CULTURE-AFRIQUE: Les San à l'heure de l'Internet

JOHANNESBOURG, 11 août (IPS) – L'une des plus anciennes
communautés
indigènes d'Afrique du Sud -les San- sont actuellement reliés au
reste du
monde grâce à la vente par internet, de leurs anciens travaux
d'art.

Dès que tout sera au point, les artistes des !XU et des Kwhe
produiront
des oeuvres d'art faits main dans leur domicile dans la province
Nord du
Cap, en Afrique du Sud.
Ils recevront des commandes d'articles de leur boutique située
dans la
ville du Cap, un centre touristique situé sur la côte, à environ
1000
kilomètres de la province Nord du Cap – par courrier électronique.
Utilisant un système de stockage électronique, ils pourront
voir les
articles qui se vendent bien et les rayons qui ne sont pas
rentables.
La boutique Kamatoka – la branche commerciale de la communauté-
a ét é
ouverte la semaine dernière dans la ville du Cap par le Ministre
sud
africain du Commerce et de l'Industrie, Alec Erwin.
Cette boutique gardera en dépôt des travaux d'arts, des
textiles variés,
des céramiques, des produits de menuiserie, ainsi que des objets
traditionnels pour le ménage produits par les !XU et les Khwe pour
être
vendus dans la boutique.
La boutique appartient à la communauté et se concentrera
surtout sur
l'exposition et la vente des articles produits sur place. Tous les
bénéf ices
iront à la communauté et aux artistes.
"Le point de vente sera un endroit à partir duquel la communauté
de la
ville du Cap et celles des !XU et des Khwe pourront nouer des
liens grâce
aux différentes technologies que les deux communautés ont
adoptées".
"Grâce à l'utilisation de l'internet et d'autres méthodes
modernes de
communication, les !XU et les Khwe pourront suivre et contrôler
les ventes à
la boutique, et ce faisant, ils réduiront considérablement la
distance entre
leur maison et leur lieu de travail".
"L'entreprise sera le centre d'un cercle qui cherche et
rassemble des
communautés grâce à leur propre entreprise commerciale, au site
web et aux
équipements bancaires électroniques. Ceci donnera également aux
populations
de la ville du Cap et aux touristes qui visitent la boutique,
l'accès à la
culture San, que la majorité des Sud Africains et des visiteurs
ont jusqu'à
présent oubliée", a-t-il ajouté.
Toutefois, la communauté fait déjà de bonnes affaires en vendant
ses objets
d'art aux touristes locaux et étrangers.
La situation de la boutique, qui est dans un grand centre
métropolitain ,
relie le projet rural à une communauté disposant d'un pouvoir
d'achat. En
conséquence, les propriétaires de petits entreprises commerciales
et ceux
qui produisent les objets d'art ne sont pas obligés de quitter
leurs
villages pour avoir une source de revenu, a expliqué la compagnie.
Traditionnellement employés par l'ancienne Force de Défense Sud
Africaine
(SADF) pendant ses opérations dans l'ouest de l'Afrique du Sud
d'alors et en
Angola, les San ont été amenés en Afrique du Sud en 1990 -après
l'accession
de la Namibie à l'indépendance.
Au cours d'une bonne partie des dix dernières années, ils ont
vécu dans
la région aride de Karoo – sous des tentes – dans le Cap
septentrional.
Au début de l'année 1997, la communauté, composée d'environ 4
500
personnes, a finalement réussi à acheter ses propres terres non
loin de
Platfontein – en utilisant des dons du gouvernement sud africain
dans le
cadre du programme de redistribution des terres.
Actuellement, un projet de développement de logement est en
cours et la
communauté essaie de construire une petite township sur ses
terres.
"Une fois que la communauté s'est installée sur ses nouvelles
terres,
elle a démarré certains projets pour accroître ses revenus",
affirme le
Directeur Général de l'Association de Propriété Commune, Hennie
Swart.
L'association a été mise en place pour aider à s'occuper des
affaires de la
communauté.
"L'une de ces affaires est un projet d'art qui comprend
l'impression en
gros sur les textiles et les dessins sur la céramique, ainsi que
sur
l'argile et le linoléum. Ils font également des travaux à partir
des boîtes.
Les artistes travaillent habituellement dans l'huile", a expliqué
Swart.
"Les objets d'art et les travaux manuels emploient environ 400
personnes
– moitié hommes, moitié femmes. Le projet ne leur permet pas de
gagner assez
pour en vivre ; ce qu'ils gagnent ne représente fondamentalement
qu'un
supplément à leur revenu. L'argent retourne directement au projet
pour
assurer sa viabilité et est réparti selon des critères", a-t-il
ajouté.
Dans sa déclaration, la compagnie a indiqué : "Les communautés
perçoivent cela comme une opportunité d'acquérir des connaissances
en
marketing, en distribution et en vente directe dans l'industrie
commerciale.
"On espère que ce projet sera utilisé comme un exemple réussi
pour les
projets futurs où la réforme des terres a amené des communautés à
pouvoir se
prendre en charge à travers diverses méthodes d'habilitation
économique".
"Le point de vente montre comment les objets d'art et les
travaux
manuels sont devenus une force positive pour le changement dans
les zones
rurales d'Afrique du sud. Dans plusieurs parties du pays, les
communautés
utilisent une variété de matériaux, l'histoire locale et la
culture comme
les ressources pour construire leurs économies de petite taille".
Les objets d'art réalisés par le projet ont obtenu des prix
de
diverses organisations sud africaines, y compris un prix pour sa
céramique
et deux pour ses travaux manuels. Certaines des réalisations du
projet
peuvent être consultées sur http://eventmanage.co.za/xuart/.
"La présence du Ministre National du Commerce et de
l'Industrie à
l'ouverture est un signe de l'importance que le Gouvernement sud
africain
attache à la contribution des petites et moyennes entreprises. Ces
dernières
peuvent en effet créer des emplois et une croissance économique
dans le
pays", a déclaré le porte-parole de Erwin, Edwin Smith.