DROITS-ZIMBABWE: La liberté d'expression dans l'étau du gouvernement.

HARAR, 12 juin (IPS) – Le contrôle strict qu'exerce le
gouvernement
zimbabwéen sur une grande partie de la presse écrite et le
"monopole total
de l'Etat" sur la radiodiffusion et la télévision, ont limité la
liberté
d'expression dans cette nation de l'Afrique australe, rapporte un
observatoire international de la presse.

Selon l'article 19 du rapport intitulé 'Zimbabwe – Media Monopoly
and
Popular Protest' (le monopole de la presse zimbabwéenne et la
protestation
populaire), rendu public mardi dernier par le centre international
de lutte
contre la censure, le monopole virtuel du gouvernement sur les
mass media
lui a permis de censurer les informations, notamment celles qui
sont
relatives à la montée de l'opposition populaire contre le parti au
pouvoir,
l'union nationale africaine du Zimbabwe- front patriotique (ZANU-
PF).
Le rapport indique que cette situation est devenue complexe à
cause de la
petite taille de la "vibrante" presse privée "menacée par les
contraintes
juridiques et économiques".
Malgré les promesses de libéralisation des ondes, l'unique radio
nationale,
la Zimbabwe Broadcasting Corporation (ZBC) est juridiquement
contrôlée par
le gouvernement. En outre, le gouvernement est le principal
actionnaire du
fonds des mass media qui contrôle Zimpapers, le plus grand empire
des
journaux du pays.
Welshman Ncube, professeur assistant de droit constitutionnel à
l'université du Zimbabwe, déclare que le rapport du groupe de
presse de
Londres n'apprend rien de nouveau aux Zimbabwéens. "Il y a
longtemps que
nous savons cela", dit-il.
"La façon dont la ZBC/TV et 'The Herald' (le principal quotidien
de
Zimpapers) relatent les événements du pays a très peu de rapport
avec
l'intérêt du pays, mais cela concerne plus l'intérêt du
gouvernement",
déclare Ncube.
"Les restrictions imposées aux médias sont clairement loin de ce
qui est
autorisé dans une société démocratique", affirme l'avocat
zimbabwéen.
L'embauche et le licenciement des rédacteurs ainsi que les
directives
données aux salles de rédactions" dans les médias publics, sont,
selon le
rapport, l'une des façons dont les autorités suppriment la liberté
d'expression.
"Il est clair que le gouvernement essaie de serrer les vis de la
propagation des informations", estime Trevor Ncube, rédacteur de
l'hebdomadaire financier privé 'The Independent'.
Il fait allusion aux récentes affectations des fonctionnaires du
ministère
de l'Information, des postes et des télécommunications à des
postes clé dans
les maisons de presse. Bornwell Chakaodza, ancien directeur de
l'information
du ministère, est le nouveau rédacteur en chef de 'The Herald'.
Par
ailleurs, un autre cadre du ministère de l'Information, Munyaradzi
Matanyaire, a été affecté au poste de directeur de la ZBC.
Cependant, le président du conseil de gestion de la ZBC et
directeur du
département des communications de masse du collège polytechnique
d'Harare,
Tafataona Mahoso, démontre que le rapport relatif à l'article 19 a
peut-être
insisté uniquement sur les nouvelles et les informations publiées
en
anglais, la langue officielle.
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