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FORUM SOCIAL MONDIAL-NIGER: Les squatters des espaces publics en sursis

10 January 2007 Leave a Comment

NIAMEY, 10 jan (IPS) – Quatre mois après la démolition de leurs habitations, les victimes de l'opération de déguerpissement au quartier appelé “Pays-Bas” à Niamey, la capitale du Niger, attendent toujours le nouveau site aménagé promis par les autorités communales pour leur réinstallation, constate IPS sur place.

Selon Alpha Seydou, un habitant de ce quartier situé au sud-est de Niamey, son nom "Pays-Bas" viendrait des "bas-fonds" où sont habituellement construites des habitations informelles. “Je vis actuellement sous le toit d'une voisine dont l'habitation a été, par un coup de chance, épargnée, avec mes enfants dans une promiscuité indescriptible. Je crains de reconstruire ma maison et qu'ils reviennent la détruire”, a déclaré à IPS, Binta Tchindo, une femme divorcée de 38 ans, mère de cinq enfants.

Peuplé de plus de 5.000 habitants, le quartier “Pays-Bas” est construit anarchiquement sur un terrain accidenté sur la route menant à l'aéroport de Niamey, et habité par des populations déshéritées. Prétextant de l'emplacement du quartier sur l'axe de décollage et d'atterrissage des avions, les autorités communales ont décidé de chasser ses habitants et ont mis leur menace à exécution en démolissant, manu-militari, quelques habitations en septembre 2006, avant de surseoir à l'opération, le temps de leur trouver un nouveau site.

Cette opération s'est soldée par de violents affrontements entre les habitants et les forces de l'ordre à la suite desquels environ une vingtaine de jeunes du quartier ont été interpellés et emprisonnés.

“Parmi les prévenus, il ne reste plus que deux encore en détention; les autres ont bénéficié d'une liberté provisoire”, indique Seydou à IPS, revendiquant leur droit à un logement. “Si nous nous sommes installés sur ce site d'où on veut nous chasser aujourd'hui, c'est parce que nous sommes pauvres. Et à ce que je sache, la capitale n'appartient pas aux seuls nantis, nous y avons droit aussi”. Mais, les autorités communales expliquent différemment leur décision de déguerpir les habitants du quartier informel. “Il faut prévenir les catastrophes, c'est pour cette raison que les habitants de Pays-Bas doivent quitter cette zone dangereuse qu'ils occupent d'ailleurs illégalement, comme ceux qui vivent à Golf, dans la Ceinture verte et au niveau des Cases allemandes”, explique à IPS, Soumaïla Yahaya, un conseiller communal de Niamey.

“Nous ne pouvons pas continuer de tolérer cette anarchie consistant à venir s'installer sans autorisation sur des espaces vides appartenant aux collectivités si nous voulons faire de Niamey une capitale moderne”, ajoute Yahaya.

A “Golf” comme à la “Ceinture verte” — deux autres habitations informelles à l'est de Niamey — où vivent plusieurs centaines de famille, les infrastructures sociales font cruellement défaut. Les habitants, qui vivent dans la promiscuité avec souvent des animaux, font leurs besoins dans la nature, derrière les maisons, faute de latrines.

“Cette situation les expose à certaines maladies comme le choléra, surtout quand on sait que l'hygiène, notamment des enfants, ne préoccupe pas tellement dans ces milieux-là”, souligne à IPS, Dr Illiassou Maïna, un médecin basé à Niamey. Le Forum social du Niger se préoccupe du sort de ces milliers de personnes déshéritées installées illégalement dans ces bidonvilles de Niamey depuis des décennies, et qui sont déguerpies ou menacées d'expulsion, souvent sans aucune proposition de site de réinstallation. Hamadou Boulama Tcherno, d'Alternative Espace Citoyens, une association non gouvernementale basée à Niamey, qui dirige le Forum social nigérien dont la deuxième édition s'est tenue dans la capitale en novembre dernier, estime que l'apparition de ces bidonvilles dans la ville n'est que la conséquence “des politiques néolibérales dévastatrices mises en œuvre pendant des décennies au Niger”. “Si les campagnes se vident de plus en plus de leurs bras valides au profit des centres urbains, c'est à cause tout simplement de la pauvreté engendrée par les politiques néolibérales, laquelle pauvreté est aujourd'hui beaucoup plus accentuée dans les zones rurales qu'en ville”, soutient Tcherno.

