TORONTO, 24 août (IPS) – La promesse de nouveaux vaccins et des programmes de prévention plus efficaces manqueront d'arrêter l'expansion du VIH/SIDA à moins que la peur et le stigmate social puissent également être éliminés -y compris parmi ceux qui vivent avec la maladie, estiment des experts.
Au-delà de la misère personnelle que cela apporte, ce stigmate signifie également que beaucoup de gens refusent de subir un test ou d'attacher du prix aux résultats, ou même de suivre des médications qui prolongent la vie. “Seulement 10 pour cent des gens vivant avec le VIH dans le monde sont conscients de leur statut de VIH”, a déclaré Kevin De Cock, directeur du département VIH/SIDA de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à la 16ème Conférence internationale annuelle sur le SIDA, organisée la semaine dernière à Toronto, au Canada. Des chercheurs ont rapporté ici que quelques femmes enceintes porteuses du VIH en Afrique du Sud ont refusé de prendre un médicament gratuit qui réduirait extraordinairement les chances du virus d'être transmis à leurs bébés, car cela voudrait dire qu'elles reconnaissent avoir été infectées, et la discrimination au sein de leurs communautés contre ceux qui sont porteurs du virus est si forte qu'elles préfèrent risquer la vie de leurs enfants.
Les deux plus grandes célébrités présentes à la conférence, l'ancien président américain Bill Clinton (1991-2000) et Bill Gates, co-président de la Fondation Bill et Melinda Gates, ont également demandé aux dirigeants du monde de faire davantage pour combattre le stigmate qui entoure le VIH/SIDA.
Julia Göd, présidente de l'Association Onghalo et docteur en médecine exerçant dans un hôpital de Vienne en Autriche, qui a travaillé dans des cliniques du SIDA dans divers pays africains, est d'accord que “Beaucoup de gens en Afrique et partout ailleurs nient qu'il y a un problème, même ceux qui ont été infectés”.
= 08242207 ORP001 NNNN ZCZC ORP002 QD TO:CC:MIME-V ROMAIPS AF HE SD IF HD SC MD GR SANTE : Des campagnes pressent pour les tests de VIH,(2) L'Association Onghalo basée en Autriche collecte des fonds pour aider un groupe de prise en charge de soins à domicile à la base dans le nord de la Namibie, qui éduque et forme des familles affectées par le VIH à supporter la situation. “Ils ne sentent pas qu'il existe un danger réel venant de la maladie”, a déclaré Göd à IPS dans un entretien à Vienne il y a deux semaines.
En conséquence, il n'y a pas urgence ou conscience du problème, qui pourrait entraîner une utilisation répandue des condoms et réduire les comportements à risque, a-t-elle dit, ajoutant que “Les gens infectés sont souvent négligés par leurs familles, qui pensent parfois que la maladie est une punition venant de Dieu”. A travers des conseils, cette peur peut être réduite et des familles apprennent comment elles peuvent aider, a-t-elle indiqué. Pourtant, les préjugés au sujet du VIH sont toujours répandus 25 ans après sa première découverte. Des gens aussi bien dans des zones urbaines que rurales en Ethiopie, en Tanzanie, au Vietnam et en Zambie, ont couramment exprimé la peur que le virus pourrait être transmis par le biais de quelque interaction de tous les jours avec les gens vivant avec le VIH ou le SIDA, selon une étude réalisée par le Centre international de recherche sur les femmes (ICRW). Dans un sondage réalisé en 2004-05 en Tanzanie, l'ICRW a trouvé que plus de la moitié des gens avec le VIH/SIDA avait fait l'expérience d'une forme au moins de stigmate ou de discrimination, y compris la mise en quarantaine, l'abus physique et verbal, et la perte d'emploi. Dans chaque cas presque, les femmes ont rapporté qu'elles ont subi ces stigmates plus souvent que les hommes. Elles ont également subi des actes de violence physique deux fois plus souvent que les hommes.
