ZIMBABWE: Les femmes en minijupes descendent dans les rues.

HARAR, 13 avril (IPS) – Plus de 100 femmes zimbabweennes,
habillees en
minijupes, en slips et en culottes, se sont rassemblees devant la
mairie
d'Harare, la capitale, et ont agite des banderoles pour
revendiquer leur
droit de porter les vetements de leurs choix.

Les femmes zimbabweennes, lassees par les violations de leurs
droits et du
droit de porter les tenues de leur choix, sont descendues dans la
rue la
semaine derniere pour protester contre la multiplication des
assauts publics
a l'egard des femmes habillees en minijupes. Elles ont aussi
distribue des
brochures sur les droits des femmes et la violence dont elles sont
victimes.
"Les femmes sont victimes d'un traitement discriminatoire et ne
sont pas
respectees dans leur lieu de travail et, maintenant, les hommes
veulent les
empecher de sortir en minijupes", declare Selina Mumbengegwi,
directrice du
groupe d'action des femmes (WAG) et une des organisatrices de la
marche.
"Certains Zimbabweens intimident et harcelent les femmes parce
qu'elles
portent des minijupes et autres tenues moulantes ; ils disent
qu'elles ne
sont pas decentes", a rapporte Thoko Matshe, directrice du reseau
des
centres d'aide des femmes zimbabweennes (ZWRCN).
John Vekris de Padare(forum des hommes sur les sexes) affirme que
les femmes
zimbabweennes portant des pantalons moulant ont aussi ete
attaquees par la
police.
Ces hommes doivent etre defies, a ajoute Vekris, car ils n'ont
aucune raison
legale ou morale d'attaquer les femmes en tenues moulantes ou en
minijupes.
"Il y a des hommes qui portent souvent des tenues moulantes a
l'instar de
ces femmes, mais la police ne les arrete pas, elle ne les condamne
pas",
a-t-il precise.
Tout recemment, des jeunes femmes en minijupes et en pantalons
moulants ont
plusieurs fois ete deshabillees et parfois violentees par des
jeunes hommes
aux arrets de bus.
"Chacun fait sa toilette a sa maniere et si les parents ou les
maris
autorisent leurs filles ou leurs femmes a s'habiller d'une
certaine facon,
pourquoi les hommes de la rue penseraient-ils qu'ils ont un
quelconque droit
sur elles, au point de determiner ce qu'elles peuvent porter",
s'est
demande Mumbengegwi.
La semaine passee, la commission des droits de l'homme des Nations
Unies a
tire a boulets rouges sur le gouvernement zimbabweens a cause de
la
situation des droits de l'homme dans le pays. Elle a
particulierement fait
allusion aux rapports sur la discrimination a l'egard des femmes
zimbabweennes.
La commission a evoque la multiplication des actes de violence a
l'egard des
femmesactes de violence a l'egard des
femmes zimbabweennes et a ajoute qu'elle "est preoccupee par les
recents
assauts publics contre les femmes a cause de leur facon de
s'habiller".
La coalition des associations de femmes, qui a organise la marche
de
protestation, a aussi condamne un incident survenu, il y a deux
semaines, au
Parlement zimbabween. En effet, un depute a intimide sa collegue
et on a du
l'empecher de la violenter.
"La societe zimbabweenne est non seulement minee par la violence
a l'egard
des femmes au foyer, dans leurs lieux de travail, dans les rues,
mais cette
violence a gagne l'une des institutions les plus respectees et
estimees,
notre Parlement", a fait remarquer Mumbengegwi.
L'ancien chef d'Etat major de l'armee zimbabweenne, Solomon
Mujuru, a du
etre physiquement retenu, sinon il allait frapper la deputee
independante
Margaret Dongo, apres une altercation entre les deux.
L'association des femmes a ecrit au president Robert Mugabe pour
lui
demander d'intervenir et d'adopter des lois contre toutes formes
de violence
a l'egard des femmes.
Selon Mumbengegwi, les deputes et autres autorites publiques ont
recu des
ampliations de la lettre et d'autres rapports sur la violence a
l'egard des
femmes. Ces rapports ont ete produits par le projet Msasa, une
organisation
zimbabweenne chargee d'abriter et de donner des informations sur
les femmes
battues par leurs partenaires.
Les femmes vont bientot decider de leur prochaine action.