RELIGION-ANGOLA: Les Eglises Exigent La paix En Angola.

LUAND, 15 juill. (IPS) – Quelques 30.000 angolais venus d'horizons
divers
ont récemment envahi le stade national de Luanda pour prier pour
la paix et
la réconciliation dans un pays qui semble être une fois encore
menacée par
la guerre.

Organisé samedi dernier par le Conseil des Eglises Chrétiennes de
l'Angola
(CICA), l'association des évangélistes de l'Angola (AEA) et
l'église
catholique, les chefs religieux ont exhorté le gouvernement et
l'union
nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA), à mettre
de côté
leurs différends et à renouer avec le processus de paix.
Augusto Chipesse, secrétaire général du CICA, a fait appel au
Président José
Eduardo Dos Santos et au chef de l'UNITA Jonas Savimbi pour
qu'ils se
"rencontrent le plutôt possible". Les deux camps, ajoute-t-il,
doivent
restaurer la tolérance "dans le conflit, pour que le pays ne
retombe pas de
nouveau dans la guerre".
Malgré quelques progrès faits en direction de la paix par la
commission
mixte, une équipe qui a été mise sur pieds pour suivre le
processus de
paix, le protocole de Lusaka de 1994 – un plan de paix pour
l'Angola- n'est
pas totalement appliqué, a déclaré Chipesse.
Les tête-à-tête entre l'UNITA et le gouvernement avaient débuté le
16
novembre 1993 à Lusaka. Mais ce n'est que le 9 août 1994 qu'un
protocole
d'accord de 11 points, favorisant les discussions vers une
véritable
réconciliation, avait été signé.
En mars 1996, les discussions entre dos Santos et Savimbi, tenues
à
Libreville, au Gabon, se sont soldées par la création d'un
gouvernement
d'union nationale conformément aux dispositions de l'accord de
Lusaka.
Les représentants du gouvernement de l'unité nationale et
plusieurs
diplomates français étaient parmi les milliers de personnes qui
ont pris
d'assaut le stade pour écouter les chefs religieux.
Les églises de l'Angola et les organisations religieuses sont
parmi les plus
importants groupes de défense de la société civile qui mènent
diverses
formes d'actions pour la paix et la réconciliation nationale.
Récemment, une délégation des évêques de l'Afrique australe venus
de
diverses églises se sont entretenus avec le gouvernement et le
chef de
l'UNITA pour les convier au dialogue.
Au cours de ces derniers mois, les hostilités ont de nouveaux
éclaté. Le 10
juillet dernier, les troupes du gouvernement angolais et les
rebelles de
l'UNITA se sont affrontées pour le contrôle de la petite ville de
Kikulungu, dans la province de Kwanza-Norte, qui était occupée par
le
gouvernement.
Au moins 20.000 villageois ont fui leurs maisons pour échapper aux
troubles,
qui ont suivi les attaques des autres districts dans le Nord et le
Centre de
l'Angola par les forces de l'UNITA.
Le processus de paix a ralenti en juin à cause de la mort de
l'envoyé
spécial des Nations Unies en Angola, Alioune Blondin Beye, disparu
dans un
accident d'avion en Côte d'Ivoire.
L'avion qui transportait Beye, quatre membres de la mission et
deux pilotes,
s'est écrasé le 26 juin lors d'une tournée visant à convaincre
l'UNITA à
adhérer à l'accord de Lusaka.