BANGKOK, 13 oct. (IPS) – La sortie de médicaments plus puissants
et un
traitement anti-tuberculeux plus facile et plus complet, sont
attendus pour
2010. La tuberculose est une maladie qui décime les populations
des pays
pauvres.
Ces médicaments seront vendus à des prix abordables, assurant
ainsi la
disponibilité de ce remède pour des pays les plus durement touchés
par la
tuberculose (TB), a indiqué l'Alliance Mondiale pour le
Développement des
Médicaments Anti-Tuberculeux.
Cet effort est beaucoup plus qu'une entreprise scientifique, a
déclaré Dr.
Gro Harlem Brundtland, Directeur Général de l'OMS. "C'est une
attaque
directe contre la pauvreté et les disparités entre riches et
pauvres".
Cette alliance, lancée à la Conférence Internationale sur la
Recherche
sanitaire pour le Développement à Bangkok, comprend l'OMS, deux
fondations
basées aux Etats Unis et des représentants de l'industrie
pharmaceutique.
Le traitement actuel de la tuberculose, le DOT Traitement
Directement
Observé à court-terme, une initiative que les experts
internationaux avaient
conçue en 1995, a un taux de guérison de 90 pour cent. Néanmoins,
la
tuberculose tue environ deux millions de personnes chaque année.
Comme l'a indiqué Brundtland, des systèmes de santé médiocres dans
les pays
en voie de développement font qu'il est difficile d'exécuter
efficacement la
série de traitements actuels.
Souvent, les patients dans plusieurs pays en voie de
développement, une fois
qu'ils se sentent mieux, ne finissent pas la série de traitements
qui
s'étendent sur six à neuf mois, et n'arrivent pas ainsi à guérir
complètement de la tuberculose.
Actuellement, seulement 25 pour cent des patients reçoivent un
traitement
complet sous l'initiative des DOTS, qui requiert que le corps
médical
conseille et observe les patients avaler chaque dose de cette
puissante
combinaison de médicaments et contrôle leur progrès jusqu'à guéris
on complète.
Les nouveaux médicaments anti-tuberculeux ciblés par l'alliance
devront
"réduire la durée du traitement ou simplifier le processus", en
plus de
l'amélioration du traitement de l'infection latente de la
tuberculose.
Pour les membres de l'Alliance, puisque les DOTS sont encombrants
et
demandent beaucoup de travail" ils envisagent de rendre le
traitement plus
convenable en réduisant le régime de deux à trois mois.
Pour le Dr. Ariel Pablos-Mendez, directeur adjoint de l'équité
sanitaire à
la Fondation Rockefeller basée aux Etats Unis, "notre mission est
d'accélérer le processus de développement de nouveaux médicaments
anti-tuberculeux, pour sauver ainsi des vies".
Brundtland a ajouté que l'alliance est "un exemple vivant de
partenariats
entre le secteur privé et public pour réduire le fossé existant
entre les
opportunités de marchés et les besoins des populations".
L'alliance a élaboré son "Plan Scientifique pour le Développement
de
Médicaments Anti-Tuberculeux"', un document destiné à servir de
"guide
pour les scientifiques et les chercheurs dans les universités,
dans
l'industrie et dans le secteur public dans tous les aspects de la
découver te
et du développement du médicament anti-tuberculeux".
En conséquence, la recherche et le développement de nouveaux
médicamen ts
seront réalisés à travers un réseau de groupes privés et publics.
L'exécution des résultats de recherches, y compris les essais
cliniques,
sera confiée aux laboratoires, aux groupes de recherche publique
et aux
organisations non gouvernementales.
Le projet appelle également au développement d'un "portefeuille
de
recherche et d'investissements sur le développement venant de
donations
charitables" qui peuvent être consacrés à des médicaments
spécifiques,
puisque l'alliance a besoin de recueillir plus de 150 millions de
dollars
pour financer son travail.
Toutefois, une telle initiative, n'est pas la première du genre.
Des
partenariats semblables entre le secteur public et le secteur
privé ont été
créés dans le passé pour trouver des remèdes au paludisme et au
Syndrome
d'Immunodéficience Acquise (SIDA)– les Médicaments contre le
Paludisme et
l'Initiative Internationale pour le Vaccin Anti-SIDA.
Le lancement de l'alliance intervient suite à une préoccupation
croissante
sur la tuberculose, une maladie infectieuse dans l'air, qui
attaque d'abord
le système respiratoire et peut s'étendre ensuite par la toux et
l'éternuement.
En mars dernier, l'OMS a décrit la maladie qui touche
majoritairement les
pauvres du monde comme "une menace mondiale" dans sa première
étude jamais
réalisée sur les rapports des niveaux des médicaments résistants à
la
tuberculose dans 38 pays".
Si elles ne sont pas traitées immédiatement, près d'un milliard de
personnes
pourraient devenir les nouvelles victimes de la tuberculose dans
les 20
prochaines années, ce qui entraînera la mort de quelques 40
millions de
personnes d'ici 2020, selon l'OMS.
Les statistiques montrent que trois millions de cas de tuberculose
apparaissent chaque année en Asie du Sud et en Asie du Sud Est,
avec le
Bangladesh, le Pakistan, l'Inde, le Cambodge et les Philippines
parmi les
pays qui enregistrent les nombres les plus élevés de cas
d'infection.
En outre, quelque 1,5 million de cas apparaissent chaque année en
Afrique
Sud saharienne et 250.000 cas en Europe de l'Est.
Le monde développé n'a pas non plus été épargné. Selon certaines
estimations, "une personne sur 10 en Amérique du Nord et en
Europe est
infectée", a indiqué l'OMS.
De plus, ce qui inquiète l'OMS et les experts de la santé est que
la
combinaison mortelle entre la tuberculose et le virus de
l'immunodéficienc e
acquise (VIH), qui cause le SIDA.
"L'explosion de la tuberculose est en partie due à sa collision
avec
l'épidémie du VIH", a indiqué Brundtland. En Afrique, le VIH
infecte 40
pour cent des patients tuberculeux et c'est la tuberculose qui tue
un tiers
des victimes du SIDA".
En dehors du fait qu'ils font partie d'un long régime de
traitement, on
croit que les médicaments anti-tuberculeux actuellement en
circulation font
très peu dans la lutte contre la maladie. Aucun nouveau médicament
n'a été
développé pour combattre la maladie pendant les 30 dernières
années.
De même, la perspective d'un vaccin puissant pour stopper cette
"maladie de
la pauvreté' "n'aura pas un impact sur les pays en voie de
développeme nt
pendant 20 ans", a déclaré l'Alliance.
Ainsi, le Dr. Giorgio Roscigno, le directeur exécutif intérimaire
de
l'alliance, a déclaré que l'approche du groupe est "le plus
important
développement dans le contrôle de la tuberculose depuis que l'OMS
a déclaré
cette maladie urgence mondiale en 1993".

