DROITS-NIGERIA: Le nombre de morts de l'explosion continue d'augmenter

LAGOS, 6 fév (IPS) – Le nombre de morts de l'explosion du week-end continue d'augmenter, avec 30 corps récupérés et plus de 500 personnes sans-abri à Lagos, cette semaine.

L'explosion de dimanche a détruit trois immeubles et a laissé plusieurs autres dans un état de quasi-effondrement dans les rues Idumagbo et Pedro à Lagos, la capitale commerciale du Nigeria.

Certains survivants ont refusé de quitter les lieux de l'explosion, cherchant les corps de leurs biens-aimés, au moment où les fouilleurs creusent de plus en plus en profondeur dans les décombres. "Ce n'est pas que j'espère voir mon mari vivant mais au moins, si le corps est retrouvé, j'aimerais lui donner une tombe décente", a indiqué à IPS une femme, qui a donné pour seul nom Taïbat, mercredi.

Kayode Olagunju, de la Commission fédérale de sécurité routière, qui dirige l'équipe de sauvetage, dit qu'il s'attend à ce que plus de corps soient récupérés, comme les travaux de fouilles se rapprochent de plus en plus du sous-sol de l'immeuble à trois étages ayant été réduit en ruines par l'explosion.

Alors que les secouristes descendaient vers la partie la plus cruciale de leur travail, les habitants de Lagos spéculaient sur la cause de l'explosion. "Cette explosion n'était pas du tout une explosion de gaz, comme j'ai entendu certains responsables le dire. C'est une bombe, c'est pourquoi la destruction a été si immense", affirme un rescapé, dont l'appartement a été détruit par l'explosion.

Alimentant davantage la spéculation, Nigeria's Channels Television, une station privée, soutenait qu'une bombe a été déterrée de la rue Pedro tard mardi.

La "découverte" de l'objet est intervenue au moment où les corps du conseiller local et de l'Imam de la mosquée Oko-awo étaient extraits des décombres mardi.

Plus tôt, un responsable du gouvernement de l'Etat de Lagos aurait dit que l'explosion a été causée par un soudeur qui travaillait au sous-sol de l'un des immeubles et ignorait qu'il y avait un bidon d'essence. L'essence, a-t-il indiqué, a pris feu, ce qui a conduit à l'explosion de la bouteille de gaz qu'il utilisait. Le gouvernement de l'Etat avait exclu le sabotage, décrivant l'explosion comme un accident.

Le gouvernement a mis en place une commission pour enquêter sur la cause de l'explosion. L'Unité de destruction de bombes de la Police nigériane travaille avec une unité de fouilleurs pour trouver tout indice pouvant aider à déceler la cause de l'explosion.

Dans une déclaration, Tunji Oseni, un haut conseiller du président Olusegun Obasanjo, a appelé à "une stricte conformité avec les codes et normes de construction dans l'Etat de Lagos".

"Le gouvernement local devrait travailler main dans la main avec le ministère fédéral des Travaux publics et de l'Habitat pour accroître la capacité et l'aptitude dans la lutte contre le feu dans l'Etat de Lagos", a-t-il ajouté.

L'explosion de dimanche s'est produite juste une semaine après la célébration, au Nigeria, du premier anniversaire de l'explosion d'une bombe dans la caserne militaire de Ikeja, à Lagos, le 27 janvier 2002. Plus de 1.000 personnes avaient trouvé la mort et 5.000 autres avaient été déplacées.

"Si le gouvernement veut réellement nous aider, qu'il enregistre nos noms et nous apporte un soutien financier, afin que nous puissions chercher des logements nous-mêmes. Je ne veux pas finir comme les survivants de l'explosion de bombe d'Ikeja, qui ont été éjectés de leurs camps temporaires après une année sans aucune compensation", déclare un rescapé de l'explosion de dimanche.

Le Nigeria, avec une population de 120 millions d'habitants, occupe la 121ème place sur la liste de pays enclins aux désastres du monde, selon le Rapport sur le désastre dans le monde en 2002, publié au milieu de l'année dernière.

Selon le rapport, publié par la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, 96.786 Nigérians ont été tués ou touchés par des désastres, entre 1992 et 2001.

Sur cette liste, figure un incendie dans une usine de caoutchouc à Ikorodu, une banlieue de Lagos, dans laquelle 29 personnes ont perdu la vie en octobre 2002.