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FORUM SOCIAL MONDIAL-COTE D'IVOIRE: "Se défaire de la chaîne du surendettement"

11 January 2007 Leave a Comment

ABIDJAN, 11 jan (IPS) – La Côte d'Ivoire est sur-endettée, et cela constitue aujourd'hui un frein au développement du pays, affirme le Forum national sur la dette et la pauvreté (FNDP) qui s'est réuni la semaine dernière à Abidjan pour préparer le Forum social mondial (FSM) prévu à Nairobi au Kenya, du 20 au 25 janvier.

“Depuis notre indépendance, nous avons eu une trop grande dépendance vis-à-vis des Etats occidentaux”, déclare à IPS, Maurice Faé, économiste au ministère ivoirien délégué à l'Economie et aux Finances. Selon lui, “La Côte d'Ivoire s'est engagée hâtivement à l'endettement, sans en mesurer les conséquences, avec des bailleurs de fonds comme le Club de Paris, le Club de Londres, le FMI (Fonds monétaire international) ou la Banque mondiale qui assujettissent”.

Selon les chiffres de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest, la dette extérieure de la Côte d'Ivoire se chiffrait, en avril 2005, à 11,5 milliards de dollars.

Le FNDP rappelle que déjà en 2003, ce pays d'Afrique de l'ouest avait une dette extérieure estimée à 9,6 milliards de dollars.

“En 1970, nous avions 256 millions de dollars de dette. Le remboursement était à notre portée et nous ne l'avons pas fait. En 1980, en raison de la hausse du taux d'intérêt, cette dette a été multipliée par vingt avec des rééchelonnements à n'en point finir”, explique Faé à IPS.

“Aujourd'hui, nous sommes pris dans une chaîne qui nous empoisonne et de laquelle il faut se défaire”, renchérit Alphonse Bobi, président du FNDP. “A cause du surendettement de l'Etat, les hôpitaux sont devenus des mouroirs, les écoles, des dépotoirs, et les infrastructures se dégradent tout simplement parce qu'il nous est impossible de réaliser des investissements”.

Bobi avertit : “La Côte d'Ivoire n'est pas un pays trop pauvre, mais si nous n'y prenons garde, dans vingt ans, elle deviendra l'un des pays les plus pauvres de la planète”.

Afin d'attirer l'attention des Ivoiriens sur les conséquences néfastes du surendettement du pays, le FNDP a conçu un film documentaire de plus d'une heure, intitulé “Surendettement et pauvreté : Côte d'Ivoire Yako!” (Côte d'Ivoire, quel malheur!, en Baoulé).

Ce film documentaire expose, d'une part, la vie de misère dans les villages pauvres, où résident les réfugiés économiques de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, avec son corollaire de malnutrition, d'avortement, de difficile accès aux hôpitaux, et les problèmes de scolarisation des enfants. D'autre part, il fait ressortir les aléas de la politique de privatisation des entreprises, qui conduit généralement aux licenciements abusifs et au chômage.

Selon le FNDP, près du tiers de la population abidjanaise, estimée à cinq millions d'habitants, se serait replié vers les villages, notamment après la tentative manquée de coup d'Etat du 19 septembre 2002, transformée en rébellion armée. Depuis cette date, la Côte d'Ivoire est divisée en deux par cette rébellion qui occupe la moitié nord du pays. Les rebelles estiment avoir pris les armes pour lutter contre l'exclusion présumée des populations de cette partie du territoire. “Ce qui est marquant aussi (dans le film), c'est qu'après avoir promis un bel avenir à sa fille brillante à l'école, M. Kouassi, un cadre de société se voit licencié. D'un quartier huppé où il habitait avec sa famille, il se retrouve dans un quartier précaire et ne peut plus assurer la scolarisation de son enfant”, souligne Bientôt Bah, le metteur en scène et réalisateur du film, annoncé pour être projeté au FSM de Nairobi.

Toutefois, en dépit de la crise politico-militaire que traverse le pays depuis plus de quatre ans, le taux de croissance de son produit intérieur brut (PIB) en 2005 était positif de un pour cent, et les prévisions de croissance en 2006 sont de 2,5 pour cent, indique le ministère délégué à l'Economie et aux Finances. Mais, malgré ces chiffres positifs de la croissance, un analyste, qui a requis l'anonymat, révèle à IPS que la Côte d'Ivoire rembourse trois fois plus d'argent aux bailleurs de fonds qu'elle n'investit dans le système scolaire. Selon lui, la dette du pays est répartie de la façon suivante : la dette privée auprès du Club de Londres est de 20 pour cent; la dette bilatérale, 44,8 pour cent; la dette multilatérale auprès du FMI, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, 34,8 pour cent; et auprès des autres créanciers, 0,4 pour cent. L'analyste ajoute “qu'entre 1990 et 2002, pendant que les dépenses consacrées à l'enseignement public représentaient 4,6 pour cent du PlB, 1,5 pour cent pour la santé, 1,3 pour cent pour l'armée, elles s'élevaient à 11,7 pour cent pour le service de la dette”.

“Dans les établissements sanitaires, les hôpitaux subissent les mêmes effets. Le coût élevé des médicaments oblige les populations à recourir à des pratiques traditionnelles souvent dangereuses”, explique Faé. “Que dire de la dégradation du réseau routier depuis la privatisation des services des travaux publics, isolant des zones entières du minimum vital?”, demande-t-il.

“C'est par une prise de conscience collective que nous allons nous en sortir”, déclare Bobi aux Ivoiriens. Pour lui, l'endettement du pays est une évidence. “Maintenant, ce qu'il faut faire, c'est de chercher à distinguer ces dettes”. En fait, estime le président du FNDP, “certaines dettes ont été contractées pour la mise en place de programmes de développement; elles sont légitimes et peuvent être remboursées. Mais celles qui ont servi à acheter des armes ou à enrichir des particuliers sont illégitimes et nous refusons qu'elles soient remboursées”.

Le Forum national sur la dette et la pauvreté indique qu'il dressera, au Forum social mondial de Nairobi, ce “tableau sombre” des conséquences du surendettement sur la population afin d'obtenir un engagement à une lutte commune des pays pauvres contre les actions d'assujettissement des bailleurs de fonds.

“Nous devons parvenir à sortir de l'étau”, affirme, pour sa part, Anne Isabelle Doumbia, présidente de l'organisation non gouvernementale (ONG) Lutte contre la pauvreté, basée à Abidjan. “Les effets du surendettement ne sont véritablement plus à présenter. Ils se vivent et les peuples continuent de souffrir. Plus que des discours et des rencontres, il faut passer aux actes”.

“Pensons à contraindre les gouvernants à ne plus rembourser certaines dettes. Si possible, refuser ces programmes du Programme d'ajustement structurel qui a déjà échoué, et de l'initiative des Pays pauvres très endettés, qui est aussi en voie d'échec”, ajoute Doumbia à IPS.

Afrique, Développement, Droits Humains, Economie, Finances, Le Commerce, FORUM SOCIAL MONDIAL, Headlines, Politique, West Africa

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