MANZINI, Swaziland, 23 juin (IPS) – Nonhlanhla Mabuza, une mère fière, câline son bébé d'une journée au centre de circoncision de l’Hôpital du mémorial de Raleigh Fitkin (RFM).
Un jour après la naissance de son deuxième fils, Thabiso Dlamini, cette mère de 20 ans est non seulement radieuse parce qu'elle vient de mettre au monde avec succès son tout petit bambin – son bout de chou vient d’être circoncis. “Je suis heureuse que mon garçon sera moins exposé aux infections sexuellement transmissibles, pendant qu’il grandira et deviendra sexuellement actif”, a déclaré Mabuza. La circoncision masculine néonatale est un nouveau concept dans ce royaume qui présente la plus forte prévalence du VIH/SIDA au monde. Environ 26 pour cent du groupe en âge de procréer, entre 15 et 49 ans, est infecté par le virus qui cause le SIDA. Elle a dit qu'elle a décidé que le prépuce du pénis de son bébé soit enlevé après avoir participé à des séances de soins prénataux dans l'hôpital. Maintenant, son petit ami veut se faire circoncire en même temps que leur fils de six ans. “Les infirmiers m'ont indiqué que les chances de contracter des infections sexuellement transmissibles sont réduites pour un homme circoncis”, a confié Mabuza. “Même les chances d’être infecté par le VIH sont réduites au minimum si un homme est circoncis”. Mais pour l’instant, ce service n’est pas accessible dans tous les centres de santé publique. Selon Faith Dlamini, directrice de la coordination des programmes au sein du Conseil national d'intervention d'urgence sur le VIH/SIDA, pour fournir des soins de circoncision masculine néonatale sûrs, les dispensateurs de soins devraient être suffisamment formés. “Cela étant, l’introduction du programme a commencé dans certains établissements tels que l'hôpital du RFM”, a déclaré Dlamini. Alors que dans d'autres pays, la circoncision masculine néonatale se fait pour des raisons religieuses et culturelles, Dlamini a dit que la prévention du VIH est le but principal de la fourniture de la circoncision masculine néonatale au Swaziland. “Au Swaziland, nous avons de la chance que nous n'avons pas des gens qui font la circoncision masculine traditionnelle”, a-t-elle souligné.
Jusqu'à présent, la principale cible de la circoncision masculine a été les hommes âgés de 15 ans et plus parce que, selon Dr Fabian Mwanyumba, spécialiste du VIH/SIDA au Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), ce groupe est déjà sexuellement actif et doit être ciblé immédiatement. “Nous avons commencé par circoncire les hommes adultes comme une mesure d'urgence parce qu'ils sont déjà exposés”, a déclaré Mwanyumba. “Maintenant, nous voulons également nous concentrer sur les nouveau-nés en tant que mesure à long terme de la circoncision masculine pour lutter contre le VIH/SIDA”. L'UNICEF a fait don du centre de circoncision masculine au RFM en 2009. Jusqu'à présent, 183 bébés ont été circoncis dans le centre. Les nouveau-nés âgés de 12 heures à huit semaines sont admis pour la circoncision masculine néonatale. Le médecin-chef du RFM, Dr Raymond Bitchong, a dit que la circoncision masculine néonatale est plus commode que la circoncision des hommes adultes parce que le pénis est relativement sous-développé et le prépuce moins vasculaire – ce qui entraîne moins de saignement. Bitchong a indiqué que le processus de guérison dure généralement 48 heures pour les nouveau-nés, contrairement aux adultes qui sont censés éviter tout exercice vigoureux pendant deux semaines. Les adultes devraient également s'abstenir de rapports sexuels pendant six semaines après la procédure afin de permettre au pénis de cicatriser correctement. “La circoncision des nouveau-nés est moins coûteuse que celle des adultes parce pour la (circoncision) néonatale, nous utilisons un appareil qui est rapide et facile à manipuler”, a expliqué Bitchong. “La circoncision des hommes adultes se fait dans la salle d’opération et cela nécessite plus d'espace et de personnel”. Les nouveau-nés âgés de zéro à huit semaines reçoivent une anesthésie locale pour soulager la douleur, a souligné Bitchong. “Mais pour ceux qui ont plus de huit semaines, ils ont de l’énergie et ils se battent pendant la circoncision. Par conséquent, ils doivent aller à la salle d’opération pour une anesthésie générale légère. Cela nécessite un équipement spécialisé et plus de gens pour travailler sur la circoncision”, a-t-il dit. Il a affirmé qu'il était facile de former les infirmiers à faire la circoncision masculine néonatale parce que l’appareil est facile à utiliser, contrairement à la circoncision des hommes adultes. Les futures mères et celles qui reçoivent des soins post-natals sont ciblées pour être sensibilisées sur la circoncision masculine néonatale. Bethusile Lukhele, personne focale de la circoncision masculine, a dit qu’on explique à certaines mères l’idée de faire circoncire leurs bébés garçons lorsqu’elles les emmènent à l'hôpital pour les soins post-natals. “Nous ciblons également les mères qui amènent leurs bébés pour la vaccination de six semaines”, a déclaré Lukhele. Au début, les mères étaient un peu réticentes à l'idée de faire circoncire leurs bébés parce qu'elles n'étaient pas informées des avantages de ce programme. Lorsque le programme a commencé, a affirmé Lukhele, le centre recevait entre 10 et 15 clients par mois. “Mais maintenant, nous recevons en moyenne 25 clients néonatals tous les mois”, a dit Lukhele. Pendant ce temps, l'UNICEF est en train d'étendre le nombre de centres de circoncision masculine néonatale à d'autres hôpitaux et centres de santé publique à travers le pays. Davantage de mères, comme Mabuza, seront en train de sourire à mesure que le programme atteint d'autres centres de santé publique afin que beaucoup d’enfants puissent accéder à la circoncision masculine néonatale.

