TECHNOLOGIE: L'ONU recrute des Volontaires pour réduire le fossé technologique entre pauvres et riches

NATIONS UNIES, 12 sept. (IPS) – Vingt trois professionnels de
l'information
dirigent actuellement une formation en technologie de
l'information dans les
pays en développement pour essayer d'aider à combler le fossé
grandissant-
dans le domaine de l'Internet -, selon le Programme des
Volontaires des
Nations Unies.

Les 11 volontaires internationaux et les 12 nationaux sont membres
du
Service de la Technologie de l'Information des Nations Unies
(UNITes), une
initiative proposée par le Secrétaire Général des Nations Unies,
Kofi Annan
dans son Rapport du Millénaire publié en mars. Ils font partie des
projets
de Annan pour "former des groupes dans les pays en développement
dans les
diverses utilisations et les opportunités de la technologie de
l'information".
UNITes vise à stimuler et à faciliter les contributions des
volontaires pour
le renforcement des capacités d'utilisation de la Technologie de
l'Information et de la Communication (TIC) pour le développement
humain dans
les pays en développement.
Le travail a commencé dans 8 pays, parmi lesquels l'Inde,
l'Afrique du Sud,
le Bénin, l'Equateur, et la Jordanie. On attend pour bientôt le
recrutement
de six autres volontaires pour aider au développement des TIC au
Bhutan et
en Mongolie.
Reflétant l'intérêt accru dans les TIC pour les pays en
développemen t, un
accent particulier a été mis sur la réduction de cet écart au
Sommet du
Millénaire des Nations Unies, qui a pris fin la semaine dernière.
Dans son
Rapport du Millénaire, Annan a formulé plusieurs propositions pour
combler
le fossé qui existe sur le plan technologique, afin d'accroître la
prise de
conscience des pays du Sud et de leur permettre d'utiliser
davantage les
technologies de l'information.
En marge du sommet de la semaine dernière, les cinq chefs d'Etat
membres du
Bureau du Conseil Economique et Social des Nations Unies
(ECOSOC)ont discut é
des projets d'utilisation de la Technologie de l'Information
avancée pour le
développement mondial.
Présidé par Abdurrahman Wahid, Président de l'Indonésie, le Bureau
comprend
Thomas Klestil, Président de l'Australie, Petar Stoyanov,
Président de la
Bulgarie, Paul Biya, Président du Cameroun, et Miguel Angel
Rodriguez,
Président de Costa Rica. Louise Fréchette, Secrétaire Générale
Adjointe des
Nations Unies a participé à cette réunion.
Les présidents ont annoncé leur soutien à la Déclaration
Ministérielle de
l'ECOSOC du 7 juillet 2000, qui autorisait le développement des
TIC pour
promouvoir la croissance économique et le développement social.
Ils ont
également salué la création d'un groupe de travail "Internet"
des Nations
Unies, qui essaierait d'unir tous les efforts pour rendre
accessible
l'Internet en coordonnant toutes les initiatives gouvernementales,
des
Nations Unies, des institutions multilatérales de développement,
des
entreprises privées et des sociétés.
La réunion de haut niveau de l'ECOSOC a accordé une attention
spéciale au
développement de l'Internet en Afrique, un sujet sur lequel le
Sommet du
Millénaire s'est beaucoup focalisé.
Martin Belinga Eboutou, Ambassadeur du Cameroun, représentant le
Préside nt
Biya, a dit aux journalistes le vendredi dernier, que la situation
de la
technologie de l'information en Afrique est très critique. "Ce
n'est pas
une situation théorique. Si nous prenons par exemple le nombre de
téléphones, il y une ligne téléphonique pour 100 personnes. Accéde
r à
l'Internet, c'est comme tenter d'aller sur la lune".
"Premièrement, la mise en place de l'infrastructure des
télécommunications
est très coûteuse. L'Union Internationale des Télécommunications
(UIT) a
indiqué que pour avoir simplement cinq lignes téléphoniques pour
une
centaine d'habitants en Afrique, on aurait besoin d'un
investissement
minimum de 50 milliards de dollars.
La situation critique qui prévaut en Afrique requiert la
mobilisation de la
communauté internationale, des gouvernements et du secteur privé
qui ont les
moyens de mettre en place l'infrastructure dont l'Afrique a besoin
en termes
d'accessibilité à l'Internet", a-t-il déclaré.
