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Q&R: ''Si le Forum social mondial n'existait pas, il aurait fallu le créer…''

21 January 2008 Leave a Comment

BAMAKO, 21 jan (IPS) – Aminata Dramane Traoré, un des leaders du mouvement altermondialiste au Mali et en Afrique, estime que le Forum social mondial (FSM) est un mouvement associatif nécessaire pour la lutte commune des peuples opprimés contre un "ordre économique mondial violent" qui bafoue souvent les droits fondamentaux de ces peuples.

A quelques jours du Forum économique de Davos, en Suisse, Traoré, qui est écrivain et ancien ministre malien de la Culture, a accordé une interview au correspondant de IPS au Mali, Almahady Cissé, pour se prononcer sur les relations économiques internationales et sur l'avenir du Forum social mondial. Selon elle, il reste beaucoup à faire pour le FSM, par rapport notamment à la clarification de la relation qui existe "entre la nature destructrice du néolibéralisme et les conflits armés". IPS: Même s'il n'y a pas de Forum social mondial cette année, diverses manifestations relatives au FSM sont en train d'être programmées pour coïncider avec le Forum économique mondial à Davos. Des activités sont-elles prévues pour le Mali?

Aminata Dramane Traoré (ADT): Le Forum ouest-africain constitue le lieu des manifestations qui concernent l'ensemble des pays de la sous-région dont le Mali. Il devra avoir lieu à Lomé (Togo). Par ailleurs, différents acteurs du mouvement social africain participeront de par le monde à d'autres manifestations qui leur permettront de restituer les conclusions des initiatives mises en œuvre le long de l'année 2007. C'est ainsi que je serai le 26 janvier à Genève où, en étroite collaboration avec d'autres associations dont le “jardin de Cocagne”, je présenterai les conclusions du Forum que nous venons d'organiser sur l'émigration africaine vers l'Europe ainsi que les enjeux des Accords de partenariat économique (APE) qui constituent, en ce moment, la pomme de discorde entre l'Europe et l'Afrique, et les dynamiques citoyennes en cours. IPS: Quand le forum reprendra l'année prochaine, le processus du FSM aura été en cours depuis presque une décennie. Dans quelle mesure le forum a-t-il connu de succès pendant cette période — et où a-t-il échoué?

ADT : Le Forum social mondial a été et demeure une occasion privilégiée et sans précédent de mobilisation de la société civile, à l'échelle de la planète. S'il n'existait pas, il aurait fallu le créer pour tenir tête à un ordre économique mondial violent et souvent indifférent aux droits économiques, politiques, sociaux et culturels des peuples. Le FSM est d'autant plus nécessaire que la démocratie a considérablement perdu de son sens, en tant que pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Le diktat des multinationales est sans ambages. Leurs intérêts déterminent les politiques des pays riches qui, à leur tour, influencent à coup de conditionnalités celles des pays endettés et dépendants du Sud. Les démocraties locales, comme l'attestent les nombreuses guerres liées aux élections locales, sont purement formelles, sans lien véritable avec les enjeux macroéconomiques et les intérêts géostratégiques. Tout se passe comme si nous sommes tous condamnés à endosser la camisole de force du 'TINA' (There Is No Alternative) de Margaret Thatcher et de Bush père et que les peuples d'Afrique, par exemple, ont seulement le choix de porter au pouvoir tel ou tel candidat sans jamais avoir la latitude de choisir des réformes conformes à leurs aspirations et intérêts. Il se trouve que dans ce contexte, les opposants aux partis majoritaires évitent souvent le débat sur l'économie de marché et ses ravages, et privilégient la fuite en avant dans la lutte pour la légitimité des élections. Ils garantissent rarement à la population des changements d'orientations économiques qui permettront à celle-ci de devenir le maître de son destin.

Dans cette situation dramatique, les questions soulevées par le FSM ont largement contribué à éveiller les consciences des populations mais aussi de certains dirigeants politiques qui commencent à admettre que nos débats ont trait à l'essentiel. C'est ainsi que, à la faveur du débat sur les APE, une alliance s'est tissée entre certains dirigeants, plus particulièrement le président Abdoulaye Wade (du Sénégal), et des membres de la société civile critique, qui ont trouvé un écho à leur revendication, dans les prises de positions officielles contre les APE. La classe politique africaine admet également que, par rapport au fardeau de la dette extérieure ou les subventions agricoles des pays riches, les marges de manœuvre qu'elle a obtenues, même si elles sont maigres, sont en partie des fruits de la levée de bouclier de la société civile critique contre la mondialisation. En d'autres termes, le FSM n'a nullement échoué. Nous marquons seulement une pause pour évaluer le chemin parcouru et consolider nos assises.

IPS: Il y a eu des critiques selon lesquelles la rencontre a été dominée par les organisations non gouvernementales (ONG) plus grandes, parce que ces organisations ont le financement et la capacité organisationnelle à donner… Pensez-vous qu'on ait assez fait pour assurer la diversité au FSM?

