajouté, faisant allusion aux discussions infructueuses de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) au Mexique, il y a trois mois.
"Nous nous regrouperons pour persévérer la prochaine fois".
Kisamba-Mugerwa a fait remarquer que "Si on veut que la globalisation et la libéralisation du commerce fonctionnent, le monde en développement doit alors avoir accès aux marchés mondiaux".
Ceci est vital si nous voulons maintenir la productivité, réduire la pauvreté et améliorer la vie des populations". La prochaine rencontre ministérielle de l'OMC est prévue pour se dérouler ce mois.
Un communiqué publié après la conférence a indiqué que la réduction significative de la pauvreté ne serait pas possible en Afrique sans un développement rapide de l'agriculture.
"Seule l'amélioration de la productivité agricole peut simultanément accroître le bien-être au sein des deux-tiers de tous les Africains qui travaillent essentiellement dans l'agriculture ainsi que les pauvres urbains, qui dépensent plus de 60 pour cent de leur budget sur les aliments de base", a indiqué le document.
Selon les délégués, la performance passée avait été inadaptée. "L'Afrique reste la seule région du monde en développement où la production agricole par tête d'habitant a chuté au cours des 40 dernières années", a souligné le communiqué final.
"Pour réduire la pauvreté croissante, l'inégalité sociale et l'instabilité politique, les agriculteurs africains, les gouvernements et les partenaires internationaux ainsi que le secteur privé doivent tous faire mieux à l'avenir".
Les chefs d'Etat ont convenu au sommet de l'Union africaine, en juillet cette année, de faire de l'agriculture une priorité. Le sommet a également demandé que les allocations budgétaires agricoles soient relevées à un minimum de 10 pour cent des dépenses publiques pendant cinq ans.
La rencontre de Pretoria a évité le pessimisme total, faisant remarquer que "la lente performance de l'Afrique … masque un record historique riche en succès agricoles importants".
"Bien que ces booms épisodiques et sporadiques se soient révélés insuffisants pour maintenir une croissance globale par tête d'habitant dans le domaine de l'agriculture, ils se sont montrés instructifs en indiquant les zones prometteuses pour une intervention efficace à l'avenir".
La conférence a identifié la bonne gouvernance et le financement public soutenu dans la recherche comme les deux conditions préalables fondamentales pour le développement de l'agriculture.
Au nombre des études de cas examinées par les délégués, figuraient la lutte contre le virus mosaïque du manioc en Ouganda, la production du coton en Afrique de l'ouest, et les exportations de l'horticulture du Kenya.
"Nous croyons qu'avec un engagement renouvelé à l'établissement de partenariats entre les gouvernements, les organisations d'agriculteurs, les partenaires internationaux et le secteur privé, d'importants gains sont réalisables dans l'agriculture africaine", a conclu la déclaration de la réunion.
La conférence a été financée par l'Institut international de recherche sur la politique agricole, basé à Washington, l'Agence pour le développement des ressources humaines du gouvernement allemand et le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD). Le Centre technique pour la coopération agricole en zone rurale de l'Union européenne a également contribué à financer la réunion.

