HARAR, 14 avril (IPS) – Les Etats africains ne veulent plus etre
comme
de
simples invites a un diner et, contraints pour cela, de suivre un
programme
preetablit, ont declare les ministres africains du commerce.
Il est grand temps, ont-ils affirme au cours de la premiere
conference
des
ministres du commerce et des experts des pays membre de
l'Organisation
de
l'Unite Africaine (OUA) et de la Communaute Economique Africaine,
qu'ils
jouent un role actif dans l'etablissement du programme des
negociations
commerciales et l'adoption de leurs resultats.
La conference qui s'est tenue du 6 au 9 avril dernier a eu pour
objectif de
finaliser les preparatifs de l'Afrique a la deuxieme conference
ministerielle de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui se
tiendra a
Geneve du 18 au 20 mai.
L'objectif est d'eviter d'etre pris au depourvu comme c'etait le
cas a
la
premiere conference ministerielle de l'OMC, tenue a Singapour en
decembre.
Pendant que les principales nations industrialisees se rendaient a
la
conference de decembre pour defendre clairement les interets
etablis,
les
propositions des pays africains venaient en reactions a celles
formulees par
leurs partenaires des pays developpes.
Les observateurs estiment que ceci est, du moins en partie, due au
fait
que
l'Afrique n'avait pas clairement defini son plan de developpement
et
les
dispositions qu'elle entendait prendre pour l'executer, y compris
dans
le
secteur du commerce.
Puisqu'ils n'avaient pas pu adopter un programme constructif, les
pays
africains se sont retrouves entrain de rechercher des exemptions
des
obligations commerciales au lieu d'essayer de minimiser l'aspect
negatif de
ces obligations, qui les empechent d'utiliser l'appareil politique
pour
atteindre les objectifs de developpement.
D'autres part, certains pays industrialises ont activement tente
d'introduire de nouvelles questions dans le programme de l'OMC,
entre
autre
la relation entre le commerce et l'investissement, les questions
sociales et
les conditions environnementales.
Cette situation complique les problemes des Etats africains qui
essaient
deja, avec des ressources limitees, de repondre aux engagements
issus
des
accords de l'OMC qu'ils ont signes.
Les ministres africains du commerce estiment qu'avant
l'introduction
d'une
nouvelle question, une consideration particuliere doit etre
accordee a
leurs
nations affaiblies sur le plan institutionnel et qui manquent
d'aptitudes
techniques en matiere de negociations commerciales.
Les ministres ont exprime leurs inquietudes de ne pas etre
bombardes de
nouvelles idees par les pays developpes.
"Toute nouvar les pays developpes.
"Toute nouvelle negociation est prematuree etant donne que le
programme de
l'OMC est tres charge", ont convenu les ministres au terme de
leur
conference."Les pays africains doivent identifier leurs interets
et
preoccupations par rapport au respect d'eventuelles nouvelles
questions
sur
le commerce international".
Les Organisations de la societe civile presentes a la conference
des
ministres ont egalement estime que l'Afrique devrait s'opposer a
l'introduction de nouvelles questions dans le programme de l'OMC.
Elles ont egalement souligne que les pays africains doivent
insister
sur un
changement dans la presente orientation de l'OMC, qui est utilisee
comme un
instrument de relance des interets economiques de certains pays et
leurs
compagnies.
"Nous sommes d'avis que les nouvelles questions qui ont ete
ajoutees a
la
conference ministerielle de Singapour presenteront avant la
reunion de
mai
un autre effet de leviers visant a accroitre nos economies dans
l'interet
des economies du Nord ", a declare le reseau africain du commerce
(ATN),
compose d'ONG, de syndicalistes, de juridictions et d'institutions
de
recherches.
La conference ministerielle de mai examinera deux principales
questions a
savoir la mise en ?uvre du programme de l'OMC et ses activites
futures.
La
priorite des pays en developpement est d'etudier le programme de
travail en
vue d'evoquer quelques-unes de leurs preoccupations dans les
domaines
concernes.
Les ministres ont convenu que, pour accroitre la participation
effective des
pays africains dans le systeme du commerce multilateral, un cadre
politique
au commerciale nationale doit etre defini comme partie integrante
des
objectifs du developpement national.
Les autres recommandations portent sur la necessite de developper
de
veritables points focaux autour de l'OMC et les questions de
politique
commerciale dans les capitales africaines, d'accroitre la
competitivite
des
pays africains, et renforcer les missions africaines a Geneve, a
la
fois
qualitativement et quantitativement. Plus de 20 pays africains ne
sont
pas
representes a Geneve et ceux qui y sont ont peu de gens et meme de
rares
experts qualifies dans les differents secteurs du commerce.
Les pays africains, ont-ils recommande, doivent s'assurer que les
regles du
commerce multilateral soutiennent leurs efforts de renforcer leur
capacite
d'exportation, leur technologie et leur potentielle en ressources
humaines,
et d'exploiter leurs ressources nationales.
Les ministres du commerce de l'Algerie, de l'Angola, du Botswana,
du
Burundi, du Cameroun, du Tchad, du Congo, du Djibouti, de
l'Egypte, de
l'Erythree, de l'Ethiopie, du Ghana, du Mozambique, de la Namibie,
du
Nigeria, de l'Afrique du sud, du Soudan, du Swaziland, de la
Tanzanie,
de la
Tunisie, de l'Ouganda, de la Zambie et du Zimbabwe ont pris part a
cette
conference.

