MEDIAS: IPS gagne le Prix du Leadership Sud-Sud

NATIONS UNIES, 22 déc (IPS) – A une cérémonie formelle à laquelle prenaient part des diplomates, des officiels des Nations Unies et des journalistes, l’ONU a remis vendredi à l’agence de presse 'Inter Press Service' (IPS), son 'South-South Leadership Award' (Prix du Leadership Sud-Sud) 2008 pour son rôle dans la promotion de liens plus renforcés entre les nations en développement et les médias.

“C’est un privilège pour nous d’accepter ce prix –- et nous considérons cela comme une reconnaissance du travail que nous faisons, au cours des 45 dernières années, pour mettre en lumière la coopération Sud-Sud sur le terrain de la communication”, a déclaré Mario Lubetkin, directeur général de IPS. “En tant qu’une agence de presse de l’ensemble du Sud, IPS suit de très près le programme de développement des Nations Unies”, a-t-il ajouté.

Lubetkin a également indiqué que IPS a actuellement des partenariats de contenu ou de distribution avec plusieurs médias, y compris 'Al-Jazeera TV', 'OneWorld', 'Infosud', 'Envolverde', ainsi que 'Killid Group' et 'Pajhwok Afghan News'. Le prix a été présenté par l’Unité spéciale pour la coopération Sud-Sud du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui a honoré des individus et des institutions au cours des quatre dernières années.

Lubetkin a dit que l’essentiel des informations diffusées par IPS a été — et continue d’être –- sur des questions longtemps négligées par les principaux médias. Il s’agit de la faim, la réduction de la pauvreté, la population, les enfants, le VIH/SIDA, l’émancipation du genre et l’environnement, pour ne citer que ceux-là. “Bref, il s’agit des questions qui constituent toutes une grande préoccupation, notamment pour les nations en développement, composant plus des deux tiers des membres des Nations Unies”, a-t-il dit lors d’une table ronde sur 'Le rôle des médias dans le développement' qu’il a dirigée, avant la cérémonie de remise de prix. Beaucoup de pays dans le monde en développement sont devenus des centres d’excellence dans les domaines de la santé, l’éducation, l’agriculture, des arts et des technologies modernes. “Et comme partie de notre programme de communication, nous suivons ces développements que nous diffusons vers le monde extérieur et nous continuerons de faire ainsi”, a indiqué Lubetkin.

La table ronde visait à inspirer les médias à travers le monde à repenser leur définition de la manière dont les questions de développement devraient être couvertes sans perdre l’objectivité et la façon d’élargir les perspectives en incluant davantage de voix et d’expertise provenant du Sud.

Les autres lauréats de la cérémonie de vendredi comprenaient 'RPN-TV Channel 9' des Philippines pour le 'Prix du partenariat pour la coopération Sud-Sud' et le 'Africa Channel' basé aux Etats-Unis pour le 'Prix de la coopération Sud-Sud pour l’innovation'. Les prix ont été remis à Orlando Mercado pour la 'RPN TV', et à Mark Walton, pour le 'Africa Channel'. En outre, un 'Prix spécial pour la coopération Sud-Sud' a été remis au 'Ellen Johson Sirleaf Market Women's Fund' (Fond des femmes du marché de Ellen Johson Sirleaf), du nom de la première femme africaine chef d’Etat au Libéria, alors que le 'Prix pour la coopération Sud-Sud' a été attribué à l’ambassadeur John W. Ashe, représentant permanent de Antigua-et-Barbuda, qui préside les 130 membres du Groupe des 77 nations en développement. Des manifestations de quatre jours comprenaient le lancement de l’Exposition du développement global Sud-Sud et l’exposition des 'Solutions pour le développement du Sud' mettant en lumière des expériences partagées dans le monde en développement, y compris des histoires de réussite dans la coopération Sud-Sud. C’est la cinquième année consécutive que les Nations Unies commémorent la 'Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud'. Sur la liste des anciens lauréats, figurent l’Organisation de la conférence islamique (OCI), la 'Grameen Bank' de Bangladesh et le 'Perez-Guerrero Trust Fund' qui finance des projets régionaux Sud-Sud. Se référant à la proposition de longue date pour la création d’une agence de presse pour l’ensemble du Sud, Lubetkin a dit que IPS a offert son expertise et son expérience de vieille date pour aider à la mise en place d’une telle agence. Informé que IPS a reçu le prix Sud-Sud, Shashi Tharoor, un ancien sous-secrétaire général des Nations Unies chargé de l’information, a déclaré : “J’ai suivi IPS dans la publication des informations pendant trois décennies, et j’ai travaillé avec eux dans des quartiers voisins au cours de mes missions à l’ONU, liées aux médias”. “J’ai trouvé en IPS une excellente source d’informations et d’idées sur les pays en développement, couvrant des histoires que les medias dominants au monde ignorent trop souvent”, a affirmé Tharoor, auteur de plusieurs romans les plus vendus, y compris 'The Elephant, the Tiger and the Cell Phone’ (L’Eléphant, le tigre et le téléphone cellulaire).