A plusieurs endroits du monde, des gens vivant avec le VIH et le SIDA sont dans une peur constante du fait que leur statut a été révélé, ce qui va leur arriver à eux et à leurs familles quand cela se produit, a déclaré le président de l'IRCW, Geeta Rao Gupta.
= 08242207 ORP002 NNNN ZCZC ORP003 QD TO:CC:MIME-V ROMAIPS AF HE SD IF HD SC MD GR SANTE : Des campagnes pressent pour les tests de VIH,(3) “Si nous devons mettre fin à la pandémie du SIDA, nous devons résoudre le problème de stigmate et de discrimination associés au SIDA”, a-t-elle martelé.
L'IRCW est une organisation non gouvernementale basée à Washington, engagée dans la lutte pour l'amélioration des vies des femmes vivant dans la pauvreté. “La peur des gens quant au stigmate du SIDA réduit l'efficacité de la prévention du VIH/SIDA, les programmes de traitement et de prise en charge parce que les gens qui sont infectés peuvent être réticents à utiliser ces services”, a dit Laura Nyblade, premier chercheur de l'IRCW sur le stigmate du SIDA.
“Et les retards observés dans la divulgation après les tests — même parmi des époux — dérangent profondément et compromettent l'arrêt de la transmission ultérieure du virus et l'accès aux soins, à la prise en charge et au traitement”, a-t-elle déclaré. Souvent, les gens ne retournent pas retirer leurs résultats après le test parce qu'ils craignent qu'un résultat positif ne signifie qu'ils sont condamnés pour avoir introduit la maladie dans leur famille.
Joe Amon, directeur des programmes du VIH/SIDA à ‘Human Rights Watch' (HRW), dit que les gens devraient se laisser conseiller dans tous les programmes de test, même si moins d'un pour cent des adultes dans le monde ont maintenant accès à de tels services.
En fait, les politiques de test de certains gouvernements non seulement violent les droits humains et manquent de contribuer à la prévention du VIH et aux objectifs de traitement, mais elles ont réellement l'effet d'aggraver la discrimination, affirme HRW, une organisation de défense des droits de l'Homme, basée aux Etats-Unis. Parmi ces politiques, figurent une proposition faite par le gouvernement de l'Etat de Goa en Inde, qui exige un test avant le mariage, malgré l'opposition des groupes de femmes et des activistes anti-SIDA; un test obligatoire du VIH en Arabie Saoudite pour les travailleurs étrangers, qui sont alors confinés dans = 08242207 ORP003 NNNN ZCZC ORP004 QD TO:CC:MIME-V ROMAIPS AF HE SD IF HD SC MD GR SANTE : Des campagnes pressent pour les tests de VIH,(4-E) des chambres d'hôpital fermées et expulsés s'ils sont porteurs du VIH.
Le groupe a également critiqué les propositions faites au cours des dernières années par le Malawi et la Sierra Leone de tester tous les journalistes; en Chine de passer au test tous les travailleurs du secteur du tourisme et des salons de beauté dans la cité de Guiyang; au Botswana de tester tous les étudiants qui postulent pour des bourses; et en Inde de passer au test tous les individus qui souhaitent obtenir ou conserver un permis de conduire dans l'Etat du Punjab.
Par contre, un programme en Ouganda qui fournit traitement, conseils, condoms et tests volontaires à domicile, a fait baisser la transmission du VIH de 98 pour cent.
“Il y a peu ou pas de preuve que le test du VIH par lui-même a quelque impact sur cette épidémie mortelle”, a déclaré Amon. Mais, les programmes de test volontaire du VIH qui respectent les droits, garantissent la confidentialité et sont liés aux conseils et aux traitements, ont eu un succès énorme”.
Human Rights Watch a également prévenu que les gouvernements sont de plus en plus en train d'adopter ou de renforcer des lois qui criminalisent la transmission du VIH, et que ces lois sont souvent arbitrairement appliquées.

