DROITS: L'ONU A La Recherche De 45.000 Personnes Disparues Dans Le Monde.

NATIONS-UNIE, 22 juill. (IPS) – Les Nations Unies essaient de
localiser
plus de 45.000 personnes qui, pour des raisons politiques ou
autres, ont
"disparu" au cours de ces 20 dernières années.

Les cas des personnes portées disparues prévalent dans plus de 70
pays du
monde, affirme Ivan Tosevski, président du groupe de travail des
Nations
Unies sur les disparitions commanditées ou involontaires. Le plus
grand
nombre de personnes disparues, a été annoncé en Iraq (16.496), au
Sri Lanka
(12.208), en Argentine (3453), au Guatemala (3151), au Pérou
(3004) et au
Salvador (2661).
Le groupe de travail n'a pas inclus dans le nombre total quelques
25.000 cas
de personnes disparues en Croatie et en Bosnie-Herzégovine.
En 1996 et en 1997, les pays ayant connu le plus grand nombre de
disparitions, étaient l'Algérie, l'Irak, l'Indonésie, le Sri
Lanka, la
Colombie et le Mexique. Le groupe de travail a effectué des
enquêtes sur
plus de 2801 cas depuis le début de ses travaux. Les personnes
portées
disparues étaient essentiellement des gens arrêtés, détenus ou
enlevés par
des gouvernements, des groupes organisés ou des individus à la
solde des
gouvernements.
Le principal rôle du groupe de travail, composé de quatre membres
et
constitué en 1980, est de servir de moyen de communication entre
les
familles et les gouvernements concernés, a expliqué Tosevski. Le
groupe ne
s'intéresse pas aux groupes rebelles ou terroristes, a-t-il
renchéri.
Tosevski a signalé que malgré les "signes encourageants", il
était trop
tôt de conclure qu'il y avait des tendances positives dans la
résolution de
la question des disparitions politiques. Il a, cependant, souligné
que le
Sri Lanka est l'un des pays qui ont créé une commission spéciale
chargée des
enquêtes à effectuer sur plus de 12.000 disparitions remarquées
dans cette
nation insulaire.
Au Sri Lanka, les "disparitions" ont été associées aux
tentatives faites
par les gouvernements successifs pour éradiquer deux groupes
insurgés, dont
l'un se trouve au sud alors que l'autre est au nord du pays.
Dans un rapport de 91 pages, le groupe de travail a exprimé "son
appréciation au gouvernement Sri Lankais pour les renseignements
qu'il a
fournis . . . et pour les efforts déployés pour faire la lumière
sur le sort
de plusieurs milliers de personnes disparus depuis des lustres".
"Néanmoins, le rapport tire la sonnette d'alarme en raison de la
ré-émergence de la pratique systématique des disparitions
commanditées au
Sri Lanka. Le rapport indique que c'est le pays qui a connu le
plus grand
nombre de disparitions révélées en 1997", a précisé le rapport.
Tosevski pense qu'un autre développement positif est la volonté de
plusieurs
gouvernements de dédommager les victimes ou leurs familles.
De l'avis du groupe, bien que le dédommagement n'ait pas résolu
les
problèmes, "c'était une réponse très importante de la part des
gouvernements. "Tout en promettant d'encourager le dédommagement,
le groupe
souligne l'importance de la punition des auteurs et de la
réhabilitation des
familles des victimes.
Rien qu'en Argentine, plus de 1200 demandes de dédommagement sur
5000 ont
été honorées d'une façon ou d'une autre. Au Chili, le gouvernement
a
autorisé le paiement de la compensation à plus de 4600 parents de
2730
personnes déclarées comme étant des victimes mortes, par la
commission
nationale de vérité et de réconciliation ou par la commission
nationale de
dédommagement et de réconciliation.
En août 1997, le Sri Lanka avait payé un dédommagement d'un
montant de
360.000 dollars pour couvrir 5991 cas de décès. Le gouvernement a
mis de
côté plus de 1,7 millions de dollars pour régler les
dédommagements.
Le groupe de travail a cité plusieurs pays où le dédommagement a
une base
légale. Il y a le Chili, le Guatemala, Honduras, l'Inde,
l'Ethiopie, le
Maroc, les Philippines et le Sri Lanka. Dans un rapport publié sur
l'Iraq,
le pays ayant le plus grand nombre de disparitions, le groupe
indique que la
grande majorité des cas inclut des Kurdes qui auraient disparu en
1988.
Dans le cadre d'une opération dénommée "Anfal", le gouvernement
irakien
est accusé de détruire des villages et des villes du Kurdistan
irakien. Un
nombre important d'autres cas concerne les musulmans Shia qui
aurait disparu
à la fin des années 1970 et au début des années 1980 au cours de
l'expulsion
de leurs familles vers l'Iran voisin, sous prétexte que leurs
ancêtres
étaient des Perses".
Le groupe a observé que les victimes des disparitions intervenues
en Iraq,
incluent également des présumés opposants politiques ou des gens
ayant des
liens familiaux avec un opposant politique.
"Il est reporté que les disparitions continuent de se produire en
Irak,
surtout contre les groupes minoritaires. D'après les informations,
le
gouvernement n'a pas réussi à faire face aux conditions qui
favorisent ces
disparitions", a conclu le groupe.