NATIONS UNIES, 10 oct (IPS) – Les Nations Unies ont reçu des promesses de 16 pays volontaires pour fournir soit des troupes, soit le soutien logistique pour la force hybride de maintien de la paix de 26.000 personnes proposée par les Nations Unies et l'Union africaine et nécessaire de toute urgence dans le Darfour dévasté par la crise, au Soudan.
Comme l'a exigé le gouvernement soudanais, la plupart des troupes viennent de 10 nations africaines : Burkina Faso, Egypte, Ethiopie, Gambie, Ghana, Kenya, Malawi, Mali, Nigeria et Sénégal.
Les troupes non-africaines restantes viennent du Bangladesh, de Jordanie, du Népal et de Thaïlande, tandis que les unités techniques et médicales sont en train d'être fournies en grande partie par les Pays-Bas et les pays nordiques. Cependant, le Sous-secrétaire général pour les opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guehenno, a déclaré aux journalistes lundi qu'il a besoin de toute urgence de moyens de transport terrestre, des hélicoptères de transport et des hélicoptères tactiques légers pour assurer que les troupes resteront mobiles et auront la capacité d’aller vite dans des zones troublées dans les plus brefs délais. "Mais nous n'avons simplement pas les hélicoptères dont nous avons besoin pour travailler au Darfour", a-t-il ajouté.
Interrogé sur la question de savoir si les nations européennes devaient répondre à cette requête, Guehenno a indiqué qu'il attendrait une réponse "de n'importe quel pays de n'importe quel continent, non pas seulement de l'Europe, pour examiner à quel point le Darfour constitue une priorité et s'ils pouvaient donner ces hélicoptères pour l'opération du Darfour". Il a précisé que la mission de maintien de la paix a besoin d'au moins 24 hélicoptères : 18 hélicoptères de transport et huit hélicoptères tactiques.
Le Darfour est une grande région avec une population dispersée. "Si nous voulons assurer la protection des civils, nous avons besoin de la mobilité et d’une puissance de feu", a-t-il dit. A la question de savoir quand se fera le déploiement, dans ce qui est considéré comme un environnement militairement instable, Guehenno a répondu que cela prendra plusieurs mois voire jusqu'en 2008 "pour atteindre une pleine capacité". "Si nous n'avons pas de forces spéciales habilitées d'ici au début de 2008", y compris des bataillons d'infanterie bien-équipés, "j'aurai des inquiétudes". Guehenno a déclaré qu'une unité de quartier général et au moins deux bataillons d'infanterie sont attendus pour être mis en route d'ici à la fin d'octobre. Quant au moment où les "forces spéciales habilitées", armées de la puissance de feu, seront déployées, "je n'ai aucune réponse", a-t-il ajouté.
Les Nations Unies ont souligné que la violence et l'instabilité, qui minent la région du Darfour, ont entraîné la mort de plus de 200.000 personnes et la fuite de leurs maisons de deux autres millions. Les attaques du mois passé, qui ont coûté la vie à 10 soldats de la paix de l'Union africaine (UA), menacent d'ébranler non seulement les prochaines discussions de paix qui auront lieu en Libye, mais également le déploiement les troupes de maintien de la paix. Après une attaque précédente des soldats de la paix, le Sénégal avait menacé de retirer ses troupes, selon des informations publiées. Interrogé pour savoir si d'autres pays ont proféré des menaces similaires, Guehenno a répondu qu'à une récente rencontre des pays qui contribuent à l'envoi de troupes, "il n'y avait pas de communication formelle ou informelle (venant d'un pays, y compris du Sénégal) selon laquelle il va (retirer ses troupes ou) reconsidérer sa participation".
En juillet, le Conseil de sécurité a unanimement approuvé la création d'une force hybride de maintien de la paix de 26.000 personnes de l'ONU et de l'UA au Darfour. La répartition donne plus de 19.000 soldats, plus de 600 policiers et au moins 5.500 membres du personnel civil. Décrite comme la force de maintien de la paix la plus grande du monde — dépassant la Mission de l'ONU de 17.000 soldats en République démocratique du Congo — la nouvelle force hybride devrait intégrer la Mission de l'UA existante au Soudan (AMIS).
Connue sous le nom de 'UNAMID', la Mission africaine de l'ONU au Darfour doit reprendre les opérations des mains de 'AMIS' qui était au Darfour depuis 2004.
L'UNAMID est chargée d'agir conformément au Chapitre VII de la Charte de l'ONU pour soutenir l'application rapide et effective de l'Accord de paix du Darfour intervenu l'année dernière entre le gouvernement et la force rebelle qui se bat au Darfour.
La force de l'ONU est également mandatée pour protéger les civils, prévenir les attaques armées et assurer la sécurité des travailleurs humanitaires, de son propre personnel et de ses équipements.
Interrogé sur les prochaines discussions de paix qui auront lieu en Libye le 27 octobre, Guehenno les a décrites comme un "événement marquant important". Il a déclaré que les négociations entre le gouvernement et les différents groupes rebelles seront "un processus difficile".
"La situation sur le terrain n'est pas bonne. En effet, elle s'est détériorée au milieu d'un cycle de violence croissant dans le sud du Darfour", a-t-il souligné.
Il a également averti qu'il y avait un "risque sérieux" que la situation du Darfour aille au-delà du Darfour — puisqu'elle a déjà gagné le Tchad voisin.

