DEVELOPPEMENT: Le PNUD insiste sur l'approfondissement de la démocratiedans le monde entier

GENEVE, 24 juil (IPS) – Le rapport 2002 du PNUD sur le développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) indique que la priorité pour le 21ème siècle sera l'approfondissement de la démocratie dans le monde entier parce que, dit-il, les institutions et les règles qui le gouvernent sont injustes.

Entre les gens puissants et les gens impuissants au sein des pays, mais également entre les pays puissants et les pays impuissants".

C'est le motif qui sous-tend la décision des Nations Unies d'assurer que les principes d'inclusion et de pluralisme constituent "une partie importante du programme" au sein des institutions mondiales.

"Comme le montre le mouvement anti-mondialisation, les conséquences de ces divisions constituent le mouvement politique le plus significatif de la journée", a affirmé Fukuda-Parr.

Toutefois, l'écart entre riches et pauvres ne résulte pas tant des différences de richesse matérielle que par le fait que les institutions et les règles qui gouvernent le monde "sont peu équitables et injustes", a-t-elle déclaré.

Dans ce contexte, l'approfondissement de la démocratie est présenté comme une priorité dans les plans de la communauté internationale pour le 21ème siècle.

Le rapport du PNUD décrit les années 80 et le début des années 90 comme une période "d'espoir énorme et d'enthousiasme par rapport à la progression de la démocratie".

Dans cette période, 81 pays ont fait des avancées significatives vers la démocratie et 140 nations ont organisé des élections multipartites.

Mais aujourd'hui, il y a une atmosphère plus sombre et plus propice à la réflexion par rapport à l'expansion de la démocratie, notamment à la qualité de la démocratie, a reconnu l'auteur du rapport.

Certains pays, qui étaient sur la voie de la démocratie dans les années 80, sont retournés aux régimes autoritaires, militaires, comme le Pakistan depuis 1999, ou ont un système pseudo-démocrate, comme dans le cas du Zimbabwe, selon le PNUD.

Fukuda-Parr a également cité les cas de l'Argentine où le président Fernando de la Rúa, élu dans un système démocratique, a démissionné en décembre dernier au milieu d'une grande agitation économique et sociale, et du Venezuela, où le président Hugo Chávez a été démis du pouvoir pendant deux jours en avril dans un coup d'Etat manqué.

"Partout dans le monde, il y a le sentiment que la démocratie n'a pas tenu" ses promesses, a indiqué l'expert des Nations Unies.

"Les gens ont lutté et obtenu la démocratie dans l'espoir qu'elle va véritablement améliorer leurs vies", a-t-elle affirmé, mais la performance des dernières années montre que "tout au long de la démocratisation, nous avons vu beaucoup de revirements sur les fronts économique et social".

Certaines des statistiques contenues dans le rapport du PNUD sont "extrêmement déprimantes", a admis Fukuda-Parr. Les taux de vaccination des enfants, par exemple, avaient augmenté dans les années 80, seulement pour commencer à baisser dans les années 90 en Afrique et en Asie du sud, a-t-elle indiqué.

Les indicateurs de développement humain en Afrique au sud du Sahara ont empiré dans les dernières années, et la vie des plus pauvres est devenue beaucoup plus difficile, selon la spécialiste.

La portion de personnes vivant avec juste un dollar par jour a atteint 47 pour cent au début des années 90 et a persisté tout au long de cette décennie.

Fukuda-Parr a fait remarquer que "le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté a augmenté dans toutes les régions, pas seulement en Afrique, à l'exception de l'Asie de l'est et du sud.

Le PNUD estime, cependant, que la famine n'est pas survenue dans des pays qui ont organisé des élections démocratiques et ont une presse libre, parce que celles-ci ont incité politiquement les dirigeants à prendre des initiatives pour combattre la misère.