SANTE: Les Nations Unies organiseront une session spéciale sur le SIDA

NATIONS UNIES, 11 oct. (IPS) – Préoccupées par les ravages causés
par le
Syndrome de l'Immunodéficience Acquise (SIDA), les Nations Unies
envisagent
d'organiser une session spéciale des 189 membres de l'Assemblée
Géné rale
pour coordonner et intensifier les efforts internationaux destinés
à
combattre l'une des maladies les plus mortelles du monde.

La session spéciale de trois jours, qui devra se tenir à New York
en mai
2001, sera la première grande conférence des Nations Unies sur le
SIDA.
Une résolution adoptée par l'Assemblée Générale note avec "une
vive
préoccupation" la propagation rapide du virus de
l'immunodéficience humaine
(VIH), qui a déjà infecté des millions de personnes dans le monde
entier, et
l'augmentation des cas de SIDA qui en est résultée.
L'Assemblée mentionne également son inquiétude parce que, malgré
tous les
efforts, l'épidémie du VIH/SIDA "a actuellement un impact plus
grave que ce
qu'on avait prévu au départ", et que les ressources allouées à la
lutte
contre l'épidémie ne sont pas proportionnelles à la gravité du
problème.
On s'attend à ce que la session spéciale demande un financement
accru pour
combattre la maladie qui a énormément affecté les nations en voie
de
développement, particulièrement en Afrique.
L'ONUSIDA, l'agence des Nations Unies qui coordonne conjointement
la lutte
contre cette maladie à propagation rapide, a indiqué que l'Afrique
a besoin,
à elle seule, d'un minimum de plus de 3 milliards de dollars par
an pour
combattre le SIDA.
Dans son rapport annuel soumis à l'Assemblée Générale le mois
dernier, le
Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan, a déclaré que
l'épidémie
du VIH/SIDA est devenue une crise majeure du développement.
"La pandémie détruit le tissu économique et social dans les pays
les plus
touchés, en réduisant à néant des années de taux de mortalité en
baisse et
en causant des hausses dramatiques dans les taux de mortalité
parmi les
jeunes adultes", avertit Annan.
Selon les chiffres des Nations Unies, au total 18,8 millions de
personnes
sont mortes de SIDA depuis le début de l'épidémie. A la fin de
1999, au
moins 34,3 millions d'adultes et d'enfants dans le monde vivaient
avec le
VIH/SIDA. En 1999 seulement, il y avait 5,4 millions de nouvelles
infections, tandis que le nombre d'enfants orphelins du SIDA a
atteint 13,2
millions.
L'Afrique au Sud du Sahara est la région la plus touchée, avec un
total de
24,5 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA. Dans cette
région, le
SIDA est la première cause de mortalité.
Dans son rapport, Annan indique que les taux de prévalence parmi
les jeunes
âgés de 15 à 19 ans ont déjà atteint ou dépassé 10 pour cent dans
16 pays,
tous en Afrique au Sud du Sahara.
Il y a également une vive préoccupation au sujet de
l'accroissement rapide
des infections liées au VIH en Europe et en Asie du Sud et de
l'Est. Dans
les Caraïbes, plusieurs états insulaires ont des épidémies pires
que dans
n'importe quel autre pays en dehors de l'Afrique au Sud du Sahara,
indique
Annan.
Le Secrétaire Général dit qu'au cours de l'année 1999, les Nations
Unies ont
fait des efforts significatifs pour aider les pays à faire face à
ces défis
impressionnants.
Dans une décision sans précédent, le Conseil de Sécurité des
Nations Unies
a, au cours d'une réunion en janvier dernier, abordé l'impact de
l'épidémie
sur l'Afrique. La réunion a abouti à la création d'un Groupe de
Travail
d'une Commission permanente inter-agences pour examiner la
relation entre la
guerre civile et la propagation du VIH/SIDA.
"Les grands défis dans la lutte contre le SIDA demeurent",
indique Annan,
"On a besoin d'urgence de ressources financières supplémentaires
et
d'assistance au développement".
Au Sommet du Millénaire qui s'est achevé tout récemment, plus de
150
dirigeants mondiaux ont pris l'engagement d'arrêter et de réduire
les taux
de propagation du VIH/SIDA d'ici l'an 2015.
Prenant la parole au sommet début septembre, le Président Festus
Mogae du
Botswana a déclaré : "Je me tiens devant vous pour prétendre à la
distinction douteuse d'être le Président d'un pays qui est le plus
gravement
touché par le VIH/SIDA dans le monde entier".
Limitant tout son discours au "fléau du VIH/SIDA", en Afrique
Australe,
Mogae a déclaré que tous les progrès économiques réalisés au
cours des 25
dernières années sont actuellement remis en cause par la
propagation de
cette maladie mortelle.
"Maintenant nous voyons chaque jour des mères âgées pleurant la
mort
prématurée de leurs enfants chéris, des bébés nés aujourd'hui
pour n'être
enterrés que le lendemain, et une population croissante
d'orphelins
ressentant un désir ardent d'amour et de soin parental", a-t-il
déclar é.
"Ce sont les réalités traumatisantes du VIH/SIDA avec lesquellles
nous
vivons et que nous devons affronter", a-t-il ajouté.
Il a indiqué que c'était effroyable de noter que la moitié des
personnes qui
sont infectées par le VIH/SIDA sont des jeunes de moins de 25 ans.
La pandémie du VIH/SIDA est un problème global qui demande une
action
mondiale, a-t-il indiqué. La pandémie menace le développement
humain et la
sécurité économique et sociale.
"Il y a alors un besoin urgent d'une action concertée de la part
de la
communauté internationale en général pour lutter contre ce
fléau", a-t-il
fait remarquer.