DEVELOPPEMENT: Aide urgente recherchée pour des victimes de crises "silencieuses"

NATIONS UNIES, 28 jan (IPS) – Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a déclaré mardi qu’elle devrait augmenter ses fonds de plus d’un milliard de dollars cette année pour satisfaire les besoins fondamentaux des femmes et des enfants dans les zones de catastrophes à travers le monde, dont la plupart sont en Afrique subsaharienne.

“La plupart des pays présentés dans le rapport constituent des urgences silencieuses ou oubliées”, a indiqué Ann M. Veneman, directrice exécutive de l’UNICEF, dans une déclaration. “Des enfants et des enfants meurent chaque jour à cause de la maladie, la pauvreté et la faim, mais malheureusement, leurs décès passent souvent inaperçus”. Le Rapport annuel sur l’action humanitaire, un appel pour un financement afin d’aider des victimes des urgences prolongées, souligne les effets des prix des denrées rapidement grimpants et du changement climatique.

“L’attention ici est sur la réduction du risque”, a confié à IPS, Patrick McCormick, porte-parole de l’UNICEF. “Il existe un nombre de catastrophes naturelles que nous pouvons prévoir chaque année, comme un ouragan à Haïti ou une inondation en Inde, et nous essayons de travailler avec les gouvernements pour réduire les dégâts à l’avance”. Selon le Programme alimentaire mondial, les 50 pour cent de la hausse de l’indice du prix des aliments de 2007 à 2008 ont conduit à une augmentation massive du nombre de personnes qui sont dans un “état de faim préoccupant”, allant de 850 millions à 950 millions de personnes au cours de l’année dernière. L’UNICEF a également cité des prédictions “alarmantes” sur le changement climatique, telles qu’une augmentation continuelle du nombre et de l’impact des catastrophes naturelles comme les inondations, les ouragans et les sécheresses, qui sont prévues pour frapper plus durement l’ensemble du Sud et des communautés pauvres. Par ailleurs, l’UNICEF a cité la croissance démographique, l’urbanisation et les coûts de l’essence comme des facteurs inquiétants. Le rapport vient au milieu d’une crise financière mondiale aggravante qui a vu beaucoup de pays en développement glisser davantage dans la pauvreté, et les pays donateurs ont réduit l’aide aux pays d’outre mer.

En 2009, un appel humanitaire du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) souligne que des études récentes indiquent que dans le passé, une crise financière dans un pays donateur avait eu comme résultat une réduction de l’aide de ce pays l’année suivante. L’appel de l’OCHA indique avec insistance que les pays tels que la Suède et le Danemark ont promis de maintenir leurs budgets d’aide humanitaire malgré la crise économique mondiale, mais on admet que l’année prochaine sera un défi pour les agences humanitaires.

“Nous verrons”, a affirmé McCormick, “l’UNICEF est totalement financée par des volontaires et la crise (financière) n’aidera pas en cela, mais nous espérons que cela ne sera pas un problème”. L’appel de l’UNICEF comprend 36 pays cibles, dont 24 en Afrique. Plus de la moitié de tous les fonds exigés sera orientée vers cinq pays – le Soudan, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe, l’Ouganda et la Somalie. Et dans la plupart des nations listées, les principaux points d’attention sont la santé et la nutrition, l’eau, le système sanitaire et l’hygiène, et l’éducation.

L’UNICEF a reconnu la difficulté de maîtriser ces questions dans des zones instables telles que le Soudan, sa première priorité. Cependant, le rapport exprime la confiance qu’à travers une coopération avec des partenaires locaux, des améliorations peuvent être apportées aux succès de l’année dernière dans ce pays, lorsque l’UNICEF était capable d’apporter de l’aide à environ la moitié de la population affectée. L’UNICEF a aussi mentionné l’urgence d’une campagne de vaccination contre la rougeole et la poliomyélite, qui a pu atteindre 90 pour cent de la population.

En plus de l’aide alimentaire et non-alimentaire continue, l’UNICEF espère renforcer les réalisations de 2008 au Soudan avec des objectifs tels que le maintien de nouveaux systèmes d’eau, l’installation des latrines pour des ménages, la formation des communautés locales pour gérer ces infrastructures, et la promotion de l’hygiène. Environ 500.000 personnes ont été tuées au Soudan et 2,5 millions autres déplacées depuis 2003 dans une situation que l’agence de l’ONU pour les réfugiés a décrit comme “apocalyptique”.

L’autre dépense est “la protection des enfants”, qui comprend un rapport sur les violations des droits des enfants et l’éducation sur le risque des mines terrestres, mais qui vient essentiellement sous la forme d’une assistance psychologique aux enfants grandissant dans des zones déchirées par la guerre. La protection des enfants est une préoccupation proportionnellement élevée dans deux des 10 premiers pays listés dans le rapport – l’Irak et les Territoires palestiniens occupés – où les violences constituent une cause principale courante de décès. Le rapport représente seulement une fraction de la mission de l’UNICEF, reflétant la gravité des problèmes que vivent les femmes et les enfants pauvres du monde.

“Nous devons être optimistes pour poursuivre cette affaire”, a souligné McCormick.