HARARE, 16 dec. (IPS) – La huitième Assemblée du Conseil Mondial
des Eglises
a pris fin Lundi 14 Décembre avec des promesses d'allégement de
la pauvreté,
de réduction du trafic des armes et de résolution des conflits
dans le monde.
La réunion de douze jours tenue à Harare, la capitale
zimbabwéenne, a promis
de chercher de toute urgence les moyens d'instaurer la "paix et
la
justice" au Soudan, dans la région des Grands Lacs et dans
d'autres zones
de conflit dans le monde.
"L'Assemblée a comblé les espoirs par sa façon de régler les
conflits", a
déclaré le Secrétaire Général du CME, Konrad Raiser.
Plus de 4500 délégués ont discuté de la dette africaine, de la
mondialisation, de la pandémie du SIDA et du conflit qui sévit
depuis cinq
mois en République Démocratique du Congo (RDC).
Le communiqué final publié Lundi, annonce que le CME ferait
pression sur les
nations créditrices, afin qu'elles annulent la dette du Tiers-
Monde, y
compris les 300 milliards de dollars que doit l'Afrique.
"L'annulation de la dette des pays pauvres et le cercle
infernal de
l'accumulation de la dette constituent des questions urgentes",
selon le
communiqué.
"Nous avons passé en revue les problèmes africains. Bon nombre
de gens
rentreront chez eux avec plus de détermination pour réduire la
pauvreté et
prendre le problème de la dette plus au sérieux", a déclaré
Marion Best, le
nouveau Vice-Président du Comité Central du CME.
Best est membre de la United Church du Canada. Il a exhorté les
pays du Nord
à réfléchir davantage aux problèmes socio-économiques des pays
du
Tiers-Monde. "Les pays les plus pauvres ne sont pas les seuls
concernés par
la crise de l'endettement. Les pays qui sont arbitrairement
considérés comme
des pays à 'revenu intermédiaire' sont aussi menacés par la
crise de
l'endettement, a-t-il précisé.
Parmi les 41 pays pauvres les plus endettés, 33 sont situés en
Afrique.
Pour améliorer leur sort, le CME demande au Groupe des Huit, le
G-8 – le
Japon, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, le Canada,
l'Allemagne, l'Italie,
la France et la Russie – de reconnaître la nécessité impérieuse
d'annuler la
dette des pays les plus pauvres pour leur permettre d'accéder au
nouveau
millénaire sur de bases nouvelles. Le CME préconise en même
temps la
réduction de la dette des pays à revenu intermédiaire.
Le Conseil demande également au G-8 d'user de ses pouvoirs pour
faire en
sorte que les fonds illégalement transférés dans les comptes
secrets des
banques étrangères par des politiciens, soient retournés dans
les pays
débiteurs. Il est aussi nécessaire d'engager avec la Société
Civile un
processus de réformes économiques globales pour assurer une
distribution
équitable des richesses et prévenir de nouveaux cycles
d'endettement.
La conférence d'Harare a donné au CME l'occasion de toucher du
doigt
certaines réalités de la vie en Ae. Par exemple, les délégués
ont
rappelé qu'à leur arrivée, ils ont changé 34 dollars zimbabwéens
contre un
dollar US.
"Une semaine plus tard, un dollar U.S. valait 40 dollars
zimbabwéens.
Qu'adviendra-t-il la semaine prochaine et les semaines suivantes
?", s'est
exclamé Best, qui ajoute: "chaque dévaluation accentue les
difficultés des
populations locales".
Le CME accuse aussi les pays riches et les multinationales
d'agrandir
l'écart entre les riches et les pauvres dans les nations en
développement.
"Aujourd'hui, malgré l'indépendance des peuples autrefois
colonisés, le
pouvoir est de plus en plus concentré entre les mains d'un petit
nombre de
pays et de compagnies du Nord", indique le communiqué du CME.
Les plus
grandes décisions sont prises par quelques 30 pays et 60 grandes
compagnies".
"Leur puissance s'étend à l'échelle de la planète et dans
plusieurs
domaines de la vie. Cette puissance est à la fois considérable
et intense",
conclut le rapport.

