ECONOMIE-ONU: Trop De Fraudes Et De Gaspillages Constatés Dans Le Système Des Nations Unies.

NATIONS UNIES, 14 oct. (IPS) – Le bureau des services de contrôle
interne
(OIOS), l'organe des Nations Unies chargé des investigations, a
découvert de
nouvelles preuves de fraude, gaspillage et mauvaise gestion au
niveau des
Nations Unies et des opérations de terrain qu'elles ont organisées
en 1997.

Les irrégularités mentionnées dans le rapport annuel (1998) de
l'OIOS, ont
coûté à cette organisation mondiale déjà malade des millions de
dollars qui
ont été retranchés de ses rares ressources à un moment où elle est
presque
en faillite.
Le siège du HCR à Genève a, par exemple, commandé des biens et des
services
pour près de 70 millions de dollars sans lancer un d'appel d'offre
aux
soumissionnaires.
"Dans un grand programme de pays, les offres comparatives n'ont
pas
toujours été sollicitées, conformément aux procédures d'achat du
HCR ; en
effet, les offres reçues n'ont pas pu être effectivement comparées
à cause
de l'absence de spécifications préétablies", précise l'OIOS.
Le rapport indique que les achats de certains articles similaires
ont
parfois été effectués chez différents fournisseurs sans chercher à
faire des
économies d'échelle ; en outre, dans un petit nombre de cas, le
nombre
d'articles achetés était supérieur aux besoins parce que les
stocks
existants n'étaient pas pris en compte.
Au moins deux pays – la Suisse et le Kenya – coopèrent avec les
Nations
Unies qui ont déposé des plaintes contre des fonctionnaires et des
contractuels locaux des Nations Unies qui ont volé et détenu des
équipements
appartenant à l'ONU.
Un contractuel kenyan, qui assurait la restauration de deux
missions de
maintien de la paix des Nations Unies au Cambodge et en Somalie,
est accusé
d'avoir volé aux deux missions des équipements de près de 400.000
dollars.
Ces équipements comprenaient des conteneurs, des véhicules et des
habitations préfabriquées.
Le contractuel a également été accusé de tentative d'oblitération
des
preuves de l'appartenance des biens aux Nations Unies, en enlevant
les
étiquettes et les marques d'identification de l'ONU.
"Bien qu'il y ait la preuve que beaucoup plus d'équipements des
Nations
Unies ont été volés, ces équipements ont été apparemment retenus
par les
intérêts de la compagnie en Somalie, et ne sont pas récupérables à
l'heure
actuelle", déclare l'OIOS.
Au milieu de l'année 1997, la police kenyane a déposé des plaintes
contre
quatre employés du contractuel. En octobre 1997, la police a
arrêté deux des
quatre individus : il y avait un citoyen britannique et un citoyen
kenyan.
Les deux autres employés du contractuel, un Australien et un Néo-
Zélandais,
n'ont pas été retrouvés.
Le bureau des Nations Unies à Genève a déposé des plaintes contre
un
fonctionnaire de la Conférence des Nations Unies pour le commerce
et le
développement (CNUDED), qui a frauduleusement soutiré plus de
600.000
dollars à l'organisation pendant 10 ans. Ce membre du personnel a
volé
l'argent, en soumettant de faux documents pouenir des paiements au
profit "d'experts" fictifs ayant, selon lui, participé à des
conférences
des Nations Unies qui n'ont jamais eu lieu.
Le rapport de l'OIOS souligne que face à la preuve, ce membre du
personnel a
reconnu son mauvais comportement. Les conclusions de l'enquête ont
été
remises à un tribunal suisse qui l'a condamné, à la fin de l'année
dernière,
pour les crimes retenus contre lui. Le tribunal a ordonné qu'en
plus des
350.000 dollars déjà remboursés, il paie le reste de la somme due.
Le rapport présente également la liste d'autres cas de gaspillage,
mauvaise
gestion et fraude :
– La mission d'observation des Nations Unies en Iraq et au Koweït
(UNIKOM) a
gonflé les allocations du personnel. La surfacturation était
supérieure à
6,3 millions de dollars. Ces paiements se sont poursuivis, malgré
les
irrégularités signalées par les commissaires aux comptes. Après
plusieurs
avertissements, les paiements ont été arrêtés mais seuls 13 pour
cent des
sommes contenues dans la surfacturation ont été, jusqu'à présent,
récupérées.
– Lors d'une mission de maintien de la paix en Angola, le
transport et les
services connexes ont été demandés et des paiements de 677.000
dollars ont
été faits sans que les règles, les réglementations et les
procédures
financières en vigueur ne soient respectées. Beaucoup de
réquisitions de
biens et de services, ont été faites, alors qu'elles n'étaient pas
indispensables ou urgentes. Lorsque l'attention de la direction a
été
attirée sur cet état de choses, des démarches ont été
immédiatement
entreprises pour annuler ces réquisitions dont la valeur était
supérieure à
15 millions de dollars.
– Lors de la mission de transition des Nations Unies en Haïti
(UNTMIH) il a
été constaté des violations des règles et des réglementations
financières,
des faiblesses dans la gestion et une défaillance des contrôles
internes du
fonds d'aide électorale. Il n'y avait pas de séparation claire
entre les
agents de certification et d'approbation de la Mission. Les
dépenses étaient
supérieures aux budgets. En plus, il y avait une différence de
près de
625.000 dollars entre les montants avancés au Conseil électoral
provisoire
et les montants qu'il déclare avoir reçus.
– Lors du déploiement des forces de paix des Nations Unies (UNPF)
à Zagreb,
l'examen des paiements des rations a indiqué que des remises de
plus de
700.000 dollars ont été perdues parce que les paiements n'ont pas
été vite
effectués. L'audit des réclamations faites par les contingents
militaires
pour rembourser des pièces détachées de véhicules, a révélé qu'un
contingent
a fait des réclamations injustifiées, ce qui a entraîné des
dépenses non
fondées de plus d'un million de dollars.
– L'audit du groupe des observateurs militaires des Nations Unies
en Inde et
au Pakistan (UNMOGIP), a révélé que l'organigramme officiel du
personnel
affecté aux postes locaux présentait un excédent de près de 25
pour cent. Il
y avait trop d'agents locaux dans l'administration, et les
contrôles des
heures supplémentaires et les voyages locaux ont révélé des
inadéquations.
La mission effectuait aussi un contrôle inadéquat sur
l'utilisation de ses
véhicules qui étaient subtilisés par les chauffeurs militaires du
pôte.