CAT AF IP} CONFLIT: L'ECOMOG Etend Ses Opérations De Maintien De La Paix En Guinée-Bissau

ACCRA, 26 févr. (IPS) – La force Ouest-africaine de maintien de
la paix
(ECOMOG) étend ses opérations de maintien de la paix en Guinée-
Bissau pour
tenter de mettre fin aux combats qui opposent le gouvernement de
ce pays aux
forces rebelles.

La Guinée-Bissau est le troisième pays d'Afrique de l'Ouest où
l'ECOMOG est
appelée à maintenir la paix, depuis sa création en 1990. Les
deux premiers
pays sont le Liberia et la Sierra Leone.
Les combats ont éclaté en Guinée-Bissau en juin 1998, après que
le Président
Joao Bernardo Vieira a renvoyé son chef d'Etat-major, le général
Ansumane
Mane, sous prétexte que des officiers supérieurs de l'armée
guinéenne
faisaient un trafic d'armes avec les rebelles de la Casamance,
une région du
Sénégal voisin.
Plus de 350.000 personnes se sont déplacées et des centaines
d'autres – pour
la plupart des non combattants – sont mortes, depuis que les
hostilités ont
commencé l'année dernière.
L'arrivée de plus de 600 casques blancs dans cette ancienne
colonie
portugaise, ce mois-ci, est perçue comme un signal destiné à
mettre fin à la
rébellion. C'est aussi un coup de pouce majeur pour l'initiative
que la
CEDEAO a entreprise en vue de maintenir la paix dans la région.
Les contingents de soldats nigériens, béninois, togolais et
maliens sont
déjà à Bissau, la capitale. Ils veilleront au maintien d'un
accord de paix
signé en août dernier pendant le 21ème sommet de la CEDEAO à
Abuja, la
capitale nigériane, et rectifié à Lomé (Togo) en novembre.
Le Président Vieira a démissionné et passé le pouvoir à un
nouveau
gouvernement intérimaire d'union nationale. Ce gouvernement de
10 membres
est dirigé par le Premier ministre Francisco Fadul.
Fadul annonce que les élections prévues pour mars devraient être
reportées
pour permettre aux milliers de réfugiés de retourner dans leur
pays avant la
tenue des scrutins.
Conformément à l'accord signé par Vieira et Mane, les plus de
3.000 soldats
de la Guinée-Conakry voisine et du Sénégal, qui soutiennent
Vieira,
retourneront dans leurs pays respectifs pour faire place à
l'ECOMOG.
"L'esprit de l'accord est que le Président Vieira formera un
gouvernement
d'union nationale et quittera progressivement ses fonctions,
mais il
maintiendra ses privilèges de chef d'Etat", explique le
ministre gambien
des Affaires étrangères, Mamadou Lamin, dont le pays a contribué
à conclure
l'accord.
Contrairement à ses précédentes opérations au Liberia et en
Sierra Leone, où
le soutien financier et logistique étranger était
essentiellement
inexistant, l'opération de l'ECOMOG en Guinée-Bissau est
soutenue par la
France.
Selon des informations non confirmées, la France fournit de la
logistique et
une allocation journalière de 16 dollars US à chaque soldat.
Cette
allocation fait partie de l'aide que la France accorde en
Afrique.
L'ECOMOG a entrepris ses opérations de maintien de la paix en
août 1990,
lorsqu'elle a envoyé des soldats au Liberia. Pendant huit ans,
la force a
déploré d'énormes pertes matérielles et humaines entre les mains
d'un
intransigeant mouvement rebelle.
C'est seulement en juillet 1997, après 12 tentatives d'accord de
paix, que
l'ECOMOG a réussi à mettre fin au conflit libérien qui a fait
plus de
250.000 morts.
Tout juste au moment où la force de maintien de la paix
commençait à
recevoir des félicitations et des honneurs pour avoir rétabli la
paix au
Liberia, la guerre civile sierra léonaise a atteint son point
crucial, car
le gouvernement du Président Ahmed Tejan Kabbah a été renversé
en mai 1997.
Avec l'appui des 20.000 soldats qu'elle a déployés en Sierra
Leone, l'ECOMOG
a réinstallé Kabbah au pouvoir en février 1998.