ENVIRONNEMENT: Les projets sanitaires de la banque mondiale empoisonnent l'environnement, selon un rapport

WASHINGTON, 1er juill. (IPS) – La Banque mondiale empoisonne les
pays en
développement avec des projets conçus pour aider leurs services
de santé,
affirment certains détracteurs.

Le problème actuel concerne l'incinération des déchets médicaux
dont les
pays riches veulent se débarrasser, car ces déchets sont
considérés comme la
principale source de dioxine, de mercure et d'autres substances
polluantes.
La dioxine est au centre des problèmes de sécurité alimentaire
en Belgique.
Sa présence dans le corps de certains animaux a déclenché le
mois dernier
des controverses à la fois coûteuses et sensationnelles sur
l'intoxication
alimentaire.
La Banque mondiale encourage l'incinération, car cette pratique
est selon
elle une façon de se débarrasser des déchets médicaux
potentiellement
contagieux.
C'est un "remède dangereux", estime le Multinationals Resource
Centre
(MRC) de Washington et Health Care Without Harm, une coalition
internationale d'experts en médecine, en santé publique et en
affaires
sociales.
Dans un nouveau rapport, les groupes font l'inventaire de 30
projets
d'incinération financés par la Banque mondiale et sa filiale du
secteur
privé, la Corporation financière internationale.
Les documents officiels montrent que les agences contribuent à
la
construction d'incinérateurs en Algérie, en Argentine, au
Brésil, aux
Comores, en République dominicaine, en Egypte, en Inde, en
Indonésie, au
Kenya, au Liban, au Malawi, au Mexique, au Nigeria, au Sénégal,
en Afrique
du sud, au Sri Lanka, en Turquie, au Vietnam, aux Samoa
occidentales et au
Zimbabwe.
La promotion de l'incinération des déchets médicaux dans ces
pays, malgré
les critiques formulées contre la technologie en Occident,
"perpétue une
situation dans laquelle l'environnement et la santé des citoyens
du Nord
sont plus protégés que ceux des citoyens du tiers-monde",
affirme le rapport.
Cette accusation rappelle certains scandales survenus ces
dernières
décennies, suite aux exportations vers le tiers-monde d'engrais
chimiques
dangereux, de lait en poudre gâté, de pilules contraceptives et
d'autres
produits jugés nuisibles dans les nations riches.
"C'est un cas de discrimination écologique", déclare la
directrice du
Multinationals Resource Centre, Ann Leonard, une vieille
écologiste et
défenseur des questions sanitaires.
Tout en reconnaissant que la Banque a récemment fait des efforts
pour
étudier le problème et inviter le public à faire des remarques
sur ses
directives, le rapport estime que ces efforts "ne suffisent pas
pour
refléter l'ampleur des menaces que représentent les grands
incinérateurs".
L'incinération des déchets médicaux produit la dioxine, un
produit
cancérigène qui cause des problèmes aux nouveau-nés et des
dommages au
système immunitaire. Il rend les individus contaminés très
vulnérables aux
infections de toutes sortes.
La dioxine s'échappe pendant l'incinération des déchets chlorés,
notamment
le chlorure de polyvinyle couramment appelé 'PVC Plastic' en
anglais.
Les déchets médicaux contiennent aussi du mercure, un produit
utilisé dans
les thermomètres, les équipements de contrôle de la pression
sanguine et les
piles. Ces produits ne peuvent pas être détruis sous l'effet de
l'incinération.
Les incinérateurs sont munis d'un métal lourd qui, au contact du
sol ou de
l'eau, attaque le centre du système nerveux et endommage le
cerveau, les
reins et les poumons des êtres humains et des ftus.