HARAR, 28 sept. (IPS) – Les droits perçus sur l'importation des
produits
non essentiels ont été doublés car le gouvernement a annoncé
vendredi des
mesures visant à faire face aux pressions des taux de change qui
ont fait
enregistrer au dollar zimbabwéen le record le plus bas par rapport
à toutes
les principales devises.
"Pour réduire la pression sur la facture des importations, le
gouvernement
a augmenté les droits sur les produits pouvant être achetés chez
les
producteurs locaux", a déclaré le ministre des Finances, Herbert
Murerwa.
Il a dit aux journalistes dans la capitale Harare que les droits
ont
augmenté de plus de 20 pour cent. "Les nouveaux prix entreront en
vigueur
dès que la gazette du gouvernement sera publiée dans les jours qui
viennent", a-t-il dit.
Les produits affectés incluent les légumes, les fruits, l'eau
minérale, les
confitures, les céréales, les bijoux, les jouets, les produits
cosmétiques,
les cigarettes, les machines électriques, les chaussures, les
tapis, les
téléphones portables et les matériaux de construction.
En plus, une taxe de 10 pour cent a été imposée à tous les
produits
importés, sans tenir compte de leur valeur ou de leur
classification.
La Banque Centrale mobilise aussi des fonds étrangers pour assurer
la
disponibilité adéquate des devises et soutenir les besoins du
pays.
"Le problème majeur du marché des devises concerne la brusque
dépréciation
monétaire qui est très au-dessus des niveaux justifiables par les
fondamentaux économiques. Bien que la dépréciation monétaire
s'explique
largement par l'évolution de la balance des paiements, la
situation a été
aggravée par le comportement spéculatif du marché", a affirmé
Murerwa.
Malgré la mesure de Murerwa, la Banque Centrale annonce qu'elle ne
croit pas
que ce soit prudent d'intervenir car cela validerait le
comportement
spéculatif.
Un dollar américain s'est échangé contre 38 dollars zimbabwéens
cette
semaine, alors qu'au début de l'année, 1 dollar américain valait
18 dollars
zimbabwéens.
Bien que la spéculation, la forte demande d'importation et la
faible
performance des exportations, aient été rendues responsables de la
plongée
de la monnaie locale, Murerwa a identifié un autre coupable.
"Il y a eu des fuites dans les transactions des devises brassées
par les
bureaux de change. Dans un certain nombre de cas, il y a eu des
fuites de
fonds, et ce, au mépris des règles et des principes de contrôle
des
devises", a affirmé Murerwa. "Ces cas font actuellement l'objet
d'une
investigation par la police".
"A part les fuites, les bureaux gardent des montants substantiels
de
devises qui ne sont pas par conséquent disponibles pour les
transactions
interbancaires", a signalé Murerwa.
L'attribution des autorisations aux bureaux a été immédiatement
suspendue
jusqu'à nouvel ordre, et le capital minimal nécessaire pour ouvrir
un bureau
sera augmenté de 10.000 dollars US à 100.000 dollars US, à partir
du 31
octobre.
"Toutes ces mesures devraient entraîner la stabilité du marché
des
devises", a expliqué Murerwa.
Murerwa a révélé que l'vention militaire en République
démocratique du
Congo (RDC) n'est pas responsable de la chute de la valeur du
dollar, bien
qu'il ait admis mardi dernier que l'aventure militaire au Congo
pourrait
créer un déficit budgétaire de 9,2 pour cent du produit intérieur
brut (PIB)
contre le taux de 7,6 pour cent qui était précédemment prévu.
Le Fonds monétaire international (FMI) a dit qu'il examinera les
implications de l'intervention en RDC où le gouvernement serait
entrain de
dépenser un million de dollars américains par jour. Cependant,
Murerwa
espère que le FMI débloquera les 53 millions de dollars tant
attendus
lorsqu'il se rendra à Washington en octobre.
Les augmentations des prix des denrées alimentaires sont
susceptibles
d'enrager le Congrès zimbabwéen des syndicats (ZCTU), qui a
condamné la
récente augmentation de 40 pour cent sur les prix des denrées
essentielles.
Dans une déclaration, Isidore Zindoga, secrétaire général
intérimaire du
ZCTU, a déclaré que la décision unilatérale du gouvernement
d'augmenter les
prix est une brèche aux négociations tripartites.
Le ZCTU, le gouvernement et le ministère de l'Industrie, ont
convenu lors
d'une récente réunion de concevoir une stratégie à long terme pour
contrôler
la violation des prix.

