LUSAK, 7 sept. (IPS) – Les femmes zambiennes, surtout les
habitantes de la
capitale (Lusaka), sont si pauvres qu'il faudra plus de 10 ans
d'un travail
concerté de développement entre le gouvernement et la société
civile pour
leur permettre d'être au même niveau que les hommes, a indiqué un
nouveau
rapport.
Le rapport intitulé 'l'allégement de la pauvreté urbaine et la
gouvernance
dans la ville de Lusaka', a été réalisé par le conseil municipal.
Il
présente le manque d'instruction des femmes comme étant l'une des
principales raisons de leur pauvreté.
Rien qu'à Lusaka, l'enquête révèle que 18 pour cent des jeunes
âgés de 10 à
19 ans ne peuvent ni lire ni écrire et 80 pour cent d'entre eux
sont des
filles.
Les femmes n'ont pas par conséquent les compétences fondamentales
nécessaires pour travailler, et elles sont souvent amenées à
exercer des
métiers où il y a peu ou pas de gain.
Cependant, les femmes zambiennes qui travaillent, sont dans les
domaines où
les salaires sont les plus bas. "Les femmes les plus mal payées
du secteur
formel sont les dactylographes, les infirmières, les agents
auxiliaires et
d'appui", souligne l'enquête.
Soixante quinze pour cent des employés de la fonction publique de
cette
nation de l'Afrique australe, sont aussi des femmes gagnant entre
40 et 50
dollars par mois.
Contre un homme pauvre à Lusaka, il y a 12 femmes pauvres, et 12
pour cent
des ménages urbains sont dirigés par des femmes, précise
l'enquête.
"La pauvreté des femmes n'est pas une nouvelle chose pour nous",
déclare
Annie Mwewa, une guichetière employée dans le centre commercial du
district
de Lusaka. Pendant longtemps, ajoute-t-elle, les femmes ont appris
à
dépendre des hommes et il faut que cela cesse".
"Il faut que les quelques femmes éclairées dotent les femmes les
moins
privilégiées des connaissances et des compétences nécessaires pour
leur
permettre de s'affranchir sur le plan économique", poursuit
Mwewa.
Au cours de ces dernières années, le gouvernement zambien a
instauré un
certain nombre de politiques pour améliorer l'éducation des
femmes. Par
exemple, le programme pour le progrès de l'éducation des femmes
(PAGE) a
pour objectif d'assurer que le nombre de filles correspond à celui
des
garçons dans les écoles primaires et secondaires.
Une autre mesure stipule que 65 pour cent des élèves devant
bénéficier des
subventions du gouvernement pour faire les études supérieures,
doivent être
des filles, tandis que les 35 pour cent des subventions restantes
doivent
être également sollicités par les jeunes femmes et les jeunes
hommes.
Cependant, l'enquête fait également remarquer qu'une grande partie
du
travail reposera sur les épaules des ONG et des autres groupes de
développement, puisque le gouvernement central est criblé de
problèmes.
"La dépendance vis-à-vis des fonds du gouvernement central donne
lieu à une
interférence politique . . . dans les opérations et les plans",
signale le
rapport. "Il y a aussi un grand nombre de professionnels qui sont
frustrés
parce qu'ils sont sous-payés".

