FREETOWN, 30 nov. (IPS) – Les donateurs sont encouragés à suivre
l'exemple
de l'Union européenne (UE) qui a accordé 210 milliards de leones
(un dollar
US équivaut à 1700 leones) pour soutenir les efforts de
reconstruction de la
Sierra Leone, a annoncé un haut responsable de l'U.E.
Selon Perez Porras, le représentant de l'U.E en Sierra Leone,
cette aide
prouve que l'U.E et la communauté internationale font confiance
à la
capacité du gouvernement à faire un bon usage des fonds.
C'est la première fois que ce pays de l'Afrique de l'Ouest
reçoit une
importante aide étrangère depuis que le président Ahmed Tejan
Kabbah a été
réinstallé au pouvoir en février dernier.
Le ministre des Finances, James Jonah, qui a signé l'accord au
nom du
gouvernement, a exhorté les 4,8 millions de Sierra Léonais à
faire un bon
usage de l'argent.
"Nous ne pouvons pas continuer à dépendre de l'aide
internationale", a
déclaré Jonah. "Les Sierra Léonais doivent savoir que nous ne
construirons
notre pays qu'en travaillant dur".
La signature de l'accord fait suite à une réunion tenue à
Londres en
juillet, au cours de laquelle Jonah a insisté sur l'urgence
d'une aide
financière de l'U.E à la Sierra Leone.
Les sources de revenus de ce pays ont été entièrement bloquées
par une
guerre civile de sept ans. menée contre les rebelles dans les
zones
diamantifères et aurifères situées à l'Est du pays. La guerre a
également
touché le Nord de la Sierra Leone, la base agro-industrielle du
pays.
La rébellion n'a pas permis au gouvernement de tirer profit des
secteurs
minier et agricole qui représentent conjointement plus de 70
pour cent du
produit intérieur brut. Actuellement, le gouvernement ne dépend
que des
aides provenant des pays donateurs.
La situation a été aggravée par une alliance de neuf mois entre
les
militaires et les rebelles. Cette alliance a occasionné le
pillage des
coffres de la nation. Les banques et toutes les grandes
institutions
financières ont été complètement pillées par le Conseil des
forces armées
révolutionnaires (AFRC), la junte qui a renversé le gouvernement
civil de
Kabbah en mai 1997.
A la fin du mois de juillet, une conférence spéciale sur la
Sierra Leone a
été organisée au siège des Nations Unies à New York, au cours de
laquelle
certaines promesses financières ont été faites par des
représentants des
organisations gouvernementales et non gouvernementales (ONG).
La Grande-Bretagne, qui avait régenté la Sierra Leone jusqu'à
son
indépendance en 1961, a promis environ six millions de dollars
américains
pour assurer le programme de désarmement, de démobilisation et
de
réintégration (DDR) du pays. Cette somme servira aussi à
accorder une aide
logistique à la force ouest africaine de maintien de la paix
(ECOMOG).
Les Etats-Unis ont promis 55 millions de dollars et plusieurs
autres pays
ont aussi fait des promesses.
La responsable du service ouest africain de l'U.E, Anna-Silva
Piergrossi qui
a signé l'accord avec Jonah, a indiqué que les fonds seront
utilisés pour
soutenir les institutions, la réhabilitation et le développement
du secteur
social détruit par la guerre civile.
"Ces prêts seront suspendus si le principe général du respect
des droits de
l'homme, d'adhésion à l'Etat de droit et de bonne gouvernance,
n'est pas
maintenu", a-t-il prévenu.
La coopération entre la Sierra Leone et l'U.E remonte à la
signature de la
convention de Lomé dans les années 1960. Anna-Silva a expliqué
que "depuis
ces lors, le montant alloué à la Sierra Leone a
substantiellement augmenté
de 32,5 millions d'ECU sous Lomé 1 à 111,5 millions d'ECU".
Lorsque le gouvernement de Kabbah a été renversé en mai 1997,
l'U.E n'a pas
seulement suspendu toutes formes de coopération avec le régime
militaire,
mais elle a aussi continué à reconnaître formellement et à
maintenir le
dialogue politique avec l'administration civile en exil.
l'U.E a également répondu à la demande du gouvernement de
renforcer la
capacité du ministère des Finances, du Développement et de la
Planification
économique afin qu'il puisse faire face au grand gouffre
financier que
représente le budget des importations du pays.
Les économistes et les analystes financiers de Freetown ont
attribué la
reprise de l'aide à Jonah, un ancien fonctionnaire des Nations
Unies, qui
inspire de la confiance à la communauté des bailleurs de fonds.
Jonah a récemment fasciné les bailleurs de fonds lorsqu'il a
rapporté 800
millions de leones au gouvernement, en démantelant un syndicat
de
corruption.