Le Président Wahid a affirmé que le large soutien aux TIC était
implicite
dans les déclarations des différents leaders du monde au Sommet du
Millénaire.
Dans son discours d'ouverture le mercredi, Tarja Halonen,
Président de la
Finlande et co-président du Sommet du Millénaire, a déclaré devant
les
leaders du monde réunis à New York, que les Nations Unies doivent
établir
des partenariats avec le secteur privé pour offrir aux pays en
développement
une chance de progresser rapidement dans le développement.
Le Président chinois Jiang Zemin estime que les pays en
développement ont
instamment besoin d'améliorer leurs secteurs scientifique et
technologique.
"Le progrès de la science et de la technologie est devenu une
nouvelle
force motrice importante pour la création de la richesse.
L'élargissemen t du
'fossé technologique' indique qu'il existe de grandes disparités
entre les
pays développés et les pays en voie de développement en termes de
niveau
atteint dans les domaines de la science et de la technologie.
Inévitablement, cela élargira davantage le fossé existant dans les
richesses
entre le Nord et le Sud".
"La science et la technologie avancées qui incarnent la sagesse
humaine et
l'esprit créatif devraient être utilisées et appliquées à travers
le monde
pour promouvoir la paix et le développement, dans l'intérêt de
tous les
peuples", a-t-il déclaré mercredi dernier au cours d'une
conférence.
Percival James Patterson, Premier Ministre de la Jamaïque, a mis
l'accent
sur le "l'énorme avantage à l'humanité" que constitue la
révolutio n des
technologies de l'information et de la communication. Toutefois,
il a averti
que la technologie de l'information" risque dangereusement de
devenir la
nouvelle barrière, une puissante force d'exclusion au cours du
nouveau
Millénaire.
"Utilisons l'Internet pour le développement humain, dans la
création d'une
économie basée sur les connaissances. Etablissons une
collaboration efficace
et sensée entre les différentes parties prenantes de la communauté
internationale, pour que la technologie de l'information puisse
avoir un
impact positif sur la vie de toutes nos populations".
Le Premier Ministre a ajouté qu'il ne doit avoir aucune disparité
de genre
dans cette nouvelle révolution. "Elle doit englober nos enfants
et nos
jeunes, les handicapés, nos communautés rurales et nos minorités
ethniques.
L'accès de la communauté est capital pour l'habilitation des
personnes
marginalisées et pour l'éradication de la pauvreté", a-t-il
déclar é jeudi.
Joaquim Alberto Chissano, Président du Mozambique a déclaré mardi
dernier au
cours du Sommet, que les Nations Unies ont une "tâche
importante" de
surveillance de la croissance basée sur la connaissance
scientifique et
technologique, en vue d'ajouter de nouvelles mesures plus fiables
pour le
développement durable et harmonieux du monde.
"La technologie devrait être mise à la disposition des pays en
développement à des coûts accessibles, de sorte qu'il soit
possible pour ces
pays de s'approprier ces technologies et de les développer
davantage dans
l'intérêt de leurs populations, et du monde en général".
"La création des équipements de transfert de technologie aidera
également
les pays en développement à évaluer leurs besoins technologiques,
à
identifier les fournisseurs de technologie, à conclure des marchés
de
technologie bénéfiques et de partenariat dans des domaines tels
que la
technologie de l'information, la biotechnologie et des
technologies adapté es
du point de vue environnemental pour le développement", a-t-il
fait remarquer.
Un autre sommet des Nations Unies qui abordera spécifiquement le
développement des TIC est déjà prévu.
Un sommet mondial sur la Société de l'Information prévue pour 2003
est en
train d'être organisé par l'Union Internationale des
Télécommunicati ons, une
agence spécialisée des Nations Unies, chargée de réguler, de
standardiser et
de développer les télécommunications dans le monde entier. L'UIT
regroupe
189 Etats membres. L'UIT compte également plus de 600 membres
provenant de
divers secteurs.
Le sommet essaiera de développer une vision commune de la société
de
l'information et produira un plan d'action adéquat, qui va réunir
des Chefs
d'Etat, des directeurs exécutifs des agences des Nations Unies,
les patrons
d'entreprise et des organisations non gouvernementales.