SANTE-CONGO: Une Epidémie De Fièvre Hémorragique Sévit Dans le Nord-Est

KINSHASA, 3 mai (IPS) – Une épidémie de fièvre hémorragique a
déjà tué 46
personnes dans la région de Watsa au Nord-Est de la République
Démocratique du Congo(RDC), a révélé vendredi, le ministre de
la Santé
Publique, le docteur Mashako Mamba.

Mashako a indiqué que 52 cas de fièvre hémorragique ont été
enregistrés
dans la région depuis le 16 janvier de cette année.
Les experts congolais et internationaux n'ont pas encore posé
un
diagnostic pour déterminer la nature de cette maladie.
Cependant, le
ministre Mashako Mamba pense qu'il s'agit de la fièvre
hémorragique d'Ebola
qui s'est déjà déclarée dans le pays à deux reprises.
Selon Mashako, les malades pressentent des signes cliniques
d'Ebola qui se
résument notamment en une température brutale élevée de 39 à
40x avec des
maux de tête, un état de fatigue générale, une hémorragie
digestive, une
hémorragie des voies respiratoires et de la peau. La mort s'en
suit dans
moins de 48 heures.
"Ce sont des cas qui font suspecter fortement l'apparition
d'une maladie
hémorragique. Le tableau clinique répond à la définition de la
fièvre
hémorragique qui pourrait être Ebola ou due à un autre virus",
a expliqué
le ministre Mashako.
"Il ne faut pas attendre la confirmation du diagnostic pour
combattre cette
épidémie très virulente", a fait remarquer le docteur Abdou
Moudi,
représentant de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en
RDC.
Mashako Mamba explique que la prévention est le meilleur moyen
pour éviter
la propagation rapide de la maladie.
"Lorsque des mesures adéquates sont prises, le virus est
maîtrisable", dit-il.
La transmission se fait par contact entre le corps d'une
personne saine avec
le corps, le sang, les sécrétions, les habits d'une personne
infectée par le
virus, a-t-il expliqué, tout en invitant les populations à
éviter de
toucher les personnes qui sont contaminées ou qui viennent de
mourir.
D'après le ministre de la Santé, une application correcte de ces
recommandations pourra limiter les dégâts.
Il a par ailleurs lancé un appel à la communauté internationale
pour aider
la RDC à diagnostiquer, à circonscrire les localités touchées
par le virus,
à encadrer les populations locales et les équipes médicales sur
le terrain
afin de maîtriser rapidement cette nouvelle épidémie.
"La présence d'un virus dangereux sur le territoire de la RDC
constitue une
menace pour le monde entier qui a le devoir de se mobiliser, de
s'organiser
pour combattre ce fléau", a dit le ministre congolais.
Le représentant de l'OMS en RDC a signalé que de nombreuses
missions se
rendront dans la zone touchée afin d'évaluer les besoins qui
seront exprimés
sur place. Il a demandé à tous les partenaires de la RDC, aux
ONG
humanitaires internationales et locales de conjuguer leurs
efforts afin de
satisfaire tous les besoins sur le terrain.
Le docteur Moudi a annoncé la création prochaine d'un comité de
gestion de
l'épidémie d'Ebola à Kinshasa dont la mission sera de suivre de
près
l'évolution de la situation dans la zone de santé de Watsa.
Le docteur Muyembe Tamfum, médecin et directeur de l'Institut
National des
Recherches Biomédicales (INRB), a invité les populations des
zones touchées
par l'épidémie à respecter les mesures de santé publique que
sont la
propreté et l'hygiène. Il a conseillé au personnel de santé
devant soigner
les malades d'éviter tout contact non protégé.
"Il faut que le corps médical possède des gants, des bottes,
des masques
pour traiter facilement les malades. Aussi, il faut désinfecter
tous les
déchets : vomissures, sang… pour éviter toute contamination de
l'environnement", a recommandé le docteur Muyumbe.
Il a en outre demandé que soit formée une équipe qui sera
chargée de
l'inhumation des cadavres. "Ceci est très important. La
toilette mortuaire
a été une des principales causes de la contamination à Kikwit en
1995",
a-t-il précisé.
C'est la troisième fois que l'épidémie de fièvre hémorragique se
déclare en
RDC. Le pays a connu une première épidémie d'Ebola à Yambuku, un
village de
la forêt équatoriale au Nord-Ouest du pays, il y a une vingtaine
d'années.
La deuxième fois, l'épidémie a sévi à Kikwit dans la province de
Bandundu,
au sud-est de Kinshasa en 1995. Près 340 personnes avaient
trouvé la mort à
Kikwit.