Il a dit que les reporters de IPS concilient les normes les plus élevées de la profession du journalisme avec un engagement institutionnel pour couvrir des histoires d’une préoccupation particulière pour l’ensemble du Sud.

“Ils sont indispensables pour tout lecteur qui souhaite être au courant de ce qui se passe dans les pays en développement à travers le monde”, a déclaré Tharoor à IPS.

Ernest Corea, un ancien ambassadeur de Sri Lanka aux Etats-Unis, et ex-président de la Commission parlementaire du Commonwealth sur la communication et le développement, a indiqué que le PNUD a une fois encore démontré son efficacité en tant qu’un catalyseur de la coopération Sud-Sud en créant le prix pour le leadership dans ce domaine vital.

“IPS est un récipiendaire largement méritant du prix : sa mission, son style, et son mode d’opération définissent la coopération Sud-Sud”, a-t-il ajouté.

Corea a déclaré que les communications sont une composante importante du développement. Plusieurs moyens pour établir des communications qui renforcent le développement, allant des programmes spécifiques de la presse écrite, de la radio et la télévision, aux services nationaux, régionaux, ou mondiaux d’informations et d’articles de fond, ont été mis en place depuis des années. La plupart on échoué, bien que certains survivent. La réussite remarquable parmi eux a été IPS, a-t-il dit.

En pensant à l’avenir des communications sur le terrain Sud-Sud, il est important de comprendre pourquoi IPS se développe bien.

“A nombre des nombreuses raisons pour ses réalisations durables, et la grande estime avec laquelle elle est considérée, j’aimerais souligner trois”, a indiqué Corea.

Premièrement, un personnel hautement professionnel et dévoué à tous les niveaux d’opération. Deuxièmement, une gestion efficace qui entretient une forte base de financement. Et troisièmement, l’absence de l’intrusion gouvernementale qui contraint le reportage et l’analyse. “La deuxième étape pour les institutions telles que le PNUD et le Groupe des 77 devrait être d’appuyer IPS comme le centre d’un réseau d’organes de presse orientés vers le Sud, qui accélèrerait la vitesse de la coopération Sud-Sud”, a affirmé Corea à IPS. Il a souligné que IPS a déjà plusieurs accords “de partage” avec des groupes de même sensibilité. Ces accords devraient devenir systématiques et être élargis. La coopération Sud-Sud ne doit pas être limitée au développement économique. De manière plus efficace, elle devrait être holistique, engagée dans une gamme d’activités qui affectent la qualité de la vie de la famille humaine. Un réseau de communications peut faire circuler des idées à travers tout le Sud, où elles peuvent être adaptées quand cela est nécessaire et adoptées. “J’attends impatiemment le jour où IPS fonctionne comme l’unité centrale d’un tel réseau”, a ajouté Corea.