Le forum social nigérien préparait le 7ème Forum social mondial (FSM) prévu du 20 au 25 janvier à Nairobi, au Kenya. Le FSM est un lieu de rencontres publiques pour des groupes et organisations de la société civile opposés au néolibéralisme et à la domination du monde par des capitaux. Ils défendent l'édification d'une société planétaire plus humaine et plus solidaire. Selon Tcherno, les habitants de "Pays-Bas", de Golf comme de la Ceinture verte et du hameau à côté des Cases allemandes sont, dans leur écrasante majorité, des personnes qui ont quitté le village à cause de la famine ou de la pauvreté, dans l'espoir de trouver une vie meilleure à Niamey. D'après une enquête réalisée en 2005 par l'Institut national de la statistique, l'incidence de la pauvreté au niveau national au Niger est de 62,1 pour cent en milieu urbain contre 65,7 pour cent en milieu rural. “Ne pouvant pas accéder à une maison en ville en raison du coût du loyer, la stratégie qu'elles (les populations) ont trouvée, pour contourner la difficulté, a consisté à créer ces quartiers pour mener leur existence, en s'adonnant à de petits métiers de subsistance”, justifie Tcherno, estimant que ces populations déshéritées ne dérangent personne.

“Au début, nous avions des cases au quartier Sabongari, d'autres parmi nous étaient au quartier Bandabari vers Soneizé; les autorités municipales d'antan nous ont amenés dans la brousse”, se plaint à IPS, Zoubeirou Adamou, un habitant de Golf. “Aujourd'hui, comme l'endroit (Golf) est devenu un quartier bon à vivre, ils veulent nous chasser encore, raser les arbres et vendre les parcelles aux Nigériens plus aisés. Pour plus de 200 familles, ils ne nous proposent que 30 parcelles”.

Mais malgré le tollé de protestation, le président du Conseil de la communauté urbaine de Niamey, Boubacar Ganda, insiste : “Ces quartiers sont des nids de brigands qui perturbent le sommeil des paisibles populations de la capitale. Les habitants qui y vivent n'ont demandé l'autorisation à personne avant de s'installer, par conséquent ils vont être déguerpis”, a-t-il tranché, après la démolition des maisons au quartier “Pays-Bas”, en septembre.

Pour Tcherno, la solution au problème de ces populations déshéritées passe par la construction de logements sociaux que l'Etat pourrait leur mettre en location à moindre coût.

“Nous sommes dans une économie libérale, il est donc illusoire de croire que l'Etat peut satisfaire cette requête”, rétorque un responsable au ministère nigérien de l'Urbanisme, de l'Habitat et du Cadastre, à Niamey, qui a requis l'anonymat. “Nous menons des démarches depuis 2005, en partenariat avec des sociétés immobilières, pour le lancement d'un programme de construction de 2.000 logements sociaux par an à Niamey et à l'intérieur du pays, mais il est destiné aux fonctionnaires qui peuvent cotiser”.

En guise d'illustration, ce responsable ajoute : “Une construction simple (un salon et deux chambres) en matériau définitif revient à sept millions de francs CFA (environ 14.000 dollars)”. “Si cette maison est attribuée à un fonctionnaire dont le salaire mensuel est de 100.000 FCFA (environ 200 dollars), comme on ne peut retenir que le tiers de ce montant, l'agent mettra 212 mois ou environ 18 années pour rembourser les sept millions de FCFA initiaux”, souligne-t-il.

Afrique, Développement, Droits Humains, FORUM SOCIAL MONDIAL, Headlines, Population, Refugies, West Africa

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