NATIONS UNIES, 9 mars (IPS) – Les délégués, qui se sont réunis en 2008 pour la Commission annuelle des Nations Unies sur la condition de la femme (CCF), avaient convenu que des investissements beaucoup plus importants dans les femmes et l'égalité des sexes était un aspect critique – et oublié – du développement durable.
Par exemple, selon ONU-Femmes, alors que la communauté internationale a donné 7,5 milliards de dollars d’aide publique au développement pour le développement rural et le secteur agricole en 2008-2009, à peine trois pour cent ont été dépensés sur les programmes dans lesquels l'égalité entre les sexes était un objectif principal, et seulement 32 pour cent à ceux dans lesquels l'égalité de genre était un objectif secondaire. Quatre ans plus tard, il y a eu quelques avancées dans certains pays, mais dans beaucoup d'autres, les progrès demeurent lents et inégaux, une situation qui est exacerbée par la crise financière mondiale en cours. Des femmes rurales continuent d’être confrontées à un accès limité aux ressources productives, telles que les intrants agricoles et la technologie; seulement cinq pour cent des services de vulgarisation agricole sont fournis aux agricultrices. Comme la CCF se réunit encore ici aux Nations Unies du 27 février au 9 mars, les panélistes venus du monde entier se sont rencontrés le 1er mars pour évaluer l'évolution du financement de l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes dans leurs pays d'origine, et définir une voie à suivre. “Il est temps de promouvoir l'égalité de genre et à cette fin, nous avons besoin d'un changement de paradigme; nous devons absolument changer notre façon de penser”, a déclaré Maria Almeida, vice-ministre des Finances de l'Equateur. Le Cambodge Dr Ing Phavi, ministre des Affaires féminines du Cambodge, a cité une série de mesures prises par le gouvernement cambodgien, qui se sont révélées une réussite dans l'amélioration de l'égalité entre les sexes dans différents domaines. “Au Cambodge, dans le contexte d'une réforme de l'administration publique, le Premier ministre a lancé une vaste campagne en 2008 pour corriger le déséquilibre entre les sexes dans l'administration publique”, a-t-elle dit. Comme conséquence d’une vaste campagne dans tous les ministères et des politiques de discrimination positive, le nombre de femmes fonctionnaires a augmenté de 34 pour cent. Au niveau régional, plus de femmes ont été nommées gouverneurs adjointes ou chefs de départements gouvernementaux. “Dans l'éducation, la disparité entre les sexes a été éliminée dans l'enseignement primaire et le premier cycle secondaire”, a-t-elle noté. “Avec l'accent sur la formation et le déploiement des enseignantes, le ratio des femmes au niveau primaire a remarquablement atteint 46 pour cent en 2009/2010”. Toutefois, moins de filles que de garçons continuent de faire des études supérieures. Interrogée sur ce qui doit être fait encore, Phavi a indiqué à IPS que “la chose la plus importante à comprendre est que l'égalité entre les sexes est une politique du gouvernement et elle doit intégrer la stratégie de réduction de la pauvreté. “La réduction de la pauvreté signifie prendre soin de la croissance, du commerce, du développement de l'agriculture, du bien-être en termes de santé, d'éducation et ainsi de suite”, a-t-elle expliqué. “Le genre est déjà à l'intérieur de tous les secteurs, alors il devrait faire partie de la stratégie de réduction de la pauvreté”. Le Maroc Mohammed Chafiki, directeur des études et des prévisions financières au ministère de l'Economie et des Finances du Maroc, a parlé de la transition du Maroc vers des libertés et droits égaux pour l’homme et la femme. En avril 2011, le pays a ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), un instrument clé souvent considéré comme une loi internationale sur les droits de la femme. Le Maroc a également adopté une nouvelle constitution en juillet qui a inclus plusieurs articles qui ont expressément intégré l’égalité entre les sexes. Par exemple, l'article 19 stipule que l’homme et la femme ont les mêmes libertés et droits civils, politiques, économiques, culturels et environnementaux. “Au Maroc, nous devons désormais poursuivre la réforme institutionnelle. Nous sommes en train de réformer nos lois des finances afin qu'elles intègrent les considérations de genre de manière irréversible”, a déclaré Chafiki à IPS. “Mais pour évoluer avec l'égalité entre les sexes, il ne s'agit pas que du gouvernement. Les communautés locales devront également prendre des mesures concrètes”, a-t-il souligné. “Pour financer l'égalité entre les sexes et l'autonomisation des femmes, nous avons également besoin de partenariats. Nous avons besoin de partenariats avec le secteur privé, les ONG (organisations non gouvernementales), les gouvernements, bien sûr, et nous avons besoin de la coopération internationale”. Chafiki a cité d’importants progrès dans la réduction des disparités dans l’éducation comme l'une des principales réalisations du pays. “En 2010/2011, 96,3 pour cent des filles âgées de six à 11 ans sont envoyées à l'école”, a-t-il indiqué.

