NAIROBI, 24 sep (IPS) – Le silence dans la salle est glacial puisque tout le monde prête attention à une poésie sur le SIDA récitée par des enfants d'une institution de soins aux orphelins du SIDA, basée à Nairobi. A travers le poème du genre à faire pleurer et qui pousse à la réflexion, les enfants, de la Maison des enfants de Nyumbani, demandent qu'un ami donne un coup de main dans la lutte contre l'épidémie. L'ami, à ce moment particulier, se trouve être l'Organisation des premières dames africaines contre le SIDA (OAFLA), représentée par Lucy Kibaki du Kenya, Jeanette Kagame du Rwanda, Janet Museveni de l'Ouganda et Hariette Conte de la Guinée. Les premières dames sont venues au Kenya pour lancer les campagnes de surveillance, de plaidoyer et de réduction de la honte de l'organisation. Des statistiques officielles indiquent qu'environ 29 millions des 40 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans le monde entier sont en Afrique subsaharienne.
A peu près 58 pour cent de ceux qui sont infectés sont des femmes.
L'initiative, qui est appuyée par l'Action d'aide et de soutien pour un partenariat international contre le SIDA en Afrique (SIPAA), cherche à sensibiliser les gouvernements africains à faire campagne et à mobiliser des ressources en vue de lutter contre la pandémie sur tous les fronts.
"Cette initiative marque également un événement important dans notre confrontation commune au SIDA", fait remarquer Kibaki.
"Avec cette résolution régionale et cette détermination des femmes en Afrique, et avec le soutien de nos gouvernements respectifs ainsi que celui des partenaires au développement, nous pourrons apporter des stratégies efficaces et concrètes qui nous aident à appuyer nos aspirations et à soutenir nos efforts dans la lutte contre le VIH/SIDA", affirme-t-elle.
Les femmes vivant avec le VIH/SIDA ont loué l'initiative, estimant que c'est un signe que le VIH/SIDA est la préoccupation de tout le monde.
Pour réduire la propagation de la maladie, les femmes ont demandé de l'aide aux premières dames. "Ne nous tenez pas à l'écart, travaillez ensemble avec nous parce que c'est la personne qui porte une chaussure qui sait là où elle serre le plus", a déclaré Dorothy Onyango de la Communauté internationale des femmes vivant avec le VIH (ICW).
A une conférence par satellite de l'OAFLA le 20 septembre, les premières dames ont réaffirmé que les femmes doivent être au premier plan dans la lutte contre la pandémie, puisque ce sont elles qui sont les plus affectées par la maladie.
"Nous, en tant que femmes, sommes celles qui ont une expérience de première main dans le traitement du fléau, l'ayant expérimenté en donnant des soins et du soutien à nos maris, enfants et parents qui meurent du VIH/SIDA. Nous devons donc prendre le taureau par les cornes", a fait observer Kibaki.
Des commentateurs ont souvent prétendu que les premières dames ont la capacité d'inverser la tendance du VIH/SIDA puisqu'elles ont accès aux principaux décideurs politiques dans leurs pays.
Selon Kagame, "En tant que premières dames, nous ne pouvons pas rester passives, à ne rien faire, alors que le SIDA détruit des familles et anéantit des sections entières de notre société. C'est notre devoir d'agir sans tarder".
La conférence de l'OAFLA se déroule actuellement en même temps que la Conférence internationale sur le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique (CISMA), qui a débuté à Nairobi, lundi.
Un engagement supplémentaire à combattre la maladie, qui a dévasté le continent, avait été affiché le 20 septembre, lorsque plus de 12.000 femmes, avec à leur tête Kibaki, ont pris part à une course qui fera date, pour accroître la prise de conscience sur le fléau du VIH/SIDA.
La course, dénommée "Première course internationale des femmes contre le SIDA", a été organisée pour collecter des fonds en vue de soutenir les femmes qui s'occupent des millions d'orphelins du SIDA en Afrique.
Des statistiques indiquent que quelque 12 millions d'enfants en Afrique ont perdu leurs parents à cause de la maladie. Selon un Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA, ce nombre devrait passer à au moins 25 millions d'ici à 2010.
La course de 10 km cherchait également à commémorer la "force extraordinaire, l'esprit et la détermination que les femmes et les filles africaines apportent à la lutte contre le SIDA".