ADT : Il est clair que le financement du mouvement qui mobilise un nombre considérable d'acteurs est crucial. Les régions du Sud qui sont heurtées de plein fouet par les conséquences néfastes de la mondialisation n'ont ni les moyens ni la volonté politique de soutenir des citoyens éclairés, qu'ils assimilent à des opposants politiques. Par ailleurs, la mobilisation revient plus chère dans une région comme l'Afrique qui est très vaste, avec des difficultés considérables de transport alors que les moyens dont nous disposons sont infimes et, parfois, introuvables. Le Forum européen, par exemple, peut se réunir plus facilement du fait de la densité, de la diversité et de la rapidité des moyens de transport. Ses membres ont également plus de facilité à obtenir des fonds auprès d'organisations qui accordent de l'importance à la pensée critique et à nos rassemblements. Les militants du Sud qui dépendent de ces des organisations du Nord, peuvent effectivement souffrir de leur interférence.

IPS: Croyez-vous que le forum demeure un cadre approprié pour discuter des questions qui sont soulevées habituellement au FSM, telles que les problèmes liés à la mondialisation?

ADT : Non seulement, je crois que le forum est le cadre le plus approprié pour discuter des questions relatives à la mondialisation, mais je ne vois pas un autre lieu ni un autre processus où le débat critique contre ce système ait eu lieu en dehors du FSM avec le même impact. IPS: Comment le forum peut-il se développer pour aborder les nouveaux défis auxquels est confrontée la société civile? Quels sont ses défis les plus pressants, en ce qui concerne l'Afrique?

ADT : Le fait de n'avoir pas organisé cette année le FSM, ne veut nullement dire qu'il y a du recul dans la mobilisation et l'engagement de ce mouvement dans nos pays et dans nos régions respectifs contre le modèle économique dominant. Nous restons attentifs aux évolutions qui sont en cours, d'autant plus qu'aucun des défis qui interpellent de plus en plus l'humanité, n'ont échappé à la vigilance et à la perspicacité des acteurs du mouvement social. Il en est ainsi du réchauffement climatique, par exemple. Dès le départ, l'environnement était inscrit dans le programme du FSM. Quand nous débattons d'alternatives dans le domaine de l'agriculture, de l'eau potable, des sources d'énergies et des OGM (organismes génétiquement modifiés), nous sommes plutôt des précurseurs dans la critique de l'impact de la mondialisation marchande sur les écosystèmes. Il en est de même de la plupart des conflits qui endeuillent le monde aujourd'hui. Nous les avons appréhendés et estimé qu'aussi longtemps que nous ne trouverons pas des réponses justes et crédibles aux maux de l'humanité, en l'occurrence les opprimés, nous nous acheminons vers des guerres internes et inter-Etats sans fin. Le contrôle des sources de matières premières et d'énergie par les multinationales, qui a un lien avec la plupart des conflits, est l'un des thèmes majeurs du mouvement social africain.

Nous réfléchissons, en ce moment, sur les modalités de l'ancrage du mouvement et de sa prise en charge à la base par le maximum de citoyens d'Afrique, d'Asie, d'Europe et du monde ainsi que sur des formes originales de mobilisation des ressources financières.

IPS: Demanderiez-vous que le FSM retourne à l'Afrique l'année prochaine?

ADT : La vulnérabilité de notre continent face aux méfaits de la globalisation fait qu'un autre forum n'y serait pas de trop.

IPS: En supposant que le forum se tienne sur un autre continent, quelles méthodes novatrices les ONG africaines peuvent-elles utiliser pour assurer leur représentation au prochain FSM?

ADT : Le Forum social africain est en train d'examiner les modalités de la génération de revenus, qui puissent donner davantage d'autonomie aux mouvements sociaux. IPS: Quelles stratégies de collecte de fonds peuvent-elles mettre en œuvre et qui n'ont peut-être pas été utilisées avant?

ADT : Nous pensons plus particulièrement aux réseaux et aux processus qui découlent en partie du mouvement lui-même, c'est-à-dire le commerce équitable, la mobilisation des artistes, des intellectuels et autres réponses novatrices que nous sommes en train de maîtriser.

IPS: Pensez-vous que le FSM ait un rôle à jouer dans les situations telles que celles qui se déroulent actuellement au Kenya, sur les résultats contestés de l'élection présidentielle du mois dernier?

ADT : La situation au Kenya, de mon point de vue, met à nu le caractère mensonger du discours dominant sur ce que devrait être le développement de l'Afrique. Comment ne pas s'étonner qu'un pays présenté et loué par la communauté internationale comme un modèle au plan économique et politique, explose à ce point à la faveur d'un processus électoral contesté? Les médias dominants, qui privilégient la dimension ethnique de ce conflit, se trompent délibérément d'enjeu. Car la paupérisation des Kenyans, pendant que leurs dirigeants engrangeaient les satisfecits de la communauté internationale, révèle que là où le modèle dominant triomphe, les peuples triment. De mon point de vue, aucun pays africain n'est à l'abri de ce type d'explosion, aussi longtemps que les “donateurs” et les Etats élèves s'auto-glorifieront face à des avancées qui enrichissent les pays riches et leurs relais locaux. Les véritables oppositions à cette situation devraient nommer les ravages de l'économie de marché et défier leurs concurrents sur cette base.

IPS: Quelles mesures pratiques peut prendre le FSM — ses organisateurs, ou des groupes qui font partie du processus FSM — dans une telle situation?

ADT : Il reste beaucoup à faire au niveau du Forum Social, en termes de mise en lumière de la relation entre la nature destructrice du néolibéralisme et les conflits armés. Si nous avions atteint nos objectifs sur ce plan, le Kenya, où le FSM s'est réuni en janvier 2007, aurait fait l'économie du bain de sang auquel nous venons d'assister.

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