LONDRE, 13 juill. (IPS) – Quatre ans après l'adoption d'un plan
d'action
mondial pour les femmes, elles continuent d'être privées d'une
douzaine de
différents droits élémentaires à travers la Planète.
Les violations sont mises en relief dans un nouveau film intitulé
'Lifelines', lancé la semaine dernière pour marquer la journée
mondiale de
la population (11 juillet). Le film a été conçu pour attirer
l'attention
des femmes sur les violations de leurs droits à travers le monde,
déclarent
les producteurs de la télévision pour l'environnement (TVE) et la
fédération
internationale pour la famille (IPPF) – la plus grande association
volontaire sur la santé sexuelle et reproductive dans le monde.
"Nous sommes tous nés sexués et nous avons une période
reproductive dans
notre vie. Nous devons commencer à considérer la question des
droits de
l'homme en ces termes et chercher à rectifier les erreurs qui
continuent
d'être commises", a déclaré Ingar Brueggemann, secrétaire général
de l'IPPF.
'Lifelines' a pris des exemples quotidiens de part le monde pour
illustrer
douze cas des droits de l'homme qui sont toujours ignorés dans le
contexte
des femmes.
Il s'agit du droit à la vie ; à la liberté et à la sécurité ; à
l'égalité
et à la non-discrimination ; à la protection de la vie privée,
aux soins de
santé et à la protection sanitaire ; à la liberté d'expression, à
l'information et à l'éducation ; à la liberté de décider de se
marier ou
pas, de fonder et de planifier une famille ; de décider du moment
de faire
des enfants ; de partager au profit du progrès scientifique ; de
jouir de
la liberté d'association et de la participation à la vie politique
; d'être
à l'abri de la torture et du mauvais traitement.
"Vous trouverez douze différents cas de violations des droits de
la femme
dans presque chaque pays du monde. Nous espérons montrer
l'universalité de
ces abus à travers nos films", a déclaré Karen Newman de l'IPPF.
'Lifelines' contient quelques atrocités : Une femme meurt toutes
les minutes
des complications de grossesse et de naissance ; chaque année,
deux millions
de filles sont menacées de mutilation sexuelle ; en Afrique et en
Asie une
fille de moins de 16 ans sur quatre se marie – souvent sans leur
consentement ; Et plus d'un million de jeunes filles sont
entraînées dans la
prostitution chaque année.
Le film a été présenté quatre ans après que 179 pays se sont
engagés dans
un programme d'action lors de la conférence internationale de 1994
sur la
population et le développement au Caire.
"La conférence du Caire a marqué un tournant décisif. Pour la
première fois
les droits sexuels et reproductifs des femmes sont considérés
comme des
droits de l'homme", a indiqué le professeur Fred Sai qui a
présidé ledit
comité à la conférence du Caire. "Et pour la première fois les
militants
ont réussi à affirmer que les femmes ne devraient pas être prises
pour des
objets dans la société, mais que leurs besoins devraient être
considérés
comme des priorités".
programme d'action demande aux gouvernements d'aider les femmes à
connaître leurs droits, y compris ceux qui sont liés à leur santé
reproductive et sexuelle, et d'éliminer toute pratique de
discrimination
contre les femmes.
Les gouvernements, indique le programme, devraient promouvoir
"une
équitable participation des femmes et des hommes dans tous les
aspects de la
famille et dans les responsabilités du ménage y compris le
comportement
sexuel et reproductif".
Les objectifs spécifiques pour l'an 2015 doivent donner l'accès
universel
aux soins de santé reproductif et à la limitation des naissances,
à
l'éducation primaire, et réduire les taux de mortalité infantile,
aussi bien
que les taux de mortalité maternelle.
D'après le programme d'action, les hommes sont décisifs dans
l'apport de
solutions. "Les hommes jouent un grand rôle sur la question de
l'égalité
des sexes puisque, dans la plupart des sociétés, ils exercent un
pouvoir
prépondérant dans presque chaque sphère de la vie".
Mais le programme d'action n'est pas suffisant, affirment les
activistes,
car il n'a pas valeur de loi. "Les résolutions de la conférence
du Caire
étaient des plans politiques, avec des normes qui peuvent être
interprétées
selon chaque Etat. Nous avons élaboré une charte de l'IPPF car
nous pensons
qu'il est très important de promouvoir des actes juridiques qui
peuvent être
amendés sur le plan international", a déclaré Nell Rasmussen,
coauteur de
la charte.
La charte de l'IPPF est un acte juridique qui interprète les lois
internationales existantes sur les droits de l'homme à la lumière
des droits
reproductifs des femmes.
"Les gouvernements ont signé un certain nombre de conventions sur
les
droits de l'homme, promettant de mettre en conformité les
législations
nationales, mais leurs peuples ne connaissent pas cette convention
et par
conséquent ils ne peuvent revendiquer leurs droits. Nous voulons
que les
organisations non gouvernementales interviennent pour combler le
vide
d'information", a confié Keren Newman, un autre coauteur de la
charte.
Le film et la charte seront distribués aux associations de
défense des
droits de l'homme, aux groupements de femmes, aux juristes et aux
associations de planification familiale à travers le monde afin
qu'ensemble
ils puissent identifier les changements qui doivent s'opérer dans
leur pays
et décider de la manière de les gérer.
L'IPPF énumère un plan d'action en quatre points pour ces groupes.
D'abord, ils devraient faire recours à leur législation nationale
sur les
questions de santé sexuelle et reproductive, et voir si elle
répond aux
droits cités dans la charte.
Deuxièmement, ils devraient documenter les violations des droits
sexuels
spécifiques ou reproductifs.
En troisième lieu, ils devraient trouver des moyens pour tenir
responsables
leurs gouvernements à travers la presse nationale, les
parlementaires, les
médecins et les juristes, et à travers des organismes
internationaux mis en
place pour contrôler les gouvernements sur les violations des
droits de
l'homme. Ceci inclut le comité sur l'élimination de la
discrimination contre
les femmes et le Rapporteur Spécial sur la violence contre les
femmes.
En fin, ils devraient suivre les conclusions de différents
organismes
internationaux et s'assurer qu'ils sont en vigueur.
"Si des choses évitables se nt sous nos yeux et en tant
qu'adultes
nous ne faisons rien pour y remédier, alors nous sommes
coupables", a
déclaré Brueggemann.

