GENEV, 22 juin (IPS) – -Le tourisme mondial a montré un fort
taux de
croissance pendant ces 30 dernières années et a apporté d'énormes
bénéfices
aux pays en voies de développement . Il promet encore plus dans
certaines
régions pauvres du monde.
En effet, l'industrie du tourisme constitue l'unique secteur
important du
service commercial international qui pourvoie un surplus régulier
aux pays
en voie de développement. Le bilan positif du tourisme dans les
pays en
développement est passé de 6 milliards de dollars en 1980 à 62,299
milliards
en 1996, selon les estimations officielles.
Mais ces pays n'ont reçu qu'une légère partie des avantages du
tourisme
international, qui en 1997 a enregistré 613 millions d'arrivées et
un revenu
de 448 milliards de dollars.
Les arrivées, un indicateur qui évalue le flux du tourisme,
indiquent le
nombre de touristes internationaux ayant passé au moins une nuit
dans le
pays concerné.
Une étude menée par l'Académie française François Vellas, de
l'université de
Toulouse, a prouvé que les pays en développement ont 30% des
183,9
millions de touristes en 1997. Au sein de ce groupe, les 48 pays
les moins
développés ont occupé une partie marginale, avec seulement 0,7%
des arrivées
et 0,4% du revenu total issu du tourisme.
La Tanzanie, les Maldives, le Cambodge et le Népal constituent les
pays en
développement qui ont obtenu plus de bénéfices dans le domaine
du
tourisme, a indiqué Vellas lors d'une conférence des experts sur
le tourisme
organisée la semaine dernière à Genève et sponsorisée par la
conférence des
Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Aussi bien pour les pays en développement que pour les pays
développés, les
impacts positifs du tourisme sur l'économie ont des répercussions
sur
l'influx de la devise étrangère, des impôts, de l'investissement
national et
étranger et l'emploi.
Geoffrey Lipman, entrepreneur et président du conseil mondial du
tourisme
et des voyages (WTTC), basé à Londres, a fait des prédictions sur
la
contribution du secteur de l'emploi dans les pays en développement
pour la
prochaine décennie.
Dans la région Asie Pacifique, 60 millions de nouveaux emplois
seront crées
par le fait du tourisme. En Europe centrale et australe, le nombre
d'emplois
nouveaux sera de huit millions pendant la même période, tandis
qu'en
Amérique latine et aux Caraïbes, ce nombre atteindra neuf
millions.
Les pays africains peuvent espérer la création de 1,5 millions
d'emplois
nouveaux, dont 500.000 pour les pays au Sud du Sahara, a déclaré
Lipman à la
conférence de la CNUCED.
Le WTTC de Lipman qui représente le secteur privé et 80% des
petites et
moyennes entreprises touristiques, a souligné l'importance de la
libéralisation du commerce dans le transport aérien pour le
développement
du tourisme.
Lipman ne conseille pas aux pays en développement de réclamer la
propriété
de leurs lignes aériennes. Pour chaque emploi conservé à travers
la
protection des lignes aériennes nationales, quatre emplois sont
perdus à
cause du blocage des bénéfices émanant du tourisme, a-t-il
expliqué.
Le secrétaire générale de la CNUCED, Rubens Ricupero du Brésil, a
souligné
que le tourisme a apporté une contribution substantielle à la
croissance des
pays en développement. "Dans certains cas spécifiques des petites
nations
côtières et des pays moins développés, le tourisme est, à moyen
terme, l'un
des rares ou peut-être le seul alternatif au développement basé
sur
l'exportation".
Cependant, Ricupero a signalé que les effets positifs du tourisme
sur le
développement pourraient être compromis par la fuite des capitaux
obtenus à
travers cette activité.
Une autre menace pourrait émaner de la fragilité des institutions
dans la
majorité des pays en développement pour faire face aux désastres
naturels et
ceux causés par l'activité humaine.
"La CNUCED analysera les véritables politiques que doivent
adopter les pays
en développement en vue de faire face à ces désastres et leurs
conséquences
sur le flux du tourisme international", a indiqué Ricupero.
Dans le rapport de la conférence des experts de Genève, le
gouvernement de
l'Indonésie reconnaît que le développement du tourisme dans ce
pays a été
freiné par la publicité négative sur les nuages de fumée générée
lors des
feux de brousse de l'année dernière.
Le document a également fait allusion aux conséquences négatives
sur le
tourisme provoquées par les crises économiques de 1997 et les
changements
politiques, y compris la démission après un long règne, du
Président
Suharto. Pour amortir les effets négatifs, les autorités
indonésiennes ont
lancé un programme de sauvetage en avril dernier visant à
reconquérir
certains touristes.
En Egypte, les attaques armées perpétrées en novembre 1997 contre
un groupe
de touristes européens qui visitaient les ruines de Luxor, ont
fait 58 morts
dans le rang des visiteurs, provoquant ainsi une diminution
subséquente du
flux des arrivées. Hani Sobhi Ibrahim, un responsable au ministère
égyptien
du tourisme, a déclaré à la conférence de la CNUCED que l'attaque
a
provoqué un climat d'insécurité au sein des investisseurs
étrangers du
secteur et a affecté 52 autres industries liées au tourisme.
Dans les conclusions du rapport, les experts ont par voix de la
CNUCED
conseillé aux gouvernements des pays en développement d'adopter
des
politiques qui garantissent les conditions économiques et
écologiques

