Q&R: Transformer la façon dont l’environnement mondial est géré

BULAWAYO, Zimbabwe, 25 juil (IPS) – Le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) est prêt à être un catalyseur pour transformer la façon dont l'environnement mondial est géré, a déclaré Dr Naoko Ishii dans cette interview accordée à Tierramérica, la prochaine directrice générale et présidente de l’institution multilatérale.

Le FEM reconnaît le lien inséparable entre le bien-être environnemental et économique, qui a été réaffirmé lors du sommet de Rio+20 tenu à la fin-juin au Brésil, a souligné Ishii, qui prendra sa nouvelle fonction le 1er août, après avoir occupé un certain nombre de postes de haut niveau dans le gouvernement de son pays natal, le Japon, et dans diverses institutions internationales.

Dans le contexte de la récession économique mondiale actuelle, le FEM met l'accent sur des “projets plurisectoriels” qui abordent un certain nombre de problèmes différents au même moment, a expliqué Ishii, qui a une licence en économie et un doctorat en études internationales de l'Université de Tokyo.

“Nous ne considérons plus l'environnement mondial comme une série de 'silos' environnementaux – divisée entre les questions de changements climatiques, de biodiversité, et ainsi de suite”, a indiqué Ishii, qui a parlé avec Tierramérica* par courrier électronique et par téléphone.

Le FEM a été créé comme un mécanisme de financement pour les trois principales conventions environnementales nées au cours du Sommet de la Terre en 1992 à Rio de Janeiro, sur les changements climatiques, la biodiversité et la désertification.

Aujourd'hui, il est le plus grand bailleur de fonds public des projets visant à améliorer l'environnement mondial. Il offre des subventions pour des projets liés à la biodiversité, aux changements climatiques, aux eaux internationales, à la dégradation des terres, la couche d'ozone et aux polluants organiques persistants.

En juin, il a approuvé le plus important programme de travaux à ce jour pour faire face aux défis environnementaux mondiaux, allouant 507 millions de dollars et mettant à profit 4,4 milliards de dollars en co-financement pour des projets dans 111 pays.

Q: Que signifie “L'avenir que nous voulons”, le document final de la Conférence des Nations Unies pour le développement durable (Rio+20), pour le travail du FEM? R: Le communiqué final du sommet réaffirme le lien entre le bien-être environnemental et économique. Nous considérons ces deux aspirations comme indissociables. Bien que l'objectif principal du FEM soit d’appuyer des projets et programmes dans le monde en développement et dans les pays à économies en transition qui fourniront des avantages environnementaux mondiaux, un élément clé de ces bénéfices, c’est la composante économique.

Nous ne voulons pas seulement préserver les forêts, nous voulons les protéger afin qu'elles puissent poursuivre leur rôle d’entretien de la vie et des moyens de subsistance – fourniture des aliments et du carburant, nettoyage de notre air, maintien du sol en place, régulation de notre climat, et ainsi de suite.

Nous protégeons la biodiversité non seulement parce que c'est une bonne chose à faire, mais aussi parce que cela protège les formes de vie qui sont des maillons clé de tout le tissu global de la vie qui maintient la croissance économique.

Spécifique pour le FEM, le langage du communiqué approuve l'orientation stratégique du FEM en termes de faire rendre plus facilement accessibles les ressources du FEM, de la simplification des procédures et de l'amélioration de la coordination avec d'autres instruments et programmes qui appuient le développement durable.

Q: Quel est le défi particulier auquel est confronté le FEM et que vous avez identifié? R: Le défi auquel le FEM est confronté, c’est comment accroître les bons résultats qui ont été obtenus dans des projets au niveau national et régional afin de produire des impacts durables à une échelle pour répondre aux grands défis qui se profilent dans l'environnement mondial.

Je crois qu'il est essentiel d'améliorer l'effet de levier du FEM en renforçant nos partenariats constructifs avec les acteurs. Mon approche sera d'intégrer les bons résultats obtenus à ce jour au niveau des projets avec la formulation de la politique pour la réalisation d’impacts à échelle durables.

Q: Comment comptez-vous renforcer le succès du FEM dans la collecte de fonds au niveau international étant donné la récession mondiale et la demande accrue pour des programmes rentables? R: J'ai représenté le gouvernement du Japon dans des négociations de reconstitution très difficiles telles que les discussions du Fonds asiatique de développement qui viennent de se terminer en mai 2012. Mon expérience pratique me dit que l'obtention d'un appui financier continu et solide exige premièrement, des besoins et objectifs clairement évalués; deuxièmement, une stratégie clairement articulée pour atteindre ces objectifs; et troisièmement, l'obtention et le maintien de la confiance des donateurs dans notre capacité à produire des résultats.

Même pendant que nous poursuivons cette stratégie, nous pouvons avoir besoin d'explorer toutes les options qui s'offrent à nous, compte tenu de la situation économique mondiale très difficile et de l'évolution de l'architecture financière environnementale.

* Cet article a été initialement publié par des journaux d'Amérique latine qui font partie du réseau Tierramérica. Tierramérica est un service spécialisé d’informations produit par IPS avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement, le Programme des Nations Unies pour l'environnement et la Banque mondiale.