NAIROBI, 9 fév (IPS) – La grave déforestation de l'environnement et son impact sur le changement climatique ont dominé les discussions au cours de la 24ème réunion du conseil d'administration du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), à Nairobi, la capitale kényane.
Des délégués à une rencontre de cinq jours qui prend fin ce vendredi, sont d'avis que le changement climatique, qui reste le principal défi environnemental au monde, requiert des efforts globaux pour le contrer.
La réduction de la déforestation est citée comme une mesure clé pour atténuer certains des effets du changement climatique Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE, a insisté sur l'intention de son organisation de planter un milliard d'arbres dans le monde entier d'ici à la fin de l'année. Lancée en 2006, la Campagne 'Plantons pour la planète : un milliard d'arbres, (www.unep.org/billiontreecampaign/), encourage la plantation d'arbres appropriés aux environnements locaux. Toutefois, certaines communautés locales ciblées disent qu'elles ont très peu ou pas du tout accès à l'Internet, et sont freinées par une barrière linguistique.
"Les communautés n'ont pas accès à l'Internet pour l'information et des conseils sur la campagne, pourtant, ce sont elles qui doivent planter ces arbres", a déclaré à IPS, James Maina, coordonnateur de 'Amis des sports', une organisation faisant la promotion de la protection de l'environnement à travers les sports à Nathare, un bidonville de Nairobi. Pour Maina, il y avait un besoin urgent de traduire les documents en langues locales pour les disséminer dans les communautés. "Les communautés doivent comprendre. Tant qu'on ne les amènera pas à bord, toutes ces initiatives pour contrer le changement climatique, y compris les mesures pour empêcher l'exploitation du bois, qui est endémique, seront inutiles", a-t-il prévenu.
En fait, l'exploitation du bois à des fins commerciales est apparue comme une principale cause de déforestation, qui, en dehors du fait qu'elle augmente les cas de sécheresse grave et d'inondation partout, faisait sortir la faune et la flore de leurs habitats forestiers.
Des écologistes ont déclaré une quasi-protection d'urgence en Indonésie où une perte rapide des forêts, même dans des parcs nationaux, a conduit au massacre maladroit et au déplacement des orangs-outans (grands singes) locaux. "L'exploitation illégale du bois se déroule dans 37 des 41 parcs nationaux en Indonésie. Plus de 1.000 orangs-outans, qui constituent une attraction majeure pour les touristes, ont fui les parcs et vivent maintenant dans des centres de sauvetage", a expliqué à Nairobi, cette semaine, Rachmat Witoelar, ministre indonésien de l'Environnement.
Un rapport du PNUE, lancé le 6 février à la rencontre, indique qu'avec l'exploitation continue du bois, plusieurs parcs pourraient connaître une dégradation avancée avant 2012, augmentant le taux de perte des orangs-outans, qui est de 30 pour cent supérieur à ce qu'on pensait précédemment.
Selon le rapport, 'Evaluation d’une réponse rapide : Le dernier point de l’orang-outan', 73 à 88 pour cent de tous les bois exploités en Indonésie sont illégaux.
Mais une loi interdisant l'exploitation illégale du bois dans ce pays asiatique semble être en train d'améliorer la situation, selon Witoelar. "Les nouveaux bûcherons sont en nombre très infimes. Nous poursuivons actuellement 100 bûcherons; ceci a contribué à dissuader d'autres exploitants potentiels", a-t-il dit à IPS. Au Kenya, une loi similaire est en place pour aider à accroître la couverture forestière qui est à un taux critique de 1,7 pour cent, contre une couverture végétale mondiale de 21,43 pour cent et une moyenne de 9,25 pour cent pour l'Afrique.
Malgré l'interdiction de 1999, les forêts ont continué par diminuer, ce qui a poussé les autorités à déployer des gardes forestiers de district pour patrouiller dans les forêts du pays. "Nous croyons que, grâce aux agents qui veillent, nous aurons plus d'arbres sur pied, améliorant ainsi la couverture forestière du pays", a déclaré Nafasi Mfahaya, du département forêts au ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles du Kenya.
Cependant, les discussions sur le changement climatique incluent également des préoccupations selon lesquelles une autre solution implique la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la part des pays industrialisés. "Nous pouvons parler sans fin aux réunions, mais l'action doit venir des nations riches. Si elles ne réduisent pas leurs émissions, nous ne pouvons pas faire grand-chose pour combattre le changement climatique", a dit à IPS, Grace Akumu, directrice exécutive de 'Climate Network Africa' (Réseau africain sur le climat), une organisation écologiste panafricaine.
Les Etats-Unis, qui sont le plus gros producteur de GES (représentant 25 pour cent des émissions des pays industrialisés), n'ont pas encore ratifié le protocole de Kyoto, qui a été signé par l'administration de l'ancien président Bill Clinton. Il engageait les Etats-Unis à une réduction de sept pour cent des émissions de GES.
Conformément au protocole de 1997, 35 nations industrialisées doivent réduire leurs émissions de cinq pour cent par rapport aux niveaux de 1990 d'ici à 2012.
La délicate question des émissions de GES figurait en bonne place dans le rapport du Groupe de travail international sur le changement climatique (IPCC) publié à Paris la semaine dernière. Le rapport a prévenu qu'il pourrait ne plus avoir assez de temps pour contrôler les émissions de GES et pour aider les pays en développement à faire face à l'impact négatif du changement climatique.
"Les arguments scientifiques et moraux en faveur d'une action urgente sont maintenant épuisés. Il revient aux responsables politiques et aux leaders d'entreprises ainsi qu'aux citoyens du monde entier de se saisir de ce défi et de travailler ensemble pour s'attaquer au plus grand défi auquel l'humanité ait jamais été confrontée", indique une déclaration distribuée à partir de l'Institut britannique international pour l'environnement et le développement